Pourquoi les adolescents devraient manger plus d’oméga 3

Pourquoi les adolescents devraient manger plus d’oméga 3
Les oméga 3 sont très présents dans les poissons gras comme le saumon, mais aussi la noix ou encore le soja. © CHASSENET / BSIP / AFP

Les oméga 3 seraient indispensables pour le cerveau des adolescents, selon deux chercheurs français. Voici pourquoi.

Manger des oméga 3 – présents dans les poissons gras comme le saumon, la noix ou encore le soja – est bon pour le cerveau. Et l’inverse est aussi vrai : les carences favorisent des comportements dépressifs, ont montré en 2011 Olivier Manzoni de l’Inserm de Marseille et Sophie Layé de l’Inra de Bordeaux. Comment expliquer le lien entre oméga 3 et troubles mentaux ? Ces deux chercheurs ont poursuivi leurs travaux chez la souris pour répondre à cette question. Ils livrent leurs nouveaux résultats en juin 2017 dans The Journal of Neuroscience.

Le manque d’oméga 3 à l’adolescence entraîne anxiété et baisse des fonctions cognitives

Les scientifiques ont testé chez la souris un régime carencé en oméga 3, depuis l’adolescence jusqu’à l’âge adulte. Ils ont constaté une diminution des taux d’acides gras dans deux zones de leur cerveau, comparé à des animaux ayant une alimentation « normale » : le cortex préfrontal, impliqué dans les fonctions cognitives complexes comme la prise de décision et le raisonnement, et le noyau accumbens, régulant la récompense et les émotions. De plus, chez les souris carencées, les synapses (zones de communications entre neurones) sont altérées dans ces deux régions cérébrales. Des effets qui se traduisent à l’âge adulte par de l’anxiété et une diminution des fonctions cognitives, expliquent les chercheurs.

Mais ces conséquences ne seraient pas une fatalité selon les auteurs, qui démontrent l’efficacité de deux méthodes pour restaurer totalement les fonctions cérébrales des souris adultes déficientes en oméga 3 et leurs comportements émotionnel et cognitif. « Pour cela, il nous a suffi d’amplifier la capacité du récepteur mGlu5, spécifique au glutamate (neurotransmetteur le plus important du système nerveux central) au niveau des neurones afin de rétablir les échanges, ou d’inhiber la dégradation du principal cannabinoïde naturellement sécrété par le cerveau (ndlr : le 2-arachidonoylglycérol) et qui contrôle la mémoire synaptique », expliquent les auteurs. Mais la route pour que leur stratégie soit un jour appliquée chez l’homme est encore longue (déjà faudrait-il prouver que les effets sont les mêmes). Les chercheurs espèrent que leurs travaux ouvrent la voix à une meilleure identification des facteurs de risque nutritionnels dans les maladies neuropsychiatriques, piste peu explorée par la recherche pour l’instant.

 

Lise Loumé

Source : sciencesetavenir.fr

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