Grâce à l’immunothérapie, 2 bébés atteints d’une leucémie sont en rémission

Grâce à l’immunothérapie, 2 bébés atteints d’une leucémie sont en rémission
Modélisation d'un lymphocyte CAR-T © VAL ALTOUNIAN / SCIENCE TRANSLATIONAL MEDICINE (2017)

Grâce à une technique inédite d’immunothérapie, deux bébés atteints de leucémie aigüe lymphoblastique sont entrés en rémission complète.

C’est un formidable espoir pour les 300 bébés qui naissent chaque année avec une leucémie aigüe lymphoblastique, un cancer qui empêche la moelle osseuse d’assurer la production des cellules sanguines normales : deux nourrissons atteints de cette pathologie sont entrés en rémission à long terme grâce à une technique inédite d’immunothérapie, annoncent des chercheurs de l’University College London dans la revue Science Translational Medicine. Une prouesse car le principe d’immunothérapie généralement utilisé chez les adultes et enfants a très peu de chances de fonctionner chez les nourrissons…

L’idée des chercheurs : fabriquer des lymphocytes T « universels »

Ayant déjà fait ses preuves dans les tumeurs sanguines, cancers du cerveau, et les leucémies, l’immunothérapie consiste à apprendre aux globules blancs à mieux combattre les cellules cancéreuses. Concrètement, les chercheurs prélèvent par voie veineuse des lymphocytes T du patient. Ceux-ci sont ensuite « reprogrammés » génétiquement pour fabriquer un récepteur (CAR) ayant pour cible une protéine présente sur les cellules tumorales. En les réinjectant dans le sang, ces nouveaux lymphocytes, renommés « CAR-T », peuvent donc débarrasser le patient de cellules tumorales. Et dans le cadre de la leucémie aigüe lymphoblastique, ce processus est très efficace sur les patients… Excepté chez les nourrissons de moins d’un an. « Ils ne possèdent pas de quantités suffisantes de cellules T à cet âge », déplorent les chercheurs londoniens dans un communiqué.

Pour contourner cet obstacle majeur, ces derniers ont eu une idée audacieuse : fabriquer des lymhocytes T « universels » ! Ils ont utilisé les cellules d’un donneur qu’ils ont modifié génétiquement de manière conséquente afin de faire disparaître les gènes responsables de la réponse immunitaire face à un corps étranger et du développement de la maladie du greffon contre l’hôte. Cette dernière se manifeste lorsque les lymphocytes T du donneur se retournent contre le patient greffé car ils ne reconnaissent plus leur environnement. Bien sûr, les chercheurs ont aussi manipulé les cellules afin qu’elles reconnaissent et détruisent les cellules cancéreuses.

En juin 2015, ils ont injecté ces nouvelles cellules dans le sang d’une fille âgée de 11 mois. Six mois plus tard, ce fut le tour d’une deuxième fille, de 16 mois. Les deux enfants ont ensuite reçu une chimiothérapie et une transplantation de moelle osseuse, afin de restaurer leur système immunitaire. Malgré les manipulations génétiques effectuées, un bébé a tout de même développé deux mois après l’intervention la maladie du greffon contre l’hôte, qui a – fort heureusement – été traitée rapidement. Les deux filles sont entrées en rémission complète seulement 28 jours après avoir reçu le traitement. « Elles sont rentrées chez elles et sont en bonne santé », se réjouissent les chercheurs. Si la rémission complète se transforme prochainement en guérison, il y a fort à parier qu’un jour, cette technique, encore expérimentale, soit autorisée par les autorités de santé et généralisée.

 

Lise Loumé

Source: sciencesetavenir.fr

Lamia Siffaoui
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