Gestion de la saison estivale et des estivants en Algérie : Une politique à revoir

Gestion de la saison estivale et des estivants en Algérie : Une politique à revoir

Il est devenu très courant à l’approche de la saison estivale, et durant les mois d’été, de constater un embouteillage énorme au niveau de nos plages et de nos complexes touristiques.

Cette situation est due, en grande partie, à la grande concentration des estivants sur des points bien précis,  qui enregistrent des rushs de plus en plus importants durant les vacances. Alger et ses environs, Tipaza, Béjaia, Annaba, Oran, Mostaganem et Ain Témouchent, pour ne citer que ces endroits, sont les plus sollicités. Des endroits qui seront fortement encombrées et, du coup, ce qui devait être un repos devient, pour beaucoup de citoyens, un calvaire à éviter.

Il y a plusieurs raisons à cela, d’abord ces endroits ne sont pas fortement dotés en infrastructures, puisque l’on ne trouve que quelques complexes touristiques, datant pour la plupart des années 70, et devenus vétustes, sauf pour les rares hôtels réfectionnés. Si ces complexes répondaient à la demande des années 80 et 90, cela n’est plus le cas aujourd’hui.

L’Algérie, dont la population a atteint les 40 millions d’habitants, connaît également une amélioration de la qualité de la vie et une ouverture dans la société, jadis très rares.

Du coup, le nombre de personnes qui se payent des vacances au bord de la mer est en constante augmentation, et les infrastructures en place ne répondent plus à la demande. Une hausse de fréquentation qui a débouché sur des phénomènes nouveaux. Beaucoup de spéculateurs, profitant de la situation des années 90, se sont lancés dans la construction d’hôtels qui ne répondent à aucun critère ; non-respect de la nature, construction aux abords de la mer, floraison de commerces squattés, ont réduit sensiblement la taille des plages. Pis, le reste des plages  a été confisqué par des opérateurs qui les rendent payantes. Ils profitent d’une situation née de ces dernières années où des malfaiteurs prennent l’habitude de prendre leurs quartiers dans les plages durant l’été et n’hésitent pas à agresser et voler – voire plus – les estivants.

Pourtant les solutions existent, selon les spécialistes du domaine. Sur une côte de prés de 1 200 km, d’énormes espaces restent vident et non-exploités. Il suffit de sortir d’Alger sur 100 km, que ce soit à l’Est ou à l’Ouest, pour constater ces énormes étendues de plages, de criques et de falaises restées vides. Avec une autre politique,  ces espaces auraient vu l’émergence de complexes touristiques de différentes tailles, ce qui aurait allégé le poids des points saturés. Il est admis que nous ne pouvons avoir la même politique que nos voisins en la matière, car les choix politiques et le tissu social sont différents.

Il n’en demeure pas moins que la promotion du tourisme interne est rentable à plus d’un titre. Les Algériens, en bute à la cherté des voyages, en ont grands besoin et l’économie nationale y gagnera en récoltant les devises qui partent chez nos voisins toutes les saisons. De plus, si une telle politique viendrait à se mettre en place en respectant les normes écologiques et urbanistiques, on y gagnera dans la préservation de notre littoral, qui se fait squatter, chaque année encore plus, par des gens qui n’ont aucun rapport avec le tourisme. Il est utile, en outre, de signaler tous les postes de travail qui seront créés dans ce secteur. Métiers directs et indirects ; artisanat, restauration…

Il est temps, dit-on, de visiter notre pays.

Mohamed Benhemla
ADMINISTRATOR
PROFILE

Voir aussi

Laisser un commentaire

Votre adresse électronique ne sera pas publiée. Les champs Exigés sont marqués avec *

Cancel reply