Pourquoi respirer profondément aide à se calmer

Pourquoi respirer profondément aide à se calmer
Un groupe de 175 neurones, situé dans le tronc cérébral, est impliqué dans le sentiment de calme. © TÉO LANNIÉ / ALTOPRESS / PHOTOALTO / AFP

Des neuroscientifiques américains ont découvert le circuit cérébral à l’origine de la connexion entre respiration profonde et relaxation.

Pour calmer ses nerfs, rien ne vaut une respiration lente et profonde. Pour quelle raison ? Aussi surprenant que cela puisse paraître – tant ce geste est « réflexe » -, le mécanisme cérébral en jeu n’était pas connu. Des neuroscientifiques de l’Université de Stanford (États-Unis) ont élucidé ce mystère dans une étude parue dans Science.

Une zone cérébrale au rythme de notre respiration

Les chercheurs ont identifié chez la souris un petit groupe de neurones situés au fond du tronc cérébral et assurant la connexion entre respiration et relaxation. Une petite « grappe » au milieu d’un groupe de neurones plus grand, considéré comme le centre de la « stimulation respiratoire » (à l’image de la stimulation cardiaque) et identifié par Jack Feldman, co-auteur de l’étude, en… 1991.

26 ans se sont écoulées entre les deux découvertes, le temps pour les chercheurs de Stanford de réaliser un travail colossal. D’abord, passer au crible les bases de données publiques pour déterminer quels gènes, chez la souris, sont activés dans ce centre de contrôle de la respiration (nommé « complexe de pré-Bötzinger »). Puis il a fallu relier les gènes choisis aux groupes neuronaux qu’ils activent, soit 60 paquets de cellules aussi mélangés que des brins de spaghetti… Enfin, les chercheurs ont désactivé les groupes de neurones un par un pour constater l’effet sur la respiration de l’animal. En 2016, l’équipe de Stanford était déjà parvenue à trouver un groupe de neurones dans le complexe de pré-Bötzinger qui contrôle un type précis de respiration : le soupir.

Cette fois, c’est le rôle d’un autre amas, de précisément 175 neurones, qui a été identifié : il est impliqué dans le sentiment de calme. Inspirer et expirer profondément stimule cette petite « grappe » de neurones, qui transmet à son tour des signaux à une autre région du tronc cérébral, le locus cœruleus. Si ce dernier est très stimulé, il déclenche, via d’autres parties du cerveau, de l’anxiété et du stress ; au contraire, s’il est peu actif, il entraîne relaxation et calme. Or le locus cœruleus agit en rythme, et son tempo est calé sur… la respiration. En soufflant un grand coup, le tempo ralentit, cette zone active des zones liées à la relaxation. Et libère donc, en quelque sorte, « des ondes positives »…

Pour vérifier leur hypothèse, les chercheurs ont isolé, dans ce circuit, deux protéines (Cdh9 et Dbx1) impliquées dans la transmission de ces signaux. « En inhibant fortement Cdh9 et Dbx1, nous avons constaté que les souris montraient un calme olympien, au point que dans un environnement nouveau, elles sont restées assises à faire leur toilette au lieu de renifler les moindres recoins comme d’habitude », racontent dans un communiqué les chercheurs. Pour ces derniers, ces protéines représentent ainsi des cibles potentielles pour des traitements thérapeutiques contre l’anxiété. Bien entendu, pour des patients pour qui respirer un grand coup ne suffit pas…

 

Lise Loumé

Source: sciencesetavenir.fr

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