L’islam expliqué aux musulmans

L’islam expliqué aux musulmans

Je me mets à la place d’un étranger qui passerait par hasard sur la terre de mes ancêtres et je me demande ce qu’il penserait de nos pratiques sociales et religieuses. Je ne sais pas si ça lui donnerait envie d’en savoir plus sur notre culture, ou au contraire, il préférerait rester enfermé dans sa chambre en attendant le prochain vol qui va le ramener chez lui en urgence.

L’Algérie est un pays qui renferme des richesses naturelles inestimables. De tous les pays touristiques que j’ai eus le plaisir de visiter tout au long de ma carrière, je n’en ai pas vu un qui offre autant de contrastes féeriques que le notre.

Je suis convaincu que notre patrimoine culturel est assez riche pour attiser la curiosité des visiteurs. Je n’ai aucun doute sur la capacité des Algériens à charmer les rares touristes qui osent s’aventurer dans notre pays, tant qu’ils n’ont pas affaire à ces musulmans d’un nouveau genre qui pratiquent un islam 2.0 dont on ne connaît ni l’origine, ni le dessein qui reste encore obscur.

Un islam qui ne reflète en rien les valeurs fondamentales enseignées par notre prophète

Avant de parler du développement d’une industrie touristique, il faudrait commencer par faire le ménage dans nos têtes et autour de nous. La religion doit redevenir une question d’ordre personnel et les prédicateurs autoproclamés devraient être enfermés, en urgence, pour le bien-être de la société algérienne.

Le temps où la barbe et le qamis étaient des signes fiables de virtuosité est révolu. C’est devenu un déguisement passe partout qui procure une certaine crédibilité, de façade, à des gens qui n’ont de religieux que le nom, ila men rahima rabbi.

Ces lugubres personnages qui envahissent nos rues ne reflètent en rien les valeurs enseignées par notre prophète. Ils trouvent leur inspiration dans les fetwas importées d’ailleurs via des chaînes étrangères et ils pensent que la providence les a désignés pour montrer aux autres le chemin qui mène vers la lumière.

J’espère que les touristes qui viendront admirer la beauté de notre pays ne feront pas la rencontre de l’un de ces personnages qui polluent notre quotidien par leurs prêches sans fondements. Il faut avouer qu’ils ne sont pas assez nombreux pour constituer une menace sérieuse à l’ordre public, mais il y’en a assez pour vous gâcher la journée.

La plupart d’entre eux vivent des troubles psychologiques

Dans leur délire schizophrénique, ils pensent être les seuls à avoir été guidés sur le bon chemin par Dieu. Tous les autres sont des brebis égarées sur les sentiers de Satan, et leur mission sur terre c’est de nous sauver des flammes de l’enfer, avant l’apparition des grands signes annonceurs de l’apocalypse.

La plupart d’entre eux vivent une crise identitaire et ils trouvent refuge au sein de groupuscules extrémistes qui leur offrent un sentiment d’appartenance qu’ils ont du mal à trouver dans une société qui les dépassent sur tous les plans.

Une société qui évolue tellement vite qu’ils n’arrivent pas à trouver leur place. Échec après échec, ils se replient sur eux-mêmes. Ils battent en retraite et font croire à leur entourage qu’ils ont opté pour el akhira sous prétexte que la vie n’a pas de valeur.

En réalité, ils n’ont pas réussi à se faire une place dans la société et c’est uniquement pour cette raison que la plupart d’entre eux choisissent de se marginaliser.

Chaque acte que fait l’être humain, il le fait pour lui-même, pas pour Dieu

عن أبي هُرَيْرَةَ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ يَقُولُ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَ اللَّهُ

« كُلُّ عَمَلِ ابْنِ آدَمَ لَهُ إِلَّا الصِّيَامَ فَإِنَّهُ لِي وَأَنَا أَجْزِي بِهِ »

Est-ce que vous pensez sérieusement que Dieu a besoin de nos cinq prières ou de notre zakat pour se sentir mieux ? Il nous a créé, il nous a donné un cerveau et il sait comment on fonctionne. Il a établi des règles pour notre propre bien-être, par pour le sien.

Même le jeûne qui a l’air d’être exclu de ces actes que nous faisons pour nous-mêmes est souligné avec vigueur car il a un impact positif sur notre santé. Je n’ai jamais vu, ni entendu personne se demander pourquoi cette pratique serait aussi importante pour Dieu, ni ce qu’elle changerait pour lui si on le faisait ou pas.

Les religions sont venues mettre de l’ordre dans la vie des êtres humains pour leur permettre de s’épanouir et de vivre en harmonie. Le plus grand péché est de croire que notre pratique religieuse apporterait un quelconque bénéfice à notre créateur.

La science le confirme 

Chaque acte religieux que nous accomplissons favorise notre épanouissement. La prière par exemple améliore considérablement nos capacités psychiques.

