Le net par ballon se heurte à des obstacles politiques

Le net par ballon se heurte à des obstacles politiques
Les premiers tests, prometteurs, ont été menés en Nouvelle-Zélande en 2013. Image: Keystone

Technologies. Le projet pourrait apporter internet à un prix abordable dans des régions rurales, reculées, et mal desservies.

Le géant internet américain Alphabet, maison-mère de Google, affirme accélérer sur le plan technique son projet pour apporter internet aux régions isolées en utilisant des montgolfières, mais il se heurte parallèlement à des obstacles politiques.

Le groupe a annoncé jeudi vouloir entamer dans les prochains mois des tests avec de «vrais» utilisateurs, et plus seulement comme cela a été le cas jusqu’ici avec des membres des équipes travaillant sur ce projet (baptisé «Loon») ou pour les opérateurs de télécoms avec lesquels il a noué des partenariats.

Il a également fait état d’avancées sur le système de navigation des montgolfières, grâce auxquelles il affirme être désormais «proche de notre objectif visant à apporter un accès à internet à un prix abordable dans des régions rurales, reculées, et mal desservies», selon un communiqué.

Plus tôt dans la journée toutefois, le ministre des Communications du Sri Lanka, où des essais avaient été lancés l’an dernier en coopération avec des opérateurs locaux, prévenait que le projet risquait être abandonné.

L’accord prévoyait en effet la constitution d’une société commune dont le gouvernement obtiendrait 25% du capital en échange de la mise à disposition de fréquences radio utilisables par les montgolfières.

Opposition

Les régulateurs comptaient utiliser les mêmes fréquences que les radios et télévisions publiques, mais l’Union internationale des télécommunications (UIT), une agence spécialisée de l’ONU basée à Genève, s’y oppose.

«Cela se résume à une question légale», a indiqué le ministre, Harin Fernando, à des journalistes à Colombo. «Le gouvernement et Google font du lobbying auprès de l’UIT, mais si nous échouons il y a un risque que Google aille dans un autre pays».

Loon fait partie des projets futuristes du laboratoire «X» d’Alphabet. L’idée est de déployer un réseau de ballons gonflés à l’hélium dans la stratosphère, au-dessus des avions de ligne et du mauvais temps, et à les utiliser comme relais-internet. Les premiers tests avaient eu lieu en Nouvelle-Zélande en 2013, et divers essais techniques ont depuis été menés dans quelques autres pays.

Le Sri Lanka ambitionnait d’être le premier pays de l’Asie du sud-est à offrir une couverture internet sur l’intégralité de son territoire grâce à Loon.

Indonésie

L’Indonésie, constituée de milliers d’îles où il est difficile d’installer des réseaux en fibre optique ou des antennes-relais et où deux tiers des habitants n’ont pas d’accès internet, est aussi apparue comme une bonne candidate. Loon y avait annoncé fin 2015 des accords avec trois opérateurs pour des tests l’année suivante.

«Il y a beaucoup d’endroits enthousiastes à l’idée de faire des expériences avec nous», a noté Astro Teller. «Nous encourageons cela, mais il y a beaucoup d’agences (concernées) et nous avons des choses à fignoler».

Alphabet a un temps envisagé d’utiliser, comme cherche à le faire Facebook, des drones à la place des montgolfières, mais il a définitivement tranché en faveur des ballons l’an dernier.

Après avoir au départ pensé laisser un grand nombre de montgolfières dériver autour du globe au gré des vents de la stratosphère, il a également annoncé mercredi être capable désormais d’utiliser des technologies d’intelligence artificielle pour maintenir un petit réseau de ballons au-dessus de la zone spécifique où on a besoin d’eux.

«Nous travaillons pour rendre les ballons plus intelligents, (c’est) presque comme un jeu d’échec avec les vents», a commenté Astro Teller, le responsable du laboratoire X, lors d’un briefing avec des journalistes en Californie.

Le groupe reconnaît que ses algorithmes ont encore besoin d’être testés dans plusieurs régions du monde, mais estime que cela devrait aider à rendre le projet économiquement viable: il faudra en effet moins de montgolfières et moins de temps pour installer le système dans une région donnée, ce qui devrait réduire les coûts. «Nous n’allons pas d’un seul coup être partout», a toutefois prévenu Astro Teller.

«Nous avons l’intention de faire partie d’un écosystème»: l’idée serait de travailler dans chaque pays «avec un opérateur de télécommunications local», qui étendrait son réseau grâce à Loon et pourrait lui reverser éventuellement de l’argent.

 

(ats/nxp)

Source: tdg.ch

Lamia Siffaoui
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