Faut-il jeter les bonbons à la poubelle ?

Faut-il jeter les bonbons à la poubelle ?
© Bjørn Bergheim/Flickr/CC-BY-2.0

Un additif alimentaire fréquemment trouvé dans les confiseries pourrait présenter un risque pour la santé. En attendant d’en savoir plus, réduire sa consommation de sucre ne peut faire que du bien.

Faut-il jeter les bonbons à la poubelle ? C’est à se demander, au regard des travaux d’une équipe INRA sur l’additif alimentaire E171. Derrière ces caractères se cache le dioxyde de titane, un pigment blanc utilisé dans différents produits, notamment les dentifrices et surtout les bonbons. Mélangé avec d’autres substances il permet d’obtenir une palette de couleurs destinées à les rendre très attrayants pour les enfants !

Sauf que ce E171, déjà considéré comme cancérigène probable lorsqu’il est inhalé, pourrait également l’être lorsqu’il est ingéré. Les chercheurs montrent en effet que chez des souris ayant consommé ce produit, les particules les plus petites, de taille nanométrique (qui représentent 10 à 40% du produit selon les procédés de fabrication), traversent la barrière intestinale. Les chercheurs en ont retrouvé jusque dans le foie des animaux.

Dans la paroi intestinale, leur présence entraine des anomalies du système immunitaire et une inflammation locale, puis déclenche, après 100 jours, l’apparition de lésions pré-cancéreuses chez environ 40% des animaux. « Ces lésions n’évoluent pas forcément vers un cancer mais il s’agit de la première étape vers celui-ci qui se manifeste par une désorganisation des cellules épithéliales », rappelle Eric Houdeau, responsable des travaux. Or, les auteurs ont utilisé des doses représentant celles ingérées en moyenne par les enfants. Les adultes eux, sont dix fois moins exposés compte tenu du fait qu’ils sont (souvent) plus raisonnables vis-à-vis des confiseries et n’avalent (normalement) plus leur dentifrice.

Des éléments suffisamment probants pour pousser plus loin les recherches

A ce stade rien n’indique que ces lésions évolueront vers des cancers mais ces éléments sont suffisamment probants pour pousser plus loin les recherches. « La barrière intestinale est une barrière biologique majeure de protection de l’organisme. Sa fragilisation facilite le passage de substances et de microorganismes délétères. Dans notre étude, l’inflammation locale est la preuve de cette fragilité. Combinée aux lésions pré-cancéreuses, elle peut créer un terrain favorable à l’apparition d’un cancer, en particulier chez les sujets déjà exposés à d’autres facteurs de risque. Néanmoins, tout cela reste à vérifier chez l’animal puis chez l’homme », clarifie Eric Houdeau. Le laboratoire poursuit ses travaux dans ce sens et va tester d’autres doses, des mélanges de substances ainsi que l’effet du dioxyde de silice, seul autre additif alimentaire à contenir des particules nanométriques.

 

Aude Rambaud

Source: science&vie.com

Lamia Siffaoui
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