ASCO 2017 : cancer du sein avancé, une molécule prouve son efficacité

ASCO 2017 : cancer du sein avancé, une molécule prouve son efficacité
Image faite lors d'une macrobiopsie par mammotome sur une patiente ayant présenté des lésions lors d'une mammographie le 08 mars 2006 à l'Institut Curie à Paris. JOEL SAGET / AFP

De notre envoyée spéciale au congrès mondial sur le cancer, à Chicago. Une étude marque une étape importante dans le traitement de certains cancers du sein évolués, et ce grâce à l’administration d’une molécule qui a permis de réduire de 42 % le taux de mortalité des patientes.

PROFIL GÉNOMIQUE. Utilisée dans le cancer de l’ovaire, une molécule démontre aussi son intérêt dans certains cancers avancés du sein, et permet de diviser presque par deux le taux de mortalité des femmes. Cette annonce présentée en séance plénière du congrès 2017 de l’American Society of Clinical Oncology (ASCO), dimanche 5 juin, est importante car elle illustre, là encore, que ce qui compte aujourd’hui, ce n’est plus la localisation des tumeurs mais bien le profil génomique des tumeurs.

La molécule ici testée, l’olaparib (Lynparza, laboratoires Astra Zeneca) appartient à la famille dite des inhibiteurs de PARP, dont le mécanisme d’action est complexe (voir l’encadré). Elle n’avait été jusqu’à présent employée que dans le cancer de l’ovaire chez des femmes présentant la mutation BRCA21/2. Mais les instigateurs de cet essai international de phase 3 dit OlympiAD, ont voulu voir si le traitement pouvait aussi être bénéfique chez des femmes porteuses de cette mutation et atteintes d’un cancer du sein. La molécule a donc été administrée à 300 patientes, toutes porteuses de l’anomalie génétique et présentant un certain type de tumeur, dit HER2 négatif, au stade métastatique.

Des résultats qualifiés de majeur

L’ essai a comparé l’olaparib à la chimiothérapie classique (anthracyclines, taxanes ) et ses résultats communiqués dans un amphithéâtre bondé en séance plénière sont inespérés : ils attestent d’une réduction importante de mortalité, soit une baisse de 42 %. “Ces résultats sont majeurs et marquent une étape dans la prise en charge du cancer du sein”, a commenté solennellement le Pr Daniel Hayes, président de l’ASCO 2017. C’est aussi la première étude à démontrer l’intérêt d’un inhibiteur des PARP dans une maladie autre que le cancer de l’ovaire.


Qu’est-ce que les inhibiteurs de PARP ?
Les PARP — Poly (ADP-ribose) polymérase-1 — sont des enzymes qui ont pour mission de réparer les erreurs de l’ADN survenant tout particulièrement en cas de multiplication des cellules tumorales. Bloquer les PARP par ces inhibiteurs permet aux erreurs de ne pas être réparées et de s’accumuler dans les cellules tumorales jusqu’à ce que ces dernières en meurent. Il  existe environ une quinzaine d’inhibiteurs de PARP.


Sylvie Riou-Milliot

Source : sciencesetavenir.fr

Salima Tamani
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