L’artichaut, plante détox efficace contre les troubles digestifs

L’artichaut, plante détox efficace contre les troubles digestifs
Artichaut coupé en deux © Dean Fosdick/AP/SIPA

Sciences et Avenir a croisé les études scientifiques sur quelques plantes efficaces contre des affections courantes. Parmi elles, l’artichaut.

COMPOSITION. Les feuilles basses de l’artichaut — et non la partie charnue — recèlent notamment des acides phénols (cynarine, acidecaféique et chlorogénique), des acides alcools, ainsi que des flavonoïdes, des lactones sesquiterpéniques, ou « amères aromatiques » impliqués dans la défense de la plante.

L’artichaut est cholagogue et cholérétique : il accentue la production de bile par le foie et facilite son évacuation dans l’intestin en contractant la vésicule biliaire. Il a aussi un effet diurétique. Stimulant du foie puis du rein, il fait partie de ces plantes traditionnellement appelées  » dépuratives » qui sont en réalité des « détoxicants par activation métabolique ».

D’où leur succès dans les cures « détox », très à la mode, dont le principe est de faciliter l’évacuation des toxines. Cela en agissant justement sur un ou plusieurs de nos »emonctoires » tels que sont nommées les cinq principales voies d’élimination des déchets de l’organisme (peau, poumons, intestins, foie, reins). Mais elles ne sont pas anodines pour autant !

Certaines plantes « détoxifiantes » peuvent ainsi accélérer l’élimination d’un médicament par ailleurs indispensable. C’est pourquoi leur prise doit être limitée dans le temps et correctement dosée avec l’aide d’un médecin phytothérapeute ou d’un pharmacien. Selon la monographie européenne de l’EMA, la feuille d’artichaut est indiquée pour le traitement des troubles digestifs, tels que la dyspepsie avec sensation de plénitude, les ballonnements et les flatulences.

Elle est aussi traditionnellement utilisée pour faciliter les fonctions d’élimination urinaire et digestive. Des études cliniques menées chez l’humain ont montré qu’un extrait aqueux de feuilles fraîches administré pendant six semaines réduit les troubles digestifs, comme les douleurs abdominales et les vomissements.

De même, les extraits abaissent modestement les taux de triglycérides et de cholestérol total avec diminution des valeurs du « mauvais » cholestérol (LDL) et augmentation du « bon » cholestérol (HDL). Enfin, l’administration d’extraits aqueux à des patients atteints de paludisme et traités à la quinine a permis d’améliorer les résultats thérapeutiques, en raison de l’effet hépato-protecteur de l’artichaut.

Les études pharmacologiques chez les animaux montrent que ce sont la cynarine et l’acide chlorégénique qui ont un effet cholérétique. Pris en extraits aqueux, ils protègent le foie de l’hépatite induite par un toxique (tétrachlorure de carbone) et, administrés en injection, ils préviennent l’hépatite induite par l’alcool.

In vitro, les acides phénols de l’artichaut ont un effet protecteur des cellules de foie. Enfin, le meilleur effet diurétique est provoqué par la plante entière.

 

Rachel Mulot

Sciences & Avenir

Lamia Siffaoui
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