Résilience : ce que les neurosciences nous enseignent

Résilience : ce que les neurosciences nous enseignent
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En nous offrant de nouvelles connaissances sur le cerveau, les neurosciences peuvent nous aider à nous reconstruire après un traumatisme ou un trouble psychique, et à développer notre capacité de résilience. Découvrez 6 enseignements d’experts à valoriser au quotidien.

1. Le déterminisme génétique n’existe pas

Décryptage

C’est le premier enseignement des neurosciences concernant nos capacités de résilience : les gènes ne sont pas une fatalité. « Même si vous êtes génétiquement sensible à une maladie en particulier ou à un état dépressif, vous pouvez agir pour supprimer l’activation des gènes impliqués. Autrement dit, c’est votre comportement qui aura le pouvoir de les activer ou de les désactiver » explique John Arden, psychologue américain, dans son ouvrage Les Clés de la résilience (Dangles).

En pratique

En structurant notre mode de vie autour de 5 piliers – exercice physique, apprentissage continu, alimentation équilibrée, sommeil adapté et échanges sociaux fréquents – nous pouvons nous protéger de certaines tendances dépressives ou anxieuses.

2. Nous fabriquons de nouveaux neurones toute notre vie

Décryptage

Jusque dans les années 1980, le corps scientifique supposait que nous possédions dès notre naissance la totalité de nos cellules cérébrales pour toute notre vie. L’objectif était alors de protéger ces dernières pour vieillir dans de meilleures conditions. « Avec la découverte de la neurogenèse, nous savons maintenant qu’il est possible de fabriquer de nouveaux neurones dans des zones cérébrales spécifiques tout au long de la vie », précise John Arden. Nous pouvons alors profiter de ce renouvellement neuronal pour protéger notre santé mentale, notamment en assurant l’intégrité d’une structure cérébrale particulière : l’hippocampe. Celui-ci a un rôle très important de régulateur de notre humeur et contrôle en partie l’équilibre de notre psyché.

En pratique

« Il est possible d’augmenter la neurogenèse en ayant une activité physique régulière, en absorbant moins de calories que dans l’alimentation occidentale typique et en augmentant sa consommation d’acides gras oméga-3 » indique le psychologue américain. L’idéal est alors de rééquilibrer son régime alimentaire, en mangeant plus léger et en profitant des aliments riches en oméga 3 comme les noix, la mâche ou le hareng.

3. Il est possible de recâbler son cerveau

Décryptage

Développer sa résilience implique d’abord de renforcer sa santé psychique, mais il n’est pas rare que la question de la reconstruction se pose une fois le traumatisme passé ou après l’arrivée d’un trouble psychique. Se sortir de sa situation apparaît alors comme très difficile et l’on s’imagine rapidement atteint de cette difficulté à vivre pour toujours. C’est sans compter sur les capacités de changement du cerveau « qui n’est pas figé une fois pour toutes, mais modulable », confirme John Arden. « La neuroplasticité, en ce qu’elle permet d’apprendre à se sentir calme et à jouir de la vie en dépit de croyances préalables contraires, est une ressource clé de la résilience. »

En pratique

Différents exercices peuvent être effectués pour sortir de notre zone de confort et ainsi cultiver notre neuroplasticité :

– s’exposer progressivement à ce qui déclenche notre anxiété, afin de se sentir à l’aise et détendu quand une situation similaire se reproduira. C’est le traitement par exposition utilisé en thérapie comportementale et cognitive. Cela peut sembler contre-intuitif car éviter ce qui nous fait peur nous apparaît souvent plus confortable. Mais cet évitement ne peut être vivable sur le long terme d’après le psychologue David A. Carbonell, auteur de Le Pire n’est pas toujours à venir ! (Hugo&doc) « Éviter ses inquiétudes, c’est les prendre au sérieux et rajouter de l’angoisse à l’anxiété. Fuir l’objet de notre inquiétude est intenable car il mène à en avoir de plus en plus peur. »

– faire de nouveaux apprentissages pour stimuler de nouvelles zones de son cerveau. « La plasticité cérébrale est une des forces majeures de notre cerveau. Bien sûr, elle est beaucoup plus importante chez l’enfant, mais à tout âge, notre cerveau est capable de se modifier pour faciliter les apprentissages. C’est une capacité qu’il faut cultiver par la curiosité d’esprit. L’idéal pour maintenir un « tonus cérébral » optimal est d’apprendre quelque chose, même très simple, tous les jours à chaque âge de la vie. » détaille Christian Marendaz, professeur émérite de neuropsychologie cognitive et auteur de Peut-on manipuler notre cerveau ? (Les + grandes pommes du savoir).

