Toux, sevrage tabagique, antidépresseurs… les médicaments à proscrire selon la revue Prescrire

Toux, sevrage tabagique, antidépresseurs… les médicaments à proscrire selon la revue Prescrire

La revue spécialisée Prescrire vient de publier pour la cinquième année consécutive son bilan des médicaments plus « dangereux qu’utiles » autre­ment dit, ceux à retirer du marché en raison de leur nocivité. En 2017, 91 médicaments ont été recensés.

Cela fait cinq ans que la revue Prescrire actualise et publie chaque année son bilan des « médicaments à écarter pour mieux soigner », c’est-à-dire ceux ceux à retirer du marché car plus dangereux qu’utiles. Il s’agit concrètement de spécialités pharmacologiques qui devraient selon elle être remplacées par de meilleures options, en raison d’une balance bénéfices-risques défavorable dans toutes leurs utilisations.

« L’objectif est d’aider à choisir des soins de qualité, pour d’abord ne pas nuire aux patients et pour éviter des dégâts », explique-t-elle. En 2017, le bilan porte logiquement sur les médicaments analysés dans la revue durant sept ans, de 2010 à 2016. Cette analyse a recensé 91 médicaments (82 commercialisés en France) dont la balance bénéfices-risques est défavorable dans toutes les situations cliniques pour lesquelles ils sont autorisés en France ou dans l’Union européenne.

« L’utilisation de certains de ces médicaments dans le cadre d’une recherche clinique peut être acceptable, mais à condition d’informer les patients des inconnues sur la balance bénéfices-risques et d’une utilité de l’évaluation, souligne Prescrire. Dans les autres cas, mieux vaut se concentrer sur des soins utiles pour aider le patient à supporter l’absence d’option capable de changer le pronostic ou d’améliorer sa qualité de vie au-delà de l’effet placebo ».

Des médicaments couramment utilisés cités

Cancérologie, cardiologie, diabète, rhumatologie, neurologie, psychiatrie… les médicaments de toutes spécialités confondues ont été passés en revue. Leur balance bénéfices-risques peut avoir été jugée défavorable pour une ou plusieurs raisons: des traitements qui exposent à des risques dispropor­tionnés par rapport à leurs bénéfices, dont l’utilisation est dépassée car d’autres médicaments ont une balance plus favorable ou au contraire des médicaments dont la balance s’avère moins favorable que celle de médicaments plus anciens, et des médicaments dont l’efficacité n’est pas prou­vée au­-delà d’un effet placebo, ce qui expose à des effets indésirables graves.

Les risques peuvent notamment concerner des médicaments destinés à soulager des troubles bénins tels que le rhume: les décongestionnants par voie orale et nasale (l’éphédrine, la naphazoline, l’oxymétazoline, la phényléphrine, la pseudoéphédrine et le tuaminoheptane) exposent à des troubles cardiovasculaires graves voire mortels. La bupropione (Zyban°) pour le sevrage tabagique est à écarter, car il n’est pas plus efficace que la nicotine et expose à plus d’effets indésirables (troubles neuropsychiques, réactions allergiques).

La revue précise également que certains antidépresseurs (Valdoxan, Cymbalta, Seropram) exposent plus que d’autres antidépresseurs à des risques graves, sans avoir une meilleure efficacité. D’autres médicaments encore présentent des effets indésirables disproportionnés pour soulager des toux ou maux de gorge (pholcodine, tixocortol). En ce qui concerne les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS), ces derniers « ont un profil d’effets indésirables commun, mais certains exposent à moins de risques ».

Très peu de suspensions ou de retraits

Ainsi, quand le paracétamol n’est pas suffisant, l’ibuprofène et le naproxène, sont les options les moins à risque. En revanche, L’acéclofénac (Cartrex° ou autre) et le diclofénac (Voltarène° ou autre) par voie orale exposent à un surcroît d’effets indésirables cardiovasculaires (dont infarctus du myocarde, insuffisances cardiaques) et/ou à des effets indésirables cutanés.

Plus généralement, tous les médicaments signalés comme à écarter dans le bilan de 2016 figurent à nouveau sur la liste de cette année, à l’exception du panitumumab (Vectibix°) dans certains cancers colorectaux et de la varénicline (Champix°) dans le sevrage tabagique. Mais d’autres spécialités ont aussi été ajoutées comme l’ambroxol (Muxol°) et la bromhexine (Bisolvon°), des mucolytiques (destinés à diminuer la viscosité du mucus).

La dronédarone (Multaq°) dans la brillation auriculaire et la capsaïcine (Qutenza°) dans les douleurs neuropathiques sont aussi citées pour la première fois, comme la phényléphrine par voie nasale, un décongestionnant vasoconstricteur « non citée par erreur les années précédentes ». Cette 5ème édition donne également l’occasion à la revue de faire un point sur les décisions des autorités sanitaires concernant ces médicaments.

Cette-ci indique ainsi que parmi la centaine de substances recensées sur la période 2013­-2016, seulement une dizaine d’entre eux ont fait l’objet de suspension ou de retrait d’AMM, « par l’Agence française des produits de santé (ANSM) beaucoup plus souvent que par l’Agence européenne du médicament ». Par conséquent, l’action des autorités ayant été « lente et parcellaire, en particulier au niveau européen », les auteurs appellent les patients et les soignants à prendre des initiatives sans attendre.

 

Source: santemagazine.fr

Lamia Siffaoui
ADMINISTRATOR
PROFILE

Voir aussi

Laisser un commentaire

Votre adresse électronique ne sera pas publiée. Les champs Exigés sont marqués avec *

Cancel reply