Bientôt un vaccin contre la chlamydia

Bientôt un vaccin contre la chlamydia
Chlamydia trachomatis est à l'origine de maladies sexuellement transmissibles responsables d'infertilité et de cécité. © VEM / BSIP/ AFP

Des chercheurs canadiens ont identifié un antigène contre cet agent infectieux qui touche 113 millions de personnes dans le monde. Un vaccin nasal, peut coûteux, est en développement.

TRANSMISSION. C’est encore un vaccin expérimental mais il pourrait représenter une arme efficace contre une bactérie, la chlamydia, un agent infectieux responsable à la fois d’infertilité et de cécité (voir l’encadré).

Une équipe de chercheurs du Michael G. DeGroote Institute for Infectious Disease Research de l’université McMaster (Ontario, Canada), qui vient de publier des résultats dans la revue scientifique Vaccine, a démarré ses travaux uniquement sur des souris. Mais les scientifiques ont bon espoir que leurs travaux seront rapidement applicables à l’homme dans la lutte contre cet agent infectieux transmissible par voie sexuelle, qui concerne près de 113 millions de personnes dans le monde.

Première cause de cécité dans les pays en voie de développement

Les chercheurs canadiens sont parvenus à isoler un nouvel antigène bactérien, BD584, et à démontrer que celui-ci pouvait représenter un candidat vaccin potentiel pour les espèces les plus communes de chlamydiae, telles que Chlamydia trachomatis, première cause de cécité dans les pays en voie de développement.

Chez les souris ayant reçu le vaccin prototype, l’excrétion de la bactérie a pu être réduite de près de 95 %. Ce qui se traduit par une contagiosité moindre et une transmission moins facile entre les animaux. De plus les organes reproducteurs des rongeurs vaccinés présentaient moins de lésions que ceux n’ayant pas reçu le vaccin.

Les chercheurs ont fait ici le choix de la voie nasale, indolore et peu coûteuse, car pouvant être ainsi administrée plus aisément. Un avantage face à une bactérie qui reste la première cause de cécité par trachome dans les pays en voie de développement. Reste de nombreuses étapes de validation et de confirmation avant que des études soient menées chez l’homme pour ce vaccin dont le financement est assuré par les Instituts de recherche en santé du Canada.

Les chlamydiae sont une famille de bactéries qui ont une particularité, celle de se développer au sein des cellules hôtes. Trois types de chlamydiae sont connus : Chlamydia trachomatis, à l’origine d’infections sexuellement transmissibles responsables d’infertilité et de cécité, Chamyldia pneumoniae et Chlamydia psittaci, responsables toutes deux de pneumonies. Ces infections sont souvent silencieuses, sans symptômes et sont transmises par des personnes infectées qui ignorent qu’elles sont contaminées. Elles évoluent vers des infections chroniques, à l’origine de stérilités secondaires. En France, près de 50 % des stérilités féminines sont liées à ce germe. Le traitement – qui doit toujours être administré simultanément aux partenaires – repose sur des antibiotiques.

 

 

Sylvie Riou-Milliot

Sciences et Avenir

Sabrina Lallemand
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