4. Mieux utiliser notre structure cérébrale améliore notre moral

Décryptage

Lorsque nous imaginons nos hémisphères cérébraux, nous pensons bien souvent à la théorie du cerveau gauche – celui de la logique – et du cerveau droit – celui des émotions. Si cette distinction nette est aujourd’hui reconnue comme erronée, nos aires cérébrales ont bien des fonctions distinctes mais coopèrent en permanence. « Bien que les deux hémisphères présentent une asymétrie fonctionnelle, la culture populaire a trop extrapolé sur certaines de leurs fonctions. En réalité, ils doivent collaborer pour assurer pleinement leurs rôles. L’hémisphère droit permet la perception d’une situation dans sa globalité et le début de l’apprentissage ; le gauche, lui, se charge des tâches répétitives et s’active une fois l’information apprise », explique John Arden. Face à un état émotionnel anxieux ou déprimé, notre hémisphère droit est activé or celui-ci n’est d’aucune utilité pour sortir de cette situation. Non seulement, il est inefficace pour résoudre le problème à l’origine de notre trouble, mais pire, son activation entretient l’état émotionnel négatif que nous ressentons.

En pratique

Il faut alors faire appel à notre hémisphère gauche en arrêtant de percevoir nos soucis de façon globale comme le préconise Tim Cantopher, psychiatre et auteur de La Dépression en sortir par le haut (Leduc.s editions). « Pour résoudre un problème stressant ou angoissant, décomposez-le en série de problèmes plus petits. L’objectif est d’avoir une série de soucis plus faciles à gérer. Vous pouvez alors les examiner un par un et réfléchir à ce que vous pourriez faire pour les résoudre. Plus vous arriverez à régler ces problèmes « secondaires », plus votre moral s’améliorera et plus vous aurez l’impression, satisfaisante, d’avoir repris le contrôle des choses. »

5. Notre « super cerveau » permet de vaincre l’angoisse

Décryptage

Lorsque nous sommes submergés par les émotions, nous avons tendance à ne plus agir de façon rationnelle. S’il est évidemment impossible de ne rien ressentir face à un traumatisme ou un trouble psychique, surmonter cette épreuve ne peut s’envisager sans faire appel à notre raison et à son siège cérébral : le cortex préfrontal. « Sans lui, aucune civilisation n’existerait, nous serions tous entièrement et non partiellement soumis à nos émotions, précise John Arden. Toute démarche psychothérapeutique efficace ou résiliente passe par lui. » Si profiter d’échanges sociaux positifs permet d’assurer la santé de son cortex, le psychologue indique qu’exercer sa raison en réfléchissant à ce que nous ressentons constitue également une démarche efficace pour ne plus se laisser envahir par l’angoisse.

En pratique

« Grâce à une réflexion sur soi régulière, nous pouvons entraîner notre cortex à neutraliser une anxiété irrationnelle occasionnée par la partie la plus « primitive » de notre cerveau ». L’idéal est alors de prendre chaque jour, 5 minutes au cours de sa journée, pour faire le point sur sa météo intérieure et de s’interroger sur l’origine de nos différents ressentis : si j’éprouve de la colère ou de la tristesse, d’où vient-elle ? Par quoi est-elle provoquée ? Puis-je agir pour l’apaiser ?

6. Abandonner ses mauvaises habitudes n’est pas si difficile

Décryptage

Nous vivons trop souvent en mode « pilotage automatique », guidés par nos habitudes, ce qui peut nous conduire à un état de lassitude et une impression de ne plus contrôler notre vie. Dans certains cas, nos habitudes peuvent même devenir perturbantes, comme dans le cas des troubles obsessionnels compulsifs (TOC). « De nombreux patients disent qu’ils ne prennent plaisir qu’à un nombre limité d’activités car il se sentent “bloqués” dans leurs mauvaises habitudes en raison de limitations qu’ils estiment imprimées dans leur cerveau. » Or nous sommes dotés de toutes les ressources cérébrales pour modifier notre façon d’agir au quotidien, avec un peu d’effort.

