Allergie: pourquoi notre système immunitaire nous rend malade ?

Allergie: pourquoi notre système immunitaire nous rend malade ?
Si l'aspect pathogène des allergies est bien connu, son fondement physiologique reste un mystère. MARTIN LEIGH / CULTURA CREATIVE / AFP

Si les symptômes des allergies et leurs mécanismes sont bien connus, leurs causes profondes et le comportement étrange du système immunitaire demeurent énigmatiques.

Le printemps, le retour du soleil, des températures plus clémentes et la fin du nez qui coule… Du moins pas si sûr pour cette dernière affirmation.

En effet, pour beaucoup, l’arrivée du printemps est synonyme d’éternuements et d’yeux qui piquent. Car cette saison signe aussi le retour des pollens et donc des allergies. Si le pollen est l’allergène le plus célèbre, de nombreuses autres substances peuvent déclencher des allergies. Comme des aliments ou les acariens par exemple.

Des causes aussi variées que les symptômes qui les accompagnent.  » Il s’agit généralement d’un contact avec une substance du monde qui nous entoure et sans toxicité propre qui déclenche l’allergie. Ce qu’on touche, ce qu’on respire ou ce qu’on mange. Comme des plumes d’oreillers,  des poils de chats ou même des aliments « , explique Marc Daëron,  Directeur de recherche à l’Inserm, Institut Pasteur (Paris) et Centre d’Immunologie de Marseille-Luminy (Marseille).  » Les allergies peuvent prendre des formes très variées. Locales ou générales, bénignes ou gravissimes, elles sont multiformes « , précise Marc Daëron. Mais une qu’est-ce qu’une allergie ?

Une réponse immunitaire mal maîtrisée ?

Les mécanismes qui engendrent les symptômes allergiques sont bien connus. Le fondement physiologique lui, reste un mystère. Cette réaction « d’hypersensibilité immédiate »  se déroule en trois temps.

Lors d’un premier contact avec la peau ou les muqueuses, l’allergène est capturé par des cellules dendritiques qui le présentent alors à certains globules blancs, les lymphocytes T. Activés, ces derniers activent à leur tour des lymphocytes B, qui se transforment en plasmocytes fabriquant des anticorps, parmi lesquels des immunoglobulines de type E (IgE). Celles-ci se fixent sur des cellules qui possèdent des récepteurs pour les IgE, les mastocytes et les basophiles. L’organisme est maintenant sensibilisé à l’allergène. Au deuxième contact, l’allergène est reconnu par les IgE fixées aux mastocytes. En quelques minutes, ces cellules « dégranulent » et libèrent différentes substances qui, comme l’histamine, ont des propriétés inflammatoires. Ces médiateurs agissent sur les cellules qui les entourent, et ce sont les réponses des cellules qui expliquent les symptômes allergiques. Ceux-ci dépendent de la localisation dans l’organisme. La réaction peut être nasale (rhinite allergique ou « rhume des foins »), respiratoire (crise d’asthme), oculaire (conjonctivite), cutanée (eczéma atopique ou urticaire), ou générale (choc anaphylactique).

Un système immunitaire mal compris ?

La réaction allergique apparaît comme une réaction immunitaire dirigée contre des substances inoffensives et qui, au lieu de nous protéger nous rend malade. « Ce qui nous amène à nous demander si c’est le système immunitaire qui se trompe de cible ou si c’est nous qui l’avons mal compris. La réaction allergique ne peut pas être un accident car ses mécanismes ont été sélectionnés au cours de l’évolution  Pourtant, elle n’apporte apparemment rien de bon et peut même entraîner la mort ». C’est difficile à comprendre. Pour Marc Daëron, la réaction allergique révèle l’existence de quelque chose qui joue un rôle tellement important qu’elle a été sélectionnée malgré ses inconvénients. Reste à découvrir quoi.


L’hypersensibilité retardée.Cet autre type d’allergie va cibler principalement la peau. Lors du premier contact, l’allergène (métaux, cosmétiques, colles…) pénètre par l’épiderme et se fixe sur des protéines naturellement présentes dans l’organisme et est capturé par des cellules dendritiques. Ces cellules migrent et produisent des lymphocytes « mémoire » à longue durée de vie. Cette phase de sensibilisation peut durer 15 jours. 24 à 48 heures plus tard, la seconde rencontre entraîne la prolifération des lymphocytes « mémoire » qui produisent à leur tour des chimiokines. Ces molécules attirent plusieurs variétés de globules blancs censés détruire l’allergène, les macrophages et les lymphocytes tueurs. S’en suit le symptôme, un foyer inflammatoire et une destruction partielle de l’épiderme.


Victor Miget

Source: sciencesetavenir.fr

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