Zika : une menace pour le cerveau des adultes ?

Zika : une menace pour le cerveau des adultes ?
Stevens Rehen, chercheur à l'Institut D'Or de Pesquisa e Ensino auBrésil, explique sur une image au microscope comment le virus Zika (en rouge) peut s'attaquer aux neurones chez l'homme (en bleu). ©Georg Ismar / DPA

Si l’effet de Zika sur le fœtus est bien documenté il n’en va pas de même chez les adultes. Ce virus pourrait pourtant pénétrer le cerveau adulte et y faire des ravages selon des chercheurs.

Les risques de malformations fœtales en cas d’infection d’une femme enceinte par le virus Zika sont avérés. Mais les effets du virus chez l’adulte sont encore incertains, et pourraient être sévères. Des recherches menées sur des souris ont révélé l’effet dévastateur du virus Zika sur un certain type de cellules du cerveau adulte selon une étude publiée jeudi 18 août 2016 aux Etats-Unis.

Selon ces travaux publiés dans la revue Cell Stem Cell, des cellules adultes impliquée dans l’apprentissage et la mémoire peuvent être détruites par ce virus. « Il est avéré que Zika peut pénétrer le cerveau adulte et faire des ravages », a affirmé l’une des co-auteures, Sujan Shresta, qui est professeure à La Jolla Institute of Allergy and Immunology.

Des neurones sensibles au virus Zika

Si l’effet du virus sur le fœtus est bien documenté, en particulier le risque que Zika ne provoque une microcéphalie, il n’en va pas de même pour les effets sur les adultes. « Les effets sur le cerveau adulte sont sans doute plus subtils mais maintenant nous savons à quoi nous attendre », a-t-elle déclaré.

Les chercheurs se sont concentrés sur des cellules qui sont destinées à devenir des neurones, l’équivalent de cellules souches pour le cerveau. Celles-ci se sont révélées particulièrement sensibles au virus mais seulement dans deux parties du cerveau, dont l’hippocampe.

Outre le fait que les modèles établis sur des souris ne sont pas forcément transposables à l’homme, les chercheurs ont aussi souligné que les effets sur le cerveau à long terme étaient difficiles à prédire.

Selon le docteur Shresta, la sensibilité de ce type de cellules au virus pourrait expliquer l’apparition du syndrome de Guillain-Barré (SGB) chez certains malades infectés par le Zika, une fois que le virus a disparu.

Le SGB frappe le système nerveux périphérique et se manifeste par un affaiblissement général voire une paralysie progressive. Mais pour éventuellement arriver à le prouver il faudra de plus amples recherches.

 

Sciences et Avenir avec AFP

Lamia Siffaoui
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