Suis-je accro au sucre ?

Suis-je accro au sucre ?

Dans la journée, on a tous une petite envie de sucre : de bonbons, de glaces, de cookies, de chocolat… alors qu’on a déjà fait un repas complet et bien équilibré auparavant. D’où vient cette envie irrésistible ? Ce n’est pas le corps qui demande cela, et ce n’est certainement pas une envie vitale pour le corps. Si ce n’est donc pas un signe, ou un appel de notre corps, comment expliquer cette envie soudaine et quotidienne de sucre ?

Le sucre, une drogue bien dissimulée :

Nicotine, drogue dure et drogue douce, ajoutez à cette liste le sucre, car c’est bel et bien une drogue qui rend complètement accro. C’est en tout cas ce que le docteur David Ludwig du Boston Children’s Hospital, tient à prouver. Dans son étude publiée dans l’ American Journal Of Clinical Nutrition, le docteur David explique que l’apport de nourriture était régulé par les centres de plaisir du cerveau contenant la dopamine. Or, depuis quelques années, cette partie du cerveau réagit différemment selon la nourriture consommée. On passe d’ailleurs de 5 kg de sucre  consommé en moyenne par personne dans l’année 80 à carrément 35 kg de sucre consommé annuellement par personne aujourd’hui.  Le cerveau en demandera toujours plus…

Une autre étude  a montré, en 2007, que des rats étaient plus accros au sucre qu’à l’héroïne ou la cocaïne. Exposés aux drogues et au sucre, les rats choisissent à 90% le sucre. Cela dit, l’OMS ( organisation mondiale de la santé)  ne considère pas le sucre comme une drogue. Dans son rapport de  2004, cette dernière déclare : « il n’existe aucune dépendance ou addiction  de nature alimentaire », on parlera plutôt d’attirance pour le sucre et les aliments sucrés.

La maladie du siècle :

Nous n’avons pas besoin des avis de spécialistes pour savoir  que la consommation de sucre s’est largement développée dans le monde. Moins les aliments  que nous mangeons sont naturels et plus ils sont  saturés en sucre, sel, gras etc. Partout, on recense une large augmentation des troubles alimentaires, problèmes de santé, une obésité qui touche de plus en plus de personnes.

Les modes alimentaires ont certainement changé durant ces derniers siècles,  cela ne veut pas dire, que les changements s’arrêteront, ils continueront encore de changer ! Puisque partout  la première cause est l’alimentation industrielles, et que cette dernière est distribuée dans les quatre coins du monde.

L’addiction au sucre touche seulement les pays riches ?

Si vous pensez que l’addiction au sucre touche principalement les pays riches, sachez que vous avez tort.  La globalisation et  la mondialisation entraînent ce genre d’effets secondaires. Les viandes, les fruits, les confiseries… qui étaient autrefois réservés  aux  aristocrates et aux riches sont devenues aujourd’hui des produits accessibles pour la grande majorité … Aux Etats-Unis, et dans certains Etats, il est plus simple de trouver une bouteille de soda, qu’une bouteille d’eau minérale…  

Au début de la mondialisation, les pays pauvres misaient sur l’exportation, maintenant toutes les multinationales de l’agro-alimentaire, ont des filiales dans les pays du tiers monde, et ont comme mission la reproduction des mêmes aliments et leur commercialisation (à un prix raisonnable) dans ces pays étrangers. Si cela est une bonne idée pour l’investissement  des multinationales, ça ne l’est pas pour la santé des citoyens qui se voient ainsi exposés  a divers  problèmes de santé relatifs à l’alimentation.

La société a-t-elle un rôle à jouer ?

Les sociétés ont bien évidemment un rôle à jouer dans tout cela car elles savent ce que les citoyens encourent  en  surconsommant du sucre, mais ne font rien. Les pays respectables doivent  alors faire de la prévention en nous informant sur les risques du diabète, de l’obésité,… Les ministères de la santé   pourraient par exemple faire des spots pour inciter les  citoyens à réguler leur surconsommation.  Ici, Dans l’affaire du sucre, il est difficile pour les personnes de découvrir, de comprendre et d’anticiper les risques. Ils ont besoin d’un message de prévention  explicatif venant de la  société. Aujourd’hui, nous vivons dans une société cachotière et hypocrite à l’égard du sucre. Il n’y a pas  d’avis clair ou de message unanime, comme c’est le cas sur la cigarette( même si cela a pris des années).  Il faut dire que des messages tels que : « arrêtez le sucre, c’est mauvais pour votre santé » « ne mangez pas trop sucré, cela réduit votre espérance de vie » pourraient faire chuter les  chiffres d’affaires des ces industriels et entrainer une politique économique différente pour les pays. Nous commençons à peine à parler des  dangers et des conséquences négatives du sucre sur la santé. Allons-nous connaître des manifestations, des lobbys, des sit-in, des marches… pour interdire la consommation de sucre ? car rappelez-vous, il fut une époque, pas si lointaine, où il y avait ce genre de manifestations, de débat et controverse sur la cigarette …

Etes-vous dépendants au sucre?

Afin de savoir si oui ou non vous êtes dépendant au sucre, posez-vous ces quelques questions : suis-je capable de prendre mon café sans sucre le matin ?

Pourrais-je me passer de bonbons, de chocolat, de biscuits et de crème glacée pendant plus d’une  journée ?  Ma glycémie est-elle dans les normes ? Est-ce que je pourrais arrêter de grignoter ? (parce qu’il faut dire que nous le faisons sans avoir faim).Notez aussi que si après 15 à 30 min des repas vous recherchez encore un snack, c’est que vous devez être « addictes » !

