La mer Morte est-elle vraiment morte ?

La mer Morte est-elle vraiment morte ?
© Pixabay/CC0

Avec son record mondial de salinité, on pourrait croire la mer Morte un milieu hostile à la vie. Néanmoins ce lac salé abrite bien plusieurs formes de vie : des organismes unicellulaires et des algues.

Elle a beau atteindre un record de salinité (275 g/l, soit environ 48 cuillères de sel par litre d’eau !), elle n’interdit pas complètement à la vie de s’y développer. Ce plan d’eau de 810 km2 calé entre Israël, la Palestine et la Jordanie est en fait un lac salé, non relié à la mer.

Logé dans une cuvette, il a été creusé à 429 m sous le niveau de la mer par l’écartement entre les plaques tectoniques (africaine et arabique). Ce creux est alimenté en eau et en sels minéraux par le fleuve Jourdain, sans qu’aucun cours d’eau ne s’en échappe. Du coup, l’eau comme les minéraux s’y accumulent. Mais tandis que ces derniers ont tendance à précipiter vers le fond, l’eau s’en évapore massivement, sous les fortes températures de la région (de 32 à 39 °C en été). La pluie, quant à elle, ne dépasse pas les 50 mm par an.

Des formes de vie particulières résistantes à la toxicité des sels

Résultat : les sels représentent entre 27,5 % et 35 % de la masse de l’eau de la mer Morte, près de dix fois la salinité de la Méditerranée ! Ils empêchent aux êtres vivants de prospérer, notamment en raison de leur richesse en magnésium, un métal toxique à ces concentrations (35 g/l). Et pourtant, la mer Morte est peuplée d’une masse invisible d’organismes unicellulaires, qui vivent en exploitant l’énergie solaire (par la photosynthèse) ou se nourrissent des minéraux inorganiques.

Ce sont des archées, sortes de cousins primitifs des bactéries, ou bien des algues unicellulaires comme Dulaniella. Suite aux hivers très pluvieux, comme ceux de 1992-1993 et 2002-2003, qui ont dilué les eaux de surface, archées et algues ont pullulé et coloré les eaux de rose. Mieux : en 2012, une équipe allemande a découvert, sous le lit de sel, des sources d’eau douce et saumâtre abritant une grande variété de ces micro-organismes halophiles qui alimentent également la mer Morte en azote, phosphore et matière organique.

 

Fiorenza Gracci 

Source : science&vie.com

Lamia Siffaoui
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