La résilience et la positivité

La résilience et la positivité

Certaines personnes semblent avoir la capacité de surmonter les situations les plus catastrophiques, alors que d’autres sont anéanties par la moindre contrariété.

Pour différencier ces deux types de réactions, des psys ont inventé le terme de « résilience », et nous apprennent comment la cultiver.

La résilience est une notion connue en physique depuis longtemps.

Elle correspond à « la caractéristique mécanique qui définit la résistance aux chocs des matériaux ».

En psy par contre, son usage est né il y a seulement une trentaine d’années aux Etats-Unis où l’on conservait, à travers ce terme, l’idée de la résistance aux chocs… mais psychologiques.

Aujourd’hui la résilience est un terme conventionnellement employé dans les sciences sociales signifiant globalement « la capacité à réussir, à vivre, à se développer positivement, de manière socialement acceptable, en dépit d’un stress ou d’une adversité qui comportent normalement le risque grave d’une issue négative ».

Mais, d’une manière plus officieuse et pour beaucoup de psys français, la résilience est devenue un concept beaucoup plus riche encore, jouant sur deux plans :

  → la capacité de résister à la destruction,

  → et la capacité de se construire, de créer une vie digne d’être vécue en dépit des circonstances adverses.

Trois cas typiques

D’après Friedrich Lösel, la résilience peut se manifester dans trois cas particuliers :

1/ Dans des situations où existe un risque important dû à une accumulation de stress et de tensions.

On cite à ce sujet le cas d’un garçonnet abandonné par sa mère, battu par son père, abandonné à l’Assistance publique et finissant en maison de correction… mais qui, résilient, réussit à s’en sortir et devint apiculteur, marié, père de famille et éducateur de personnes en difficulté.

2/ Lorsque la personne est capable de conserver des aptitudes dans le danger et de poursuivre une croissance harmonieuse.

L’exemple le plus typique est évidemment celui d’Anne Frank.

3/ Lorsqu’il y a guérison d’un ou de plusieurs traumatismes, et réussite par la suite.

Les cas de ce type, avec des enfances difficiles dans des contextes familiaux que l’on peut qualifier de véritables bouillons de culture névrotiques, sont nombreux.

Les uns traînent leurs névroses toute leur vie comme un boulet.

Les autres, résilients, parviennent à guérir.

Comment être résilient ?

Selon Boris Cyrulnik, la résilience se crée en fonction du tempérament du sujet, de la signification culturelle de sa blessure et du type de soutien social dont il dispose.

Pour Stefan Vanistendael, les facteurs de résilience reposent à la fois sur des réseaux d’aide sociale – comme la famille ou les amis – avec une acceptation inconditionnelle de la personne, sur la capacité spirituelle à trouver un sens à la vie, sur le sentiment de maîtriser son existence, sur l’amour propre et enfin sur un certain sens de l’humour.

Mais, selon cet auteur, la résilience n’est ni absolue ni stable.

Il faut donc la cultiver.

Pour aider les enseignants, psychologues, assistants sociaux et autres professionnels de la santé, à stimuler la résilience des enfants et des personnes qui leur sont confiés, Steven et Sybil Wolin, des spécialistes américains de la résilience, ont imaginé une sorte de Mandala des sept grandes résiliences, avec le « soi » au centre et comprenant à la périphérie :

  → la prise de conscience, c’est à dire la capacité à identifier les problèmes et leurs sources, et à chercher des solutions en harmonie avec les autres.

  → l’indépendance, basée sur la capacité d’établir des limites entre soi et les autres, de telle sorte que l’on puisse rompre les mauvaises relations et se distancer des manipulateurs.

  → les relations elles-mêmes, qui reposent sur la capacité de se choisir des partenaires en bonne santé mentale.

  → l’initiative, qui permet de se maîtriser et de maîtriser son environnement en prenant plaisir à des activités constructrices.

  → la créativité, dont l’objet consistera, en l’occurrence, autant à trouver refuge dans l’imaginaire qu’à exprimer ses émotions de manière positive.

  → l’humour, pour diminuer la tension intérieure et voir l’aspect comique de toute tragédie.