Vous n’y êtes pour rien !

Une étude menée par la fameuse université  américaine d’Harvard, en mois de juin de cette même année, en dit long sur notre dépendance de sucre.  Pour comprendre la réaction de notre cerveau vis-à-vis des récepteurs et de la dopamine, les scientifiques ont décidé de faire des observations sur deux groupes de personnes (dans un cadre médical contrôlé) après une consommation de milk-shakes .Ce que ces sujets ignoraient, c’est que leurs milk-shakes (identiques en goût et en apparence) ne contenait pas le même taux de glycémie.

L’expérience fut la suivante : premier jour, un groupe consomme un milk-shake  ayant un index glycémique de 34.  L’autre groupe, quant à lui prend un milk-shake de la même apparence, même goût, même calories mais avec un index glycémique plus élevé, atteignant  84 et sans que cela ne soit trop sucré ou même perceptible. Quelques heures plus tard, tout le monde est soumis à des tests sanguins et des scans du cerveau. La différence  entre les deux groupes est flagrante. Le groupe ayant consommé un milk-shakes riche en glucide à un taux de sucre dans le sang plus élevé mais éprouve également un sentiment de faim et demande encore plus de sucre. Ce qu’il faut conclure, c’est que même si les macronutriments tels que les lipides, la protéine et le nombre de calories est identique, le cerveau va plutôt  se pencher sur l’index de glycémie seulement. Enfin c’est aliments riches en glycémie sont « chimiquement » addictifs. Cela veut dire que votre cerveau vous en demandera davantage si vous ne saurez pas le contrôler. Pour cela il faut prendre les bonnes habitudes, non pas en éliminant le sucre de notre consommation mais plutôt en le limitant et en le contrôlant au maximum afin que le cerveau soit plus « discipliné ».

Du sucre partout :

effectivement le sucre est  partout ! Et même dans les aliments que vous soupçonnez le moins : sauce tomate, maïs, , les sauces et les vinaigrettes, les pizzas, le pain de mie, les pâtes à tarte, les chips,… Sans parler, bien évidemment des pâtes à tartiner, des sodas, des glaces, des petits gâteaux…

Il faut agir

Si vous êtes accro au sucre, tout est encore possible, il suffit de rééquilibrer son alimentation et donc corriger l’activité des récepteurs de dopamine dans le cerveau. A en croire certain, et si le sucre était réellement une addiction, il faut commencer à réduire le sucre petit à petit.

La bonne nouvelle c’est qu’il ne faut pas des années de cure de désintoxications, non ! Il est possible de se débarrasser de cette addiction en seulement quatre semaines et avec moins de récepteurs de dopamine préparez-vous à vivre quelques jours difficiles. Cependant il faut un peu plus pour réparer les dégâts du sucre, parce qu’il ne s’agit pas seulement d’arrêter votre consommation de sucre, mais aussi de reprogrammer votre cerveau à produire de la dopamine (sans  le sucre) à prendre plaisir de savourer de nouvelles saveurs, et de se contenter de cela.

Après un petit mois, sans consommer le moindre gramme de sucre, on recommence à retrouver et à redécouvrir le goût des aliments. On peut, trouver des carottes ou de la betterave bien sucrées et savoureuses, choses qu’on ne pouvait pas constater en manger trop d’aliments sucrés.

Au bout de six à 8 mois, vous vivrez une autre expérience, tout aussi étonnante et agréable ! Vous essaierez, en effet de goûter un peu de glace ou de gâteau et vous vous rendrez compte que vous ne pouvez plus supporter des aliments aussi sucrés. Vous sentirez que votre palais est agressé avec autant de sucre pour au final ne savourer aucun parfum ni aucun autre arôme que le sucre. De plus si vous voulez arrêter de fumer ou de boire, commencer par arrêter le sucre, cela vous aidera énormément !

Les produits light une bonne idée ?

Pas si sure que cela ! D’après une étude approfondie sur les personnes qui n’arrivent  pas à perdre du poids, tout en mangeant allégé et light, les chercheurs se sont rendu  compte que l’édulcorant et les produits light n’améliorent point  la situation.

Il est vrai que ces produits ne contiennent pas de glucose avec très peu de calories, mais ils agissent de la même manière sur le cerveau. Envoient. Ils ont le même « rôle » sur les récepteurs du cerveau et entretiennent l’addiction au goût sucré.

Conclusion :

Même si éviter le sucre est une mission compliquée et presque impossible pour nous. Et que vous avez longtemps été victime d’une forme d’addiction, ne comptez pas sur l’organisation mondiale de la santé ni sur les industriels pour vous aider  à en finir avec votre addiction au sucre.  

C’est un peu comme les fumeurs, ils n’attendent rien des fabricants des cigarettes… la responsabilité repose sur vos épaules. Dites-vous qu’il n’y a rien qui peut être bon pour la santé dans le sucre, le sucre n’est pas vital, vous pouvez  donc, l’éliminer !

La meilleure façon de stopper une addiction, c’est de réduire la consommation petit à petit.  Jusqu’à ce que vous retirez le sucre de votre alimentation pour de bon ! N’attendez pas le diabète,  ils  n’épargnent  personne, n’attendez pas les troubles cardio-vasculaires, ils frappent sans prévenir.  Soyez raisonnables, pesez le pour et le contre et décidez-vous à diminuer le sucre.

Yasmine Amziane
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