Cancer : 13 nouvelles bonnes raisons de bouger

Cancer : 13 nouvelles bonnes raisons de bouger
http://www.journaldemontreal.com/2016/07/03/13-nouvelles-bonnes-raisons-de-bouger

La plus grande étude réalisée à ce jour sur le lien entre l’activité physique et le cancer montre que l’exercice régulier est associé à une diminution du risque de 13 types de cancers distincts.
On considère souvent l’exercice physique comme une sorte de «médicament universel» en raison de ses multiples effets positifs sur la santé.
Être actif physiquement ne se limite pas à faire bouger les muscles; il s’agit aussi d’une action qui provoque une série de modifications biochimiques et physiologiques qui augmentent la fonction du cœur et des poumons, améliore la tension artérielle, stabilise la glycémie et diminue le risque de dépression pour n’en nommer que quelques-unes.

Moins de risque d’être malade

En conséquence, l’activité physique régulière est associée à une diminution marquée du risque de maladies du cœur, de diabète de type 2, de cancer et de déclin des fonctions cognitives, ce qui se traduit par une augmentation marquée de l’espérance et de la qualité de vie, car les personnes les plus actives peuvent vivre en moyenne plus de quatre années supplémentaires, comparativement à celles qui sont sédentaires.
Comme on le dit souvent, si une pilule pouvait procurer tous les bénéfices de l’activité physique, elle serait le plus grand succès commercial de l’histoire de l’industrie pharmaceutique.

Mouvement anticancer

Au fil des années, plusieurs études ont montré que les personnes qui sont le plus actives physiquement voient leur risque d’être touchées par plusieurs cancers être considérablement réduit, comparativement à celles qui ont un mode de vie sédentaire. Cet effet protecteur est particulièrement bien documenté pour les cancers du côlon et du sein, mais l’impact de l’activité physique sur d’autres types de cancers plus rares demeu­re toutefois mal compris, car l’incidence de ces cancers est beaucoup moins élevée, ce qui requiert des études réalisées sur un très grand nombre de personnes pour effectuer une analyse statistique appropriée.
Une percée majeure dans ce sens vient d’être réalisée par une équipe de chercheurs américains grâce à l’analyse systématique du risque de 26 types distincts de cancers diagnostiqués dans une population de 1,4 million de personnes1. En comparant l’incidence de ces cancers entre les gens les plus actifs durant leurs loisirs à ceux qui étaient sédentaires, les scientifi­ques ont observé des réductions de risque significatives pour 13 cancers différents:

  • œsophage: -42 %
    foie: -27 %
    poumon: -26 % (chez les fumeurs et les ex-fumeurs seulement)
    rein: -23 %
    estomac: -22 %
    utérus: -21 %
    leucémie myéloïde: -20 %
    myélome: -17 %
    côlon: -16 %
    tête et cou: -15 %
    rectum: -13 %
    vessie: -13 %
    sein: -10 %

Il faut aussi noter que le risque de mélanome malin était augmenté de 27 % chez les gens plus actifs, probablement en raison d’une exposition plus grande au soleil lors des activités extérieures. Une autre illustration de l’importance de bien se protéger du soleil dans le cadre des périodes de loisir.

Actif, mais sans excès

Quel est le niveau d’activité physique associé à ces réductions du risque de cancer? Selon les données recueillies par les auteurs de l’étude, l’activité physique des personnes les plus actives (90e percentile) était d’environ 22 équivalents métaboliques (MET) par semaine, ce qui correspond à environ 7 heures de marche rapide ou 2,5 heures de jogging à une allure modérée, sur une semaine. Il s’agit donc d’un niveau d’activité assez élevé, mais tout à fait accessible à la très grande majorité de la population.
Pour y arriver, il faut redéfinir la place occupée par l’exercice dans notre vie. À l’heure actuelle, faire de l’exercice est trop souvent seulement vu comme une façon de «brûler» les calories pour garder la ligne ou éliminer quelques kilos en trop. Cette vision est beaucoup trop réductrice et il faut plutôt considérer l’activité physique comme un ingrédient essentiel à la prévention des maladies chroni­ques, incluant un grand nombre de cancers, et à une augmentation de notre qualité de vie. Avec en prime l’euphorie générée par la production d’endorphines et d’endocannabinoïdes, ces euphorisants endogènes qui accompagnent l’effort physique!

 
1• Moore SC et coll. Association of leisure-time physical activity with risk of 26 types of cancer in 1.44 million adults. JAMA Intern Med.

 

Richard Béliveau
Le Journal de Montréal

Sabrina Lallemand
ADMINISTRATOR
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