Ibuprofène : attention aux risques cardiovasculaires

Ibuprofène : attention aux risques cardiovasculaires
Crédit photo: santemagazine.fr

L’Américan Heart Association avertit contre les risques de l’ibuprofène et autres anti-inflammatoires non stéroïdiens. Ces derniers peuvent provoquer ou aggraver une insuffisance cardiaque chez certains patients, et ils ne sont pas les seuls produits ou médicaments sans ordonnance pointés du doigt.

Contre les maux de tête, les lombalgies, les douleurs musculaires, l’ibuprofène est un antidouleurdont l’efficacité n’est plus à prouver. Mais attention à ne pas en abuser, car comme tout médicament, ce dernier peut avoir des conséquences et celles révélées par l’American Heart Association sont très importantes.

Des spécialistes estiment en effet que cet anti-inflammatoire non stéroïdien peut causer ou aggraver une insuffisance cardiaque pour une raison simple : ce médicament peut provoquer une rétention de sodium dans le corps mais aussi diminuer les effets des médicaments diurétiques.

D’autres médicaments sans ordonnance contre les brûlures d’estomac ou le rhume peuvent aussi contenir plus de sodium que conseillé pour les personnes souffrant d’insuffisance cardiaque. « Les patients ont appris à lire la teneur en sodium sur les étiquettes des aliments mais ils ont aussi besoin de la lire les étiquettes des médicaments en vente libre et des suppléments alimentaires », prévient Robert L. Page, l’un des auteurs.

Certains suppléments naturels comme l’éphédra augmentent la pression artérielle quand d’autres (millepertuis, ginseng, aubépine, thé vert) interfèrent avec les médicaments contre l’insuffisance cardiaque.

Pas seulement déconseillé pour les patients cardiaques

Les auteurs recommandent ainsi aux médecins de demander systématiquement aux patients à risque d’insuffisance cardiaque ou qui en souffrent quel médicament ou supplément ces derniers prennent en parallèle de leur traitement. Ce n’est pas la première fois que les risques de l’ibuprofènesont pointés du doigt.

En France, l’ANSM* affirme sur ce sujet que « l’ibuprofène est l’un des médicaments les plus utilisés pour la prise en charge de la douleur et de la fièvre, et son profil de sécurité aux doses usuelles dans ces indications (comprises entre 200 mg et 1200 mg maximum par jour) est bien établi ».

En revanche, celle-ci évoque une augmentation du risque cardiovasculaire chez les patients prenant de l’ibuprofène à des doses supérieures ou égales à 2400 mg par jour. Cette posologie doit être évitée « chez les patients avec une hypertension artérielle non contrôlée, une insuffisance cardiaque congestive, une cardiopathie ischémique et une maladie vasculaire cérébrale ».

Seul un médecin peut instaurer un traitement au long cours par ibuprofène car la combinaison de ce médicament avec d’autres facteurs de risque (hypertension, hyperlipidémie, diabète sucré et tabagisme) peut provoquer un événement cardiovasculaire.

D’autres principes de précaution s’appliquent à cet antalgique pour l’ensemble de la population. Il est formellement contre-indiqué chez les femmes enceintes à partir de 6ème mois de grossesse et chez les personnes avec des antécédents d’ulcère de l’estomac ou d’hémorragies digestives.

Il ne faut jamais prendre en même temps qu’un autre médicament contenant de l’ibuprofène ou de l’aspirine, d’où l’importance de bien lire la notice. Enfin, il est important de respecter un intervalle d’au moins six heures entre chaque prise et le traitement en automédication ne devra pas dépasser 5 jours ou 3 jours si la fièvre persiste.

*Agence nationale de sécurité du médicament

A.B

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Lamia Siffaoui
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