Qu’est-ce qu’un perturbateur endocrinien ?

Qu’est-ce qu’un perturbateur endocrinien ?
Des bouteilles de plastique sur la place des martyrs, à Paris. (C) AFP

Les perturbateurs endocriniens se sont invités dans la campagne présidentielle française. Certains candidats souhaitent limiter ces molécules suspectées d’altérer la santé humaine alors que l’Europe peine encore à les définir.

Les perturbateurs endocriens (PE) sont des molécules naturelles ou synthétiques qui interfèrent avec l’action des hormones de l’organisme et sont suspectées d’altérer la reproduction humaine, de provoquer des troubles neurologiques, de favoriser le diabète ou encore les troubles immunitaires. Ils sont si répandus, qu’ils entraîneraient de 157 milliards à 270 milliards d’euros de coûts sanitaires par an dans l’Union européenne. On trouve en effet des parabènes dans les cosmétiques et les médicaments, des bisphénols (BP) dans les emballages plastiques ou les boîtes de conserve, des perfluorocarbures (PFC) dans les tissus imperméables ou transpirants et les revêtements anti-adhésifs des poêles, des phtalates dans les câbles et adhésifs, sans parler des pesticides.

Des critères qui ont indisposé les industriels comme les écologistes

La réglementation avance plus ou moins lentement selon les pays. Le bisphénol A (BPA) est ainsi interdit en Europe dans les biberons depuis 2011, et en France dans tous les contenants alimentaires depuis 2015. La France – en pointe sur le sujet avec la Belgique et la Suède – a fait condamner en décembre 2015 la Commission européenne pour sa lenteur à s’emparer du dossier. Celle-ci aurait dû présenter dès 2013 les critères définissant les PE dans le domaine des phytopharmaceutiques (pesticides, fertilisants) et biocides (désinfectants ménagers, produits antisalissures), ce qui aurait permis d’en interdire certains. Sous la pression des lobbys, la Commission a commandé une étude sur l’impact économique pour l’industrie avant d’affûter sa définition. En juin 2016, elle a enfin proposé des critères qui ont indisposé les industriels comme les écologistes. Elle définit en effet « une substance phytopharmaceutique ou biocide comme un perturbateur endocrinien si elle a des effets indésirables sur la santé humaine ». Un niveau de preuve trop élevé, pour certains scientifiques et médecins, car le gros des études inquiétantes a été mené chez l’animal.

Des États membres ont refusé de valider cette approche conservatrice, incompatible avec la protection de la santé. Le dossier est de nouveau en négociation. Une issue est espérée pour 2017.

 

Rachel Mulot

Source : sciencesetavenir.fr

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