En pratique

Avoir le sentiment de reprendre sa vie en main est une étape importante de la reconstruction de soi. « Pour ce faire, il faut activer notre cortex préfrontal par la décision d’agir autrement, indique John Arden. L’idée est de faire “comme si” nos nouvelles activités étaient plaisantes. Car nous savons tous que sortir de nos petites habitudes pour aller faire du sport, consulter un thérapeute, ou rééquilibrer son alimentation, peut être désagréable au début. Mais à mesure que les comportements nouveaux, sains et agréables, s’installeront dans le circuit cérébral des habitudes, ces derniers se déclencheront plus facilement. »

 

Lucien Fauvernier

Source : psychologies.com

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  • djouaher
    17 mai 2017, 23 h 04 min

    je pense que je risque de vous oublier et meme plus de 16 ans de ma vie,et bizarement ce la c est produit un jours de paques chrétienne,c était vécu comme une mort dans mon sommeil,comme un paradis,tout me disait qui j était,me je ne l ai pas accepter,et plus que je m en défendait plus j allait vers l enfer,et je suis meme partis volontairement vers l enfer à l encontre de dieu partie défendre tout les damnés,j ai combattu tout ceux qui se trouvaient sur mon chemin prophètes et bien plus ,jusqu à que j ai entendu l appel de mon frère comme si sa voix venait de loin,j ai pensé à ma famille et entre dieu et ma famille,le choix était fait,et la j est tout fait pour faire demi tour mais à chaque fois que je perdais le fil d ariane je repartais et dès que je me rendais compte que j avais fait de mi tour,je m éforçait à rerentrer aux près des miens et je n arrivais plus à rentrer,car partagé comme si ma boussole changeait tout le temps de sens,enfin tout me disait que j etait un prophète mais je le refusait,je ressentait dieu trés proche de moi à chaque bonne décision je ressentait comme un frisson de soulagement qui me liberait et m allégeait l esprit et le corps,et quand je m imposais comme si il me chargeait de sa colére,mais malgré cela je m imposait quand mème entre plumes et marteau j endurcissait ma volonté,c est ce qu il aimait en moi,j entandais des voix invisibles égaratrices ou bienfaisantes,on me poussait à bout,je l ai suivaient pour les étudier,certaines voulaient me tuer ou me perdre ,d autres pour me ramener à la raison,enfin un délire entre djins ,prophétes ,dieu ,moi, decédés bons et moins bons,enfin trop de détails pour que je puissent tout raconter,bref des délires de fous.bref tout cela m à nettoyé et structuré l esprit,un grand djihad,mais ça m a fait travaillé la tete dans tous les sens car malgré tous les rapports logiques que cela m a apporté il fallait y mettre du sens,donc une fois retiré tout l insensé,il n y resta que le sensé qui ne fait pas partie du spirituel mais de référents logiques qui mènent un sens logique contextuelle,apres rationnalisation de mon esprit et purification de tout reste psychologique naive qui vient de l inconscience mémorisé dans l enfance,car il en est impossible de s en debarrasser par les voies classiques sans avoir fait un tour dans son inconscience car cela nous desoriente toute notre vie.il à fallut que je pousse mon intelligence ne plus rien croire met en classant dans le plus possible sans decider sans en etre totalement sure,enfin j ai laisser faire mon cerveau à faire ses combinaisons,jusqu a que tout s y colle tout en poussant vers un rapprochement de celui que j etait avant de perdre la tete,et je pense que j ai meme depasser malgré qu il me reste un peu de cet esprit qui me relie à tout les prophétes et de leurs mentalités,et je pense aussi dès lors que je redeviendrai ce lui que je serais j oublirais ces années vécues et je ressussiterait de ce royaumes des morts,pour revir avec les vivants en me demandant ou ie suis car tout veut se remboiter L’entrée des Enfers, fermée par une lourde porte en airain, est gardée par Cerbère, le chien à trois têtes, qui empêche les vivants d’entrer aux Enfers et aux morts d’en ressortir. Le dieu de la mort Thanatos se tient souvent à côté de la porte également. Une fois l’entrée passée, on arrive dans le royaume souterrain qui est divisé en quatre régions, dont les fleuves le séparent du monde des vivants. Viennent en dernier les Champs Elysée qui sont le séjour des bonnes âmes. C’est un lieu à au printemps éternel, verdoyant avec des fleurs, des bois, des arbres fruitiers où l’on s’amuse et se détend en harmonie avec la nature et les autres. La région est entourée par le Léthée surnommé le fleuve de l’oubli. Les âmes voulant revenir dans le monde des vivants pour s’y réincarner doivent venir y boire, afin d’oublier tout ce qu’elles ont vécu et vu aux Enfers. Cependant, quelques vagues images leurs restent dans leur mémoire.

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