Google Pixel Slate: la tablette qui voulait être aussi grosse qu’un portable

Google Pixel Slate: la tablette qui voulait être aussi grosse qu’un portable
C'est en attachant la Pixel Slate à son clavier, vendu séparément, qu'elle révèle sa double personnalité: le système Android se transforme en ChromeOS. Photos fournies par Google. KBXX PHOTO FOURNIE PAR GOOGLE
KARIM BENESSAIEH
La Presse

Avec la Pixel Slate, Google tente de résoudre la quadrature du cercle : une tablette qui peut se transformer en ordinateur portable. Et c’est effectivement la tentative la plus réussie, une excellente tablette qui se transforme en honnête portable, malheureusement plombé par un système d’exploitation parfois inadapté.

ON AIME

La Pixel Slate est la première tablette entièrement conçue par Google capable de gérer à la fois les systèmes d’exploitation Android et ChromeOS. Ce dernier système a été lancé pour équiper des ordinateurs portables à faible coût en utilisant essentiellement des outils de Google comme Chrome et sa suite bureautique.

En main, on a une belle tablette avec un écran de 12,3 po et dotée d’une résolution haut de gamme de 3000 pixels sur 2000, appelé « écran moléculaire », capable de donner une belle image en sollicitant peu d’énergie. La touche est sensible, la tablette répond au quart de tour. On a tout de même affaire ici à un processeur Core Intel i5 de 8e génération, avec 8 Go de RAM et un espace de stockage de 128 Go. Les modèles les plus coûteux vont jusqu’à 16 Go de RAM avec 256 Go de stockage, pour un processeur Core i7.

Les haut-parleurs placés à l’avant sont étonnamment puissants, avec une basse profonde.

Mais c’est en attachant la tablette à son clavier, vendu séparément, que l’appareil révèle sa double personnalité. Le système Android se transforme en ChromeOS, avec une barre tout en bas de l’écran pour le lancement des applications principales. La grande différence, c’est que l’écran d’accueil de la tablette où s’alignent les applications se vide, devient un bureau plus classique d’ordinateur. On peut brancher une souris dans un des deux ports USB-C de la tablette – nous l’avons fait avec un adaptateur sans aucun problème.

Eh oui, vous avez bien lu, on a une tablette sur laquelle on peut brancher une souris, ce qu’Apple a toujours refusé de faire. Autre détail intéressant, le clavier comporte un pavé tactile qui permet de contrôler le curseur à l’écran. Ce clavier s’attache par magnétisme à la tablette, il est plutôt confortable grâce à ses belles touches rondes.

On peut en outre ajouter à cette paire un stylet Pixelbook Pen. Celui-ci offre l’habituelle panoplie de sélection de contenu à l’écran, permet d’annoter et de dessiner et, mieux, de sélectionner du contenu qui sera analysé par l’Assistant Google.

Si vous ne connaissez pas ChromeOS, ce qui est un peu notre cas, sachez qu’il s’agit d’un système d’exploitation centré sur le navigateur Chrome. La nouveauté depuis près de deux ans, c’est qu’on a également accès aux millions d’applications Android sur le Google Play Store. On y trouve pratiquement une adaptation pour ce système de tous les logiciels importants, de Photoshop à Word en passant par Firefox, Spotify et Outlook.

Bref, il y a tout ce qu’il faut pour équiper honnêtement son portable.

ON AIME MOINS

On l’a souvent constaté, les tablettes et les ordinateurs ont deux langages bien distincts. On ne demande pas la même chose à ces deux catégories d’appareils. Les tablettes, popularisées par Apple depuis 2010, sont essentiellement conçues pour être contrôlées au doigt (ou au stylet), avec une interface très visuelle que même les enfants en bas âge comprennent.

Vouloir réunir les deux univers, comme tente de le faire la Pixel Slate, est donc casse-gueule. D’abord, en mode ChromeOS, on utilise des applications Android qui ne sont pas toujours adaptées. Certaines sont même conçues d’abord pour un téléphone, en mode portrait, et ne peuvent être replacées en mode paysage sur notre tablette.

Nous sommes tombé sur une demi-douzaine de ces cas où le passage d’Android à ChromeOS était plutôt douloureux. Bref, les « vraies » applications conçues pour Windows ou MacOS, impossibles à utiliser ici, nous ont manqué.

On a également eu quelques difficultés à apparier notre Pixel Slate en Bluetooth, ce qui est d’autant plus nécessaire, pour brancher des écouteurs, qu’on a éliminé la prise jack. Il semble que ce soit un problème que Google a reconnu et qu’on promet de régler sous peu.

Le clavier, une fois attaché à la tablette, doit être plié d’une façon particulière pour servir de support. On peut trouver ingénieuse la méthode qui permet ainsi de choisir l’angle de la tablette ; nous l’avons surtout trouvée inutilement complexe.

ON ACHÈTE ?

Faisons un peu de mathématiques ici. Pour avoir le kit complet, la Pixel Slate avec ses deux accessoires, il faut débourser au moins 1237 $, jusqu’à 2400 $ pour le modèle haut de gamme. C’est cher pour une tablette, même excellente comme l’est la Pixel Slate, et le côté ordinateur portable n’est certainement pas à la hauteur pour justifier un tel prix.

On félicite Google pour cette tentative de rapprocher deux univers, mais ce n’est pas encore la fusion rêvée. Il vaut mieux opter pour une bonne tablette bien moins coûteuse… ou un meilleur ordinateur portable dans cette gamme de prix.

PIXEL SLATE

FABRICANT : Google

PRIX : à partir de 849 $ (4 Go de RAM, 32 Go de stockage), clavier (259  $) et stylet Pixelbook (129 $) vendus séparément.

NOTE : 3,5 sur 5

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