  → l’éthique, qui permet de guider l’action et de développer l’entraide et la compassion.

La connaissance de ces sept aspects fondamentaux de la résilience est à même d’apporter à chaque personne vivant ses drames et ses blessures de manière individuelle, une réponse adaptée à son cas, c’est à dire en fonction de son patrimoine génétique, des circonstances de sa petite enfance, des messages qu’elle a reçus, des attachements qu’elle a créés, de sa manière d’entrer en contact avec les autres, de sa santé, de son intelligence, de sa culture, de sa spiritualité, etc.

Mais si l’adulte peut tirer profit de ces enseignements, c’est naturellement surtout à l’enfant, encore à construire, qu’ils s’adressent.

Favoriser la résilience chez l’enfant

C’est évidemment dans l’enfance, voire dans la petite enfance, que se forme l’essentiel des ressources qui permettront, plus tard, la résilience.

Il va sans dire qu’un enfant né avec une bonne hérédité dans une famille en bonne santé aura plus de chances, au départ, qu’un enfant issu d’une famille de drogués violents.

Mais, au-delà de ces considérations touchant à la santé physique, il ne faut pas oublier que l’enfant baigne dans un environnement de messages qui vont, à eux seuls, déterminer un véritable scénario de vie, bien souvent passablement négatif, dont il aura, par la suite, beaucoup de mal à se défaire.

Toutes sortes d’injonctions, comme « ne m’ennuie pas » ou « laisse ta sœur tranquille », des attributions comme « tu es nul » ou « tu es maladroit », ou encore des bribes de conversations du type « il nous donne bien du souci », constamment répétées tout au long de la si longue enfance, construisent un scénario de vie négatif dont l’individu ne pourra plus s’échapper, même en face d’un événement particulièrement traumatisant comme la séparation de ses parents, une agression sexuelle ou des drames de guerre…

Fort heureusement, si l’on peut fabriquer des scénarios négatifs, il est également possible de favoriser la résilience de l’enfant par des contre-scénarios beaucoup plus positifs, comme « sois parfait », « sois fort », « fais des efforts », « fais plaisir » ou « dépêche-toi ».

Ces cinq messages types, induisant des comportements basés sur la recherche de perfection, le désir de se débrouiller seul, ou sur celui de faire plaisir à l’entourage, se retrouvent en effet souvent mis en œuvre par les enfants résilients.

Bien sûr, l’enfant est également très influencé par la culture dans laquelle il est élevé, par la religion, la présence ou l’absence d’adultes compétents et le niveau économique de la famille.

Mais dans le domaine de ce qui peut lui être appris, indépendamment des conditions sur lesquelles cette famille n’a pas de prise, il demeure évident que certains comportements positifs peuvent être privilégiés.

L’attitude des adultes

Favoriser la résilience chez l’enfant, c’est lui permettre de développer des capacités :

  → de communication,

  → d’humour,

  → d’autonomie,

  → de résolution des problèmes,

  → de prise de conscience des réalités,

  → de développement spirituel,

  → et de croyance en un futur positif.

Pour cela, les spécialistes s’accordent à dire que trois groupes de facteurs protecteurs sont indispensables :

1/ Tout d’abord, il est évidemment nécessaire qu’il y ait au moins une personne, dans la famille ou, à défaut, à l’école, qui soit concernée par le bien-être de l’enfant.

2/ Il est d’autre part impératif que cette ou ces personnes aient des attentes importantes et positives vis à vis de l’enfant.

Chez un enfant qui croit qu’on le prend pour un idiot, la résilience chute gravement.

Il faut, au contraire, lui faire comprendre qu’on attend beaucoup de lui car il a beaucoup de capacités.

3/ Enfin, il est également important de donner à l’enfant un maximum d’occasions de participation.

S’il reste simple consommateur des aides qu’on lui dispense, nul doute qu’il aura bien du mal à devenir résilient.

Par contre, en lui enseignant comment devenir acteur de sa propre vie, il pourra non seulement s’aider lui-même en cas de besoin, mais aussi aider les autres.

Et cela, c’est le sommet de la résilience !

Source : reponsesbio.com

Manel DRARENI
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