La télévision nous rend-t-elle plus crédules ?

La télévision nous rend-t-elle plus crédules ?
santemagazine.fr

Des chercheurs autrichiens estiment que le fait de passer beaucoup de temps devant des films et des séries nous rendrait plus susceptibles de croire aux mythes et aux préjugés.

La peine de mort a été abolie en Autriche le 7 février 1968. La dernière exécution a eu lieu le 24 mars 1950. Pourtant, 11,6% des autrichiens interrogés à l’occasion d’une étude regroupant 322 volontaires sont convaincus que la peine de mort existe encore dans leur pays.

En cause, d’après les auteurs de ces travaux, le temps passé devant l’écran. Les séries et films américains qui passent à la télévision autrichienne en seraient responsables. Certaines personnes semblent ainsi avoir adopté le système judiciaire américain, où la peine capitale est encore exercée dans certains États.

Passer beaucoup d’heures devant la télévision aurait un effet sur la sensibilité aux mythes de tous les jours, indépendamment de l’âge, de l’éducation et du sexe des téléspectateurs.

Les chercheurs de l’université MedUni de Vienne ont publié les conclusions de leurs travaux dans la revue Death Studies. Ils expliquent avoir analysé les habitudes de 322 personnes en matière de télévision. Plus le temps passé devant l’écran était haut, plus la probabilité de croire que la peine de mort existait toujours en Autriche l’était aussi.

L’influence sur les principes sociétaux

D’autres recherches sur la façon dont la télévision modifie la perception de la réalité et l’attitude des téléspectateurs avaient observé une déformation de cette réalité.

Résultat : ceux qui passent un certain temps devant l’écran ont tendance à surestimer le nombre de personnes exerçant des métiers dont on parle souvent dans les films et les séries comme médecin, avocat ou policier. Mais ce qui ressort surtout de cette dernière étude est que le fait de regarder la télévision a une influence négative sur les principes sociétaux fondamentaux comme la peine de mort.

Les auteurs de l’étude travaillent actuellement pour essayer de comprendre si d’autres préjugés, mythes et sujets de désinformation concernant la santé pourraient être liés à un niveau élevé d’exposition aux médias.

 

Lamia Siffaoui
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