La « veille culturelle », un rempart susceptible d’amortir les effets de la mondialisation

La « veille culturelle », un rempart susceptible d’amortir les effets de la mondialisation
Photo APS

AIN DEFLA – La « veille culturelle » constitue un rempart à même d’amortir les effets de la mondialisation, a estimé lundi lors d’un séminaire à Khémis Miliana (Aïn Defla) l’expert et ex-ministre Bachir Mesitfa.

Intervenant à l’ouverture d’un séminaire national portant sur « La mondialisation et son influence sur la famille algérienne contemporaine », M. Mesitfa a mis l’accent sur l’importance de la mise en place d’une « politique culturelle agressive » visant à « exporter » les fondements de l’identité nationale afin de tempérer des effets de la mondialisation.

Il a, dans ce cadre, fait part d’une proposition consistant à élaborer une feuille de route prenant en ligne de compte les périodes 2017-2030, 2030-2050 et enfin 2050-2100 en vertu de laquelle la culture est rattachée aux objectifs de développement sous toutes ses formes.

Relevant que la notion de colonialisme est toujours omniprésente « mais à l’aide d’’outils culturels‘ », l’intervenant lors du séminaire a soutenu que la culture est devenue un « immense champ d’investissements où prédomine l’aspect matériel ».

Selon cet expert, le danger représenté par les réseaux sociaux réside dans leur capacité à se transformer, d’ici à la fin du siècle en cours, en un « marché des produits culturels ».

« A l’instar de ce qui s’était passé au début du siècle dernier où les sociétés humaines étaient assimilées à des aires pour la consommation des produits commerciaux et militaires, il est plus que probable que la fin du siècle en cours verra des affrontements d’essence culturelle », a-t-il prédit.

Faisant remarquer que le problème des moyens modernes de communication ne résidait pas dans les canaux en eux-mêmes, mais plutôt dans les « dangers liés aux messages véhiculés », Saber Walid, de l’université de Chlef a, de son côté, affirmé que le souci de leurs patrons réside dans l’exportation de modèles culturels.

Plus qu’un affrontement, cet état de fait a, selon lui, conduit à une friction, relevant que « ce sont toujours les plus vulnérables qui pâtissent de cet état de fait ».

Au cours d’une communication intitulée « La famille algérienne entre les stratégies de la mondialisation et la pression des moyens d’information », Hadj Titaouni, enseignant chercheur à la faculté des sciences sociales de l’université de Khémis Miliana, a noté que la mondialisation n’est pas un phénomène nouveau, mais date des années 90 du siècle dernier.

« Des penseurs tels Samuel Higton, Francisco Focoyama et Thomas Freedman avaient, au début des années 90, prédit que l’affrontement entre les sociétés humaines ne sera pas à l’avenir basé sur les aspects idéologiques ou économiques, mais aura un fondement culturel », a-t-il souligné à cet égard.

Selon lui, l’exemple pouvant résumer cette « bataille culturelle » apparaît en filigrane dans les propos d’un responsable canadien qui, en dépit du fait que son pays soit frontalier avec les USA, n’en a pas moins regretté que ses jeunes concitoyens soient « influencés » par les films et documentaires américains suivis à longueur de journée.

Karim Arhab
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