Quand « luxe » rime avec « low cost »

Quand « luxe » rime avec « low cost »

Si le luxe devient le nouveau Graal de nombreuses marques, il est une cible mouvante, en pleine évolution. S’éloignant de son image traditionnelle, il devient de plus en plus accessible et tendance en s’associant au design, à la musique ou à l’art, élargissant ainsi sa base de clientèle.

Le luxe, valeur refuge

Tous les secteurs se l’approprient, comme une valeur refuge en temps de crise. Les marques empruntent ses codes, les réinterprètent et les collaborations entre enseignes grand public et designers iconiques se multiplient. Pionnier et leader de ce mélange des genres, H&M s’associe depuis 2004 avec des stylistes de renom pour des collections « capsules ». Après Karl Lagerfeld, Jimmy Choo, Stella McCartney, Sonia Rykiel et Isabelle Marant, la collection capsule d’Alexander Wang sera commercialisée le 6 novembre 2014.

L’hôtellerie de luxe en pleine mutation

L’hôtellerie de luxe ne reste pas non plus de marbre, figée dans ses dorures. De nouveaux concepts émergent et changent un business où la classification étoilée standard n’a plus guère de sens. Le « rough luxe », symbolisé par Ace Hotel, fait passer le faste et l’exubérance au second plan au profit d’expériences plus authentiques. Le luxe sert à la création d’une atmosphère d’éveil sensoriel et intellectuel incluant des rencontres ou une sensibilisation aux arts. Il devient créateur d’émotions.

Le Lean Luxury, les étoiles low cost

Avec le Ruby Hotel à Vienne, une nouvelle approche s’impose, le « Lean Luxury ». Ses codes sont résolument ceux d’un luxe tendance et léché, en revanche les règles de gestion et d’opérations s’inspirent des marques low cost, comme l’illustre le schéma ci-dessous. Cette particularité permet de se défaire du superflu pour ne garder que ce qui est réellement créateur de valeur du point de vue du client. Au-delà d’une expérience ou de services offerts, le Ruby Hotel offre un style de vie, un état d’esprit et une qualité de proposition novatrice.

Capter une nouvelle génération

Car là réside l’enjeu de ce renouvellement des codes de l’hôtellerie : séduire et capter une nouvelle génération de clients. Ces guests ne sont pas attirés par les standards séculaires et aspirent à évoluer dans un environnement tendance leur offrant une expérience personnelle enrichie. L’idée de luxe offerte par les palaces ou autres Relais et Châteaux semble donc obsolète et le système des étoiles attribuées par le Ministère du tourisme ou les guides classiques sont dépassés. Les frontières entre ce nouveau genre de luxe, plus accessible, et le luxe traditionnel sont de plus en plus floues. L’écart de prix, qui reste immense entre les deux, est-il alors toujours justifié ? C’est aux grandes maisons elles-mêmes de surenchérir et de se réinventer afin de garder une longueur d’avance.

Yves Hanania

http://www.hbrfrance.fr/

 

Issam Saidi
CONTRIBUTOR
PROFILE

Voir aussi

Laisser un commentaire

Votre adresse électronique ne sera pas publiée. Les champs Exigés sont marqués avec *

Cancel reply