Comment les contenus populaires sur Facebook sont manipulés

Comment les contenus populaires sur Facebook sont manipulés

Sur Facebook, la colonne des contenus tendances est censée représenter les sujets de discussion les plus populaires sur le site à un certain moment.

Officiellement, le réseau social ne fait que suivre automatiquement les données venant d’un algorithme neutre. Mais, selon une enquête du site Gizmodo, l’équipe de curateur en charge de ces sujets tendance exerce une série de choix éditoriaux.

Un ancien employé qui a souhaité rester anonyme explique à Gizmodo que des membres de l’équipe de curation de Facebook ont plusieurs fois décidé de ne pas mentionner des sujets sur des personnalités conservatrices alors que l’algorithme indiquait qu’ils étaient populaires.

Par exemple, lorsque des sujets sur des hommes politiques républicains comme Mitt Romney et Rand Paul (ou sur la conférence de conservateurs CPAC) étaient très discutés sur le site, ils ne se sont pas retrouvés dans la colonne des sujets tendance.

Un autre curateur anonyme a confirmé cette aversion pour les sujets venant de la presse de droite. Selon lui, lorsque des articles publiés par des médias conservateurs étaient populaires, les curateurs ne les mentionnaient que si les sujets étaient aussi dans les grands médias comme le New York Times ou la BBC:

ces deux sources ne disent pas que le management de Facebook donnait des instructions claires quant à la suppression des contenus conservateurs mais plutôt que les curateurs étaient de tendance centre-gauche et que cette orientation politique avait un impact sur leurs choix éditoriaux.

D’autres anciens de Facebook interviewés dans l’article de Gizmodo ont expliqué que les éditeurs des contenus populaires avaient parfois décidé de promouvoir des sujets qu’ils jugeaient importants même s’ils n’étaient pas réellement les plus populaires sur le site. Par exemple, après les attentats de Charlie Hebdo, les curateurs ont promu ce sujet dans les contenus populaires alors qu’ils n’étaient en fait pas parmi les plus discutés sur le site.

Une des raisons de cette correction de l’algorithme est que Facebook tente de concurrencer Twitter sur le terrain de l’information. «On se faisait crier dessus si une info était partout sur Twitter mais pas sur Facebook», explique un ancien curateur.

De même, les managers demandaient parfois à leurs curateurs de promouvoir des sujets –comme la Syrie ou le mouvement Black Lives Matter– simplement parce qu’ils les jugeaient importants et parce que cela donnerait une bonne image de Facebook s’ils se retrouvaient dans les contenus populaires.

Il y avait aussi des instructions très claires de la part de la direction lorsqu’un sujet sur Facebook devenait populaire: «Lorsque c’était un article sur l’entreprise, on nous disait de ne pas y toucher, a dit un ancien curateur à Gizmodo. Il fallait que ce soit accepté par plusieurs personnes en interne, même si beaucoup de monde partageait ce contenu. On nous disait de ne pas le mettre dans les sujets tendance.»

Comme le résume le journaliste Michael Nunez dans Gizmodo, le problème de Facebook est que le site opère de plus en plus comme un média –avec ses choix éditoriaux particuliers– tout en prétendant n’être qu’un «reflet neutre de la vox populi». Un porte-parole de Facebook a nié auprès de Slate toute intervention concernant les sujets «trending»:

«Il y a des directives rigoureuses qui ont été mises en place pour que l’équipe de vérification puisse garantir la cohérence et la neutralité. Ces directives ne permettent pas la suppression de certains points de vue politiques. Elles ne permettent pas non plus qu’un point de vue ou un média soit prioritaire par rapport à un autre. Ces règles n’empêchent aucun média d’apparaître dans les sujets tendance.»

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