Entreprises : comment identifier les changements à venir pour avoir un coup d’avance

Entreprises : comment identifier les changements à venir pour avoir un coup d’avance

Dans un monde qui va de plus en plus vite, comment prédire ce que sera l’environnement économique dans deux, cinq ou dix ans? Changements démographiques, sociaux, diminution des ressources, suprématie de certains pays par rapport à d’autres… C’est tout cela à prendre en compte. Or, un modèle peut vous y aider. Son nom : DRIVE.

Les économies mondiales changent en apparence de façon aléatoire. Cependant, certains processus de grande envergure peuvent être compris et prédit comme des mécanismes interdépendants qui sont à l’origine du commerce, des gouvernements, des comportements sociaux et des prises de décisions.

Le modèle DRIVE, introduit pour la première fois dans le « European Financial Review » magazine en février 2016, met en évidence à quoi pourrait ressembler le futur à l’aide de cinq procédés distincts. Ce modèle porte un nouveau regard analytique sur l’environnement économique mondial et peut servir d’instrument visant aux entreprises et décideurs politiques pour les aider à comprendre ce que l’avenir prépare, à saisir les tendances de fond et à formuler les stratégies correspondantes.

Premier élément à prendre en compte, les changements démographiques et sociaux résultant des modèles actuels de croissance de population. Tous les pays vieillissent, entraînant une diminution constante du nombre de jeunes. Il est prédit que les pays développés auront une population majoritairement âgée de plus de 40 ans d’ici à 2030.

Les pays européens ont des espérances de vie élevées et une faible fertilité, ce qui représente un défi pour les sécurités sociales et les caisses de retraite : la main d’œuvre est insuffisante pour subvenir aux besoins des retraités. Des investissements continus aideront cependant à supporter la croissance économique.

De nouveaux défis

Des populations plus importantes génèrent aussi plus de consommation, conduisant à davantage de revenus. Progressivement, des agglomérations se forment autour des villes, avec des caractéristiques économiques distinctes, ouvrant ainsi des opportunités pour atteindre de nouveaux consommateurs.

Néanmoins, le fait que les populations soient de plus en plus importantes et concentrées entraîne une plus grande dépendance des ressources disponibles, créant une raréfaction qui elle-même pose cinq défis : avoir accès à des ressources suffisantes, assurer des approvisionnements énergétiques fiables, maîtriser les risques de criminalité, d’embouteillage et de pollution, enfin ne pas en arriver à un gaspillage incontrôlable.

L’énergie est considérée comme la ressource la plus importante, et le passage au solaire ou tout autre forme d’énergie renouvelable, présente de manière abondante, est voué à gagner en importance. La demande en eau va augmenter de 40% d’ici à 2050, et les villes auront probablement des difficultés d’approvisionnement et d’assainissement. L’approvisionnement de nourriture est aussi sous tension à cause d’une consommation croissante de viande, dont la production nécessite beaucoup d’eau. Inévitablement le prix des aliments constamment en hausse va représenter une part plus importante des revenus, particulièrement dans les pays développés.

De plus en plus d’inégalités

La croissance des économies repose aujourd’hui sur une approche « prendre – utiliser – jeter » incluant des habitudes de gaspillage tenaces : 40% des matériaux utilisés sont recyclés, le reste étant enterré ou incinéré. L’économie circulaire permet de partager certains actifs et d’améliorer dans le même temps les performances des produits, diminuant ainsi le gaspillage.

Les inégalités vont augmenter, comme c’est déjà le cas aux Etats-Unis où 1% de la population possède 19% du revenu total du pays. La Chine est loin dans le classement des pays les plus riches au monde mais elle possède le 2ème plus grand nombre de milliardaires (derrière les Etats-Unis et devant l’Allemagne).

Les ordinateurs et la robotique remplacent peu à peu les ouvriers les moins qualifiés, tandis que les bénéfices des entreprises augmentent pour ces mêmes raisons, rendant la digitalisation croissante positive pour les employés avec des compétences particulières et une formation spécifique. Dans le même temps, la classe moyenne, elle, diminue.

La production traditionnelle est en perte de vitesse, avec une réduction de l’utilisation des terrains agricoles et une augmentation des capitaux. Traditionnellement le secteur de la distribution stimule le secteur financier. Pourtant, aujourd’hui, les participations et les actifs financiers croissent tandis que les bases d’actifs « réelles » et le PIB total diminuent. Une croissance du PIB de 27 milliards de dollars peut être soutenue par une croissance de 300 milliards d’actifs financiers, signifiant plus de capital disponible.

De tels changements démontrent que le monde économique se transforme. L’informatique a accéléré cette croissance, maintenant que chaque partie du monde peut en joindre une autre en l’espace de quelques secondes.

La dynamique entrepreneuriale de la Chine

Ces dynamiques sont à l’origine d’une nouvelle mondialisation : une mondialisation avec des opportunités accrues et une volatilité imprévue, ce qui rend l’avenir difficile à prédire à l’aide de modèles traditionnels. En effet, notre capacité à mesurer l’instabilité est en décalage avec la réalité car nous tendons à la voir en termes de vraisemblance statistique.

Cela est lié à la façon dont les économies montantes telle que la Chine innovent à travers diverses dynamiques entrepreneuriales. La Chine a longtemps été considérée comme incapable d’entreprendre, pourtant elle arrive constamment à trouver de nouvelles réponses : créer de nouveaux modèles commerciaux et de nouvelles technologies, substituer d’anciens produits par de nouveaux plus efficaces, améliorer la productivité ainsi que libérer du capital.

La force de la Chine tient à son approche restrictive en termes d’innovation : elle crée de nouveaux produits uniquement par l’application commerciale de la recherche scientifique et l’intégration de nouvelles technologies des fournisseurs aux partenaires ; en utilisant une forte orientation consommateur en ce qui concerne les innovations produit et en améliorant l’efficacité par la réduction des coûts et des temps de production accompagnée d’une amélioration de la qualité. Les entreprises chinoises peuvent grandir et apprendre rapidement, en utilisant la semi-automatisation afin de produire vite, ce qui leur confère un avantage concurrentiel.

Toutes ces considérations montrent que certains aspects de notre futur économique sont prévisibles, mais aussi que les économies sont à la merci des mêmes tendances de fond. En s’appuyant sur le modèle DRIVE, les entreprises et les gouvernements seront plus à même de comprendre ce qui les attend et pourront tirer parti du changement auquel l’on est confronté, afin de donner plus d’impact à leurs décisions.

 

 

Mark Esposito, Terence Tse
Lamia Siffaoui
ADMINISTRATOR
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