Travail de nuit : des conséquences importantes sur la santé

Travail de nuit : des conséquences importantes sur la santé
30% des 15 millions de travailleurs concernés par le travail de nuit exercent dans le service public (infirmiers, médecins, pompiers, policiers...)

Cancers, hypertension, troubles mentaux… De nombreuses affections sont favorisées par le travail en horaires décalés selon un rapport de l’Agence nationale de sécurité sanitaire et du travail.

Déjà classé « cancérogène probable » depuis 2007 par le Centre international de recherche sur le cancer de l’OMS, la travail de nuit serait décidément délétère pour la santé selon un avis publié par l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) le 22 juin 2016.

En plus de réaffirmer des risques « probables » de cancer, le groupe d’experts mandatés par l’Anses relève un risque plus grand pour les personnes travaillant en horaire décalés de souffrir d’obésité, de maladies cardiovasculaires, de diabète et même de troubles psychiques.

En effet, « le travail de nuit influerait sur les facteurs de risques psychosociaux et les troubles du sommeil, qui à leur tour pourraient augmenter les risques de troubles mentaux« , rapporte l’Anses. Un ensemble de troubles essentiellement dû à la désynchronisation des rythmes biologiques, sociaux et familiaux, dont les répercussions sur la santé sont variées.

 15,4% des travailleurs concernés

Cet avis fait suite à une saisie de l’Anses en 2011 par la Confédération française des travailleurs chrétiens (CFTC) qui avait demandé une évaluation des risques sanitaires pour les professionnels exposés à des horaires de travail atypiques, notamment de nuit.

Face aux risques recensés après examen de nombreuses publications scientifiques, l’agence juge nécessaire à court terme « d’ajuster la surveillance médicale des travailleurs de nuit« . Dans un second temps, elle préconise « d’évaluer les coûts sociaux associés au recours au travail de nuit (arrêts de travail, maladie professionnelle, absentéisme, etc.) qui pourraient être mis en regard des bénéfices potentiels« .

Le recours au travail de nuit devrait donc « rester exceptionnel » comme l’exige le Code du travail, rappelle l’Anses. Or, il a « presque doublé en vingt ans« , jusqu’à concerner « 15,4% des salariés, soit 3,5 millions de personnes » en 2012. Dans ces circonstances, l’agence recommande de « limiter » le travail de nuit aux seules activités permettant « d’assurer la continuité de l’activité économique ou des services d’utilité sociale« , soulignant que la réglementation n’est pas assez précise sur ce point.

Sciences & Avenir

Lamia Siffaoui
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