Sait-on à quoi ressemble l’ultime instant ?

Sait-on à quoi ressemble l’ultime instant ?
© Pixabay/CC0

Définir ce qu’il arrive au passage de vie à trépas est encore un défi pour les neurologues. Cependant, les « expériences de mort imminente » éclairent un peu le phénomène. Qui peut parfois déclencher une sensation de bien-être !

La mort est un paradoxe : personne n’y échappe mais impossible de saisir ce qu’elle est. Elle se dérobe à chaque instant : avant, on n’est pas encore mort ; et après, il est trop tard : personne n’en est jamais revenu. Et pendant ? Au moment du passage de la vie à trépas ? Que se passe-t-il ? Se passe-t-il seulement quelque chose ?

Un constat : lorsqu’on pose la question aux personnes qui, ayant subi un arrêt cardiaque, ont eu la chance d’être sauvées in extremis par la médecine, entre 6 à 20 % d’entre elles reprennent conscience avec le souvenir de ce qu’il est convenu d’appeler « une expérience de mort imminente » (EMI). Une chose frappe dans leurs récits : les « symptômes » sont toujours à peu près les mêmes, au point que l’on peut dresser un schéma type.

Tout commence par une subite « reprise de conscience » et l’impression de voir son propre corps depuis l’extérieur. La perception des détails de l’environnement est démultipliée. Il y a un tunnel obscur au bout duquel se trouve une intense lumière, celle-ci se confondant avec la sensation d’un amour bien plus fort que tout ce qu’on a pu ressentir jusqu’ici. Une vie d’ailleurs revisitée, souvent en compagnie d’un guide bienveillant… Les similitudes avec les représentations religieuses font dire à certains que ces témoignages sont la preuve d’une vie après la mort.

Un « état de conscience altérée » survient avant la mort

Pour les scientifiques, c’est parce que ces patients sont toujours vivants qu’ils font ce type d’expérience. Laquelle ne peut dès lors s’expliquer que comme la manifestation d’un fonctionnement cérébral inusuel, dit « état de conscience altérée ». De quoi proposer des explications théoriques pour chacun des aspects qui composent cette expérience.

Mais la concomitance de tous ces phénomènes rend l’identification d’une cause difficile. Tous peuvent s’expliquer par des mécanismes biologiques simples, comme des perturbations du système limbique (amygdale, hippocampe, etc.) et des régions cérébrales impliquées dans la mémoire, les émotions ou le comportement pour les tunnels lumineux et les hallucinations. Des perturbations dont les causes peuvent elles-mêmes être multiples : drogues, manque d’oxygène dans le cerveau…

Autres possibilités : les sécrétions de neurotransmetteurs (dopamine, sérotonine…) et autres endorphines et opioïdes, libérés de façon chaotique quand le corps livre son ultime bataille, pourraient expliquer la sensation de bien-être. A moins qu’il ne s’agisse d’une modification des gaz sanguins (manque d’oxygène et/ou hausse du dioxyde de carbone). Mais la plupart de ces explications n’ont pas été prouvées expérimentalement.

De plus, elles n’expliquent pas comment des personnes inconscientes peuvent se souvenir de détails précis du moment où elles étaient en réanimation. Comme cet homme capable de décrire comment sa femme était habillée, ce qu’elle a dit au neurologue et même à quoi ressemblait ce dernier alors qu’il ne l’avait jamais rencontré « de son vivant » ! Pour la science aussi, le passage de vie à trépas reste un mystère.

 

Mathieu Grousson et Emilie Rausche

Source : science&vie.com

Lamia Siffaoui
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