Cancer du col de l’utérus: une technique d’ablation réduit l’espérance de vie

Cancer du col de l’utérus: une technique d’ablation réduit l’espérance de vie
Selon l'étude, le taux de survie était supérieur chez les femmes ayant eu une opération ouverte, soit 96,5 % de femmes vivantes et sans cancer quatre ans et demie après l'opération, contre 86 % dans le groupe de l'intervention robotisée. PHOTO FRANCOIS ROY, ARCHIVES LA PRESSE

KERRY SHERIDAN
AFP-Tampa

Une technique d’ablation de l’utérus « robotisée » et moins invasive qu’une opération ouverte chez les femmes ayant un cancer du col de l’utérus réduit l’espérance de vie de ces patientes, ont averti mercredi des chercheurs aux États-Unis.

Deux études parues dans le New England Journal of Medicinesonnent l’alarme sur cette opération, qui est devenue depuis quelques années l’option préférée de nombreuses patientes, car elle permet de ressortir le jour même de l’hôpital, au lieu de plusieurs jours d’hospitalisation.

Lors du diagnostic d’un cancer du col de l’utérus, les médecins peuvent recommander aux femmes l’ablation de l’utérus et du col de l’utérus, ce qu’on appelle une hystérectomie radicale.

Au lieu d’une opération consistant à ouvrir l’abdomen, une technique apparue en 1992 consiste à gonfler un ballon et à opérer par de très petites incisions, à l’aide d’une caméra et d’instruments robotiques – 60 % des femmes opérées en 2013 ont choisi cette méthode aux États-Unis.

Pour comparer les résultats à long terme des deux techniques, un essai clinique a été mené, dans lequel des femmes ont été affectées à l’une ou l’autre des procédures de façon aléatoire. Leurs taux de survie respectifs quatre ans et demie après l’opération devaient ensuite être comparés.

La différence était si frappante que l’essai a dû être arrêté, en 2017. Le taux de survie était supérieur de 10 points chez les femmes ayant eu une opération ouverte, soit 96,5 % de femmes vivantes et sans cancer quatre ans et demie après, contre 86 % dans le groupe de l’intervention robotisée.

Une autre étude, sur 2461 patientes de la base de données nationale américaine sur le cancer entre 2010 et 2013, a obtenu des résultats comparables.

Mais, ces études n’expliquent pas ces résultats.

Les chercheurs ont toutefois des hypothèses.

Il est possible, explique Shohreh Shahabi, chef du service oncologie gynécologique à l’école de médecine Feinberg de l’université Northwestern et coauteure de l’essai clinique, que les tissus cancéreux ne soient pas complètement retirés par la procédure minimale.

Ou bien les chirurgiens pratiquant cette technique ont moins d’expérience, suggère Alexander Melamed, de l’école de médecine d’Harvard.

L’essai s’est déroulé dans 33 hôpitaux, dans 13 pays. Mais, tous les nouveaux cancers se sont concentrés dans 14 des 33 centres médicaux.

Dans l’attente de nouvelles études, Shohreh Shahabi recommande la prudence. « À ce stade, nous préconiserions de ne recourir qu’à la chirurgie ouverte pour l’hystérectomie radicale après un cancer du col de l’utérus ».

Karim Arhab
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