De mystérieux signaux de l’espace sont détectés

De mystérieux signaux de l’espace sont détectés

STÉPHANIE MARIN
La Presse Canadienne
Montréal

De mystérieux signaux radio en provenance de l’espace, détectés par des scientifiques canadiens à l’aide d’un télescope situé au pays, proviendraient d’une galaxie à des milliards d’années-lumière de la Terre.

Ils pourraient aider à comprendre l’évolution de l’univers, estime Seith Siegel, étudiant postdoctoral en physique à l’Université McGill, à Montréal.

Il a travaillé avec une cinquantaine de chercheurs à concevoir le télescope et est l’un des auteurs de deux articles scientifiques publiés mercredi dans la revue Nature.

Ce sont des scientifiques de l’Université McGill, de l’Université de Toronto, de l’Université de la Colombie-Britannique, de l’Institut Périmètre de physique théorique et du Conseil national de recherches du Canada qui ont rapporté cette surprenante découverte.

Mais quelle est-elle  ? En résumé, ils ont détecté le deuxième « sursaut radio rapide répétitif » à être enregistré par des Terriens. Les sursauts radio rapides (« FRB » pour fast radio bursts) sont de courtes impulsions d’ondes radio – d’une fraction de seconde chacune – provenant d’une source située bien au-delà des confins de la Voie lactée, notre galaxie.

Ces sursauts, extrêmement lumineux, se produisent un peu partout dans le ciel de la nuit, a expliqué en entrevue téléphonique Seth Siegel, intéressé par la cosmologie.

« Il faut vraiment regarder au bon endroit au bon moment pour les attraper », dit-il.

Ces sursauts émaneraient de phénomènes astrophysiques puissants. La première série de sursauts répétitifs a été détectée par un télescope de Porto Rico en 2015.

Ils étaient considérés comme un mystère par les scientifiques – et le sont toujours, soutient Seth Siegel.

« On ne sait pas ce qu’ils sont réellement ni ce qui les cause. »

« Mais la lumière qu’ils émettent a voyagé par-delà l’univers observable pour se rendre jusqu’à nous. Ils pourraient potentiellement être des outils pour comprendre l’évolution de l’univers. »

Jusqu’à ce jour, seulement 50 FRB avaient été décelés, dont une série répétitive. Cette seconde série permet de diriger plusieurs télescopes sur un endroit précis pour l’observer, puisqu’il a été localisé.

La découverte du signal extragalactique est l’un des premiers résultats fort attendus du radiotélescope révolutionnaire CHIME (Expérience canadienne de cartographie de l’intensité de l’hydrogène), inauguré à la fin de 2017. Conçu et construit par des astronomes canadiens, il est situé dans la vallée de l’Okanagan, en Colombie-Britannique. Cette découverte montre son efficacité et sa capacité, estiment les chercheurs impliqués dans son développement.

Un FRB pourrait provenir d’un amas dense, comme un reste de supernova, ou encore d’un point situé près du trou noir central d’une galaxie, a expliqué par communiqué Cherry Ng, membre de l’équipe et astronome à l’Université de Toronto.

De son côté, M. Siegel estime qu’il ne s’agirait pas de l’explosion d’une étoile ou d’une supernova parce que, si c’était le cas, il n’y aurait qu’un seul sursaut et non pas plusieurs. Il pense plutôt à un pulsar ou à un magnétar, une étoile à neutrons disposant d’un champ magnétique extrêmement intense, bien que l’énergie captée serait supérieure à cela, constate-t-il.

Le mystère demeure donc.

Mais leur télescope CHIME est plus que prometteur pour percer l’énigme : il a capté 13 FRB dans ses premiers mois d’opération, souligne le scientifique, ajoutant qu’il devrait en détecter des centaines d’autres.

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