Tourisme à l’horizon 2025 : l’Algérie à la traîne

Tourisme à l’horizon 2025 : l’Algérie à la traîne

La mer, le désert et le patrimoine culturel sont les trois leviers qui devraient permettre d’attirer près de 24 millions de touristes en Algérie en 2025, dont près de 8 millions d’étrangers.

Le potentiel touristique est encore largement sous-exploité en Algérie, mais l’Etat semble avoir décidé de prendre les choses en main pour valoriser la «Destination Algérie».

Le Président Bouteflika n’a cessé de le répéter comme un leitmotiv : «Le tourisme doit être une priorité nationale pour l’Algérie et nous avons beaucoup d’attentes dans ce secteur, dont le développement doit être impérativement relancé, tant qu’actuellement il y a plus d’Algériens qui voyagent à l’étranger que de touristes étrangers qui visitent l’Algérie.»

Sur un marché mondial de plus de 900 millions de touristes annuellement, l’Algérie attire 1,8 million de visiteurs, dont les trois quarts sont des Algériens résidents à l’étranger. Pour le reste, il s’agit, dans la majorité des cas de visites d’affaires.

Dans le développement du tourisme autour du bassin méditerranéen,  l’Algérie demeure à la traîne par rapport à ses voisins immédiats. Chaque année, la Tunisie attire, déjà, plus de 10 millions de visiteurs – avant les derniers évènements-, quant au Maroc, il ambitionne ce même chiffre à l’horizon 2018.

En terme de contribution à l’économie nationale, le tourisme algérien occupe les dernières places dans le classement la région méditerranéenne. Actuellement, le secteur fournit 300 000 emplois sur une population d’un peu plus de 40 millions d’habitants.

Avec ses 1 200 kilomètres de côtes, très largement préservées, un désert qui représente 80% du territoire, de nombreux vestiges romains, dont certains sont classés au patrimoine mondial de l’Unesco, 240 sources thermales, une culture très riche et variée, le potentiel touristique de l’Algérie est encore largement sous-exploité. D’où le lancement d’un «Schéma directeur d’aménagement touristique» à l’horizon 2025.

Dans cette nouvelle vision, l’Algérie envisage, entre autres, la construction de nouvelles villes touristiques avec la participation d’investisseurs étrangers. Si les infrastructures sont réalisées à temps et si la formation du personnel suit, l’objectif est d’accueillir 24 millions de touristes en 2025, si ce n’est plus, dont près de 8 millions de visiteurs étrangers.

Dès le lancement du «Shéma directeur d’aménagement touristique» (SDAT), les autorités algériennes avaient annoncé que plusieurs projets majeurs ont été validés, notamment, avec des investissements de groupes arabes, alors que d’autres sont, jusqu’à nos jours, en attente d’être finalisés.

A côté d’investisseurs algériens, tous les géants mondiaux du tourisme, ou presque, sont dans la course pour acquérir des marchés touristiques en Algérie.

Cependant, la question qui se pose d’elle-même est celle de savoir si, vraiment, le marché algérien sera apte à résister à l’attraction du tourisme de masse ? Les experts dans le domaine affirment, dans ce sens, que « bien que le secteur soit une source alternative de revenus du pays de l’après-pétrole, l’Algérie n’a pas besoins de ce tourisme de masse ». « Pour nous, le développement du tourisme ne passe pas, seulement, par des bénéfices conséquents. Nous offrirons un tourisme spécialisé ; écotourisme, sports, tourisme désert…», ajoute-t-on.

Les millions d’Algériens qui partent, chaque année, en vacances à l’étranger doivent être, d’une manière bien étudiée, retenus en Algérie, afin d’expérimenter le tourisme dans leur propre pays.

Aujourd’hui, dans l’hôtellerie, la capacité d’accueil reste à parfaire. Alger, par exemple, offre quelque 20 000 lits dont le tiers est dans des hôtels à quatre ou cinq étoiles. Le reste ne répond pas aux normes internationales. Les visiteurs algériens résidant à l’étranger logent souvent chez leurs familles lorsqu’ils sont en vacances.

Une économie florissante signifie un flux grandissant de visiteurs d’affaires, donc de nouveaux hôtels à construire à Alger et dans d’autres villes pour cette frange de voyageurs.

Côté sécuritaire, il est vrai, qu’en dépit de quelques soubresauts, ici et là, «d’âmes égarées», l’Algérie a renoué depuis belle lurette avec la paix et la stabilité. Dans les salons internationaux de tourisme, notamment en Europe, nombreux opérateurs étrangers affirment que l’Algérie a su surmonter le passif de la décennie noire qui a porté préjudice à son image.  Les opinions ont, aujourd’hui, changé sur cette destination.

A travers divers salons, l’Algérie présente un tourisme authentique et cela « est une valeur sûre sur le marché mondial», selon l’appréciation de nombreux opérateurs qui estiment que «cette amorce de succès pourrait finir par inquiéter les pays voisins».

Cependant, pour la quête et la conquête de nouveaux touristes, d’opérateurs et d’investisseurs, l’atout majeur reste la promotion informative, timide en ces temps de concurrence, sans concession, dans le marché mondial du tourisme. Mais sur ce plan, l’Etat a encore pris les choses en main pour la promotion du «Label Algérie».

Les touristes nationaux, croit-on au niveau des autorités algériennes, peuvent devenir les meilleurs ambassadeurs de l’Algérie. Avec des produits qu’aucun pays du pourtour méditerranéen ne peut,  aujourd’hui, égaler, l’Algérie peut devenir une destination incontournable à l’horizon 2025. Pour peu que la stratégie mise en place soit appliquée à la lettre.

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