« les plus grands chercheurs en sciences du cerveau – dont le biologiste Phillip Sharp, prix Nobel de physiologie et médecine en 1993 – qui se sont réunis, dans le cadre du colloque Investigating the Mind (Explorer l’esprit) ont livré les résultats des études sur la méditation menées, depuis plusieurs années, avec des moines bouddhistes dans des laboratoires universitaires américains ».

Il s’agit peut-être de moines boudhistes, mais ce qui nous intéresse dans cette étude c’est leur capacité à contrôler leur esprit grâce à la méditation, quand elle est bien pratiquée. Ce qui est loin d’être le cas dans nos mosquées qui ont quasiment perdu leur vocation spirituelle. Elle se sont transformées en dortoirs et en refuges à tous les recalés de la société.

Les premières expériences datent du début des années 1960. Effectuées avec des « méditants » occidentaux « ordinaires », elles portaient essentiellement sur l’effet de la méditation sur la santé. « Les trente années de recherches qui ont suivi ont montré que la méditation était un merveilleux antidote au stress », explique Daniel Goleman, directeur du groupement de recherches sur l’intelligence émotionnelle de l’université Rutgers, aux Etats-Unis. « Les nouvelles études intéressent particulièrement les neurophysiologistes, puisqu’elles montrent que la méditation, véritable entraînement mental, est capable de déprogrammer des réflexes innés. »

La prière nous permet de prendre le contrôle sur notre esprit, de développer notre sens de l’écoute, de maîtriser nos peurs, nos angoisses, et surtout notre stress, qui est à l’origine de plusieurs maladies.

C’est aussi l’un des meilleurs moyens pour fixer nos objectifs de vie. Quand la prière est faite avec conviction, les demandes adressées à Dieu se glissent dans notre inconscient et notre cerveau se met au travail pour nous donner les moyens de réaliser nos rêves.

Ce n’est pas un hasard si la prière du matin (el fedjr) est la plus importante. C’est le moment de la journée où le cerveau est le plus réceptif à nos requêtes. Les gens d’affaires les plus riches de la planète vous diront que c’est à la même heure qu’ils se réveillent pour adresser leurs demandes à l’univers.

Dieu n’est pas injuste. Il nous a parfaitement équipé et chacun de nous doit tracer son propre chemin.

Aider les autres, c’est s’aider soi-même

La zakat est le quatrième pilier de l’islam et les bienfaits des dons que nous offrons est aussi démontré. En donnant on s’aide soi-même avant tout. Quand on décide de se séparer d’une partie de sa fortune, durement gagnée, au profit des plus démunis, c’est un combat contre soi qu’on gagne. 

Personne n’aime donner le fruit d’un dur labeur. On est tous tentés de dire : « les pauvres n’ont qu’à travailler comme je le fais », mais la sensation qu’on éprouve pendant et après la donation procure un bien-être inexplicable.

Les enfants qui se montrent sociables, c’est-à-dire aimables et attentifs à autrui, sont non seulement plus appréciés que les autres, mais sont aussi meilleurs à l’école.

Une étude ( In Prosocial Behavior de Hans-Werner Bierhoff – Psychology Press, 2002). menée auprès d’enfants partageant des difficultés scolaires comparables a montré que ceux qui se portaient volontaires pour aider les autres à faire leurs devoirs amélioraient encore plus leurs résultats.

À niveau scolaire égal au départ, ceux qui se montrent aidants et sociables obtiennent de meilleures notes, deux années plus tard, que ceux qui n’ont travaillé que pour eux-mêmes. Meilleure estime de soi et image positive de l’école : ou comment aider les autres revient à s’aider soi-même…

Ceux qui font du bénévolat dans les associations caritatives, le font avant tout par amour de l’autre, mais ils en tirent aussi un bénéfice personnel non négligeable.

Plusieurs études le démontrent. (Patients with Alzheimer’s disease have reduced activities in midlife compared with healthy control-group members de R.P. Friedland et al., in Proceeding of the National Academy of Science – 2001). « Volunteer work and well-being » de P.A. Thoits et L.N. Hewitt, in Journal of Health and Social Behaviour (2001), les personnes ayant des activités bénévoles obtiennent en effet des scores supérieurs à la moyenne en termes d’évaluation du sentiment de bonheur, de la qualité de vie et de l’estime de soi. Moins dépressives, il semblerait qu’elles soient aussi moins touchées par la maladie d’Alzheimer, que leur état de santé général soit meilleur et leur mortalité plus faible.

Pour conclure, sachez que tout ce que nous faisons c’est pour notre bien-être, Dieu est assez grand pour se passer de notre dévotion. Ce qu’il faut retenir, c’est qu’il nous aime assez pour nous imposer des pratiques bénéfiques à notre épanouissement et on n’a ni besoin, ni le droit de les imposer à d’autres. Chacun est libre de pratiquer ou pas.

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Par Mohamed IDIR

Expert en développement humain & communication
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  • Yasmine
    24 juin 2016, 2 h 38 min

    Votre article a su illuminer mon errance spirituelle .Merci

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