Hyperactivité : les médicaments sont-ils efficaces ?

Hyperactivité : les médicaments sont-ils efficaces ?
Photo tilekol.org

La prévalence d’enfants diagnostiqués avec un TDA/H (Trouble Déficitaire de l’Attention avec ou sans hyperactivité) ne cesse de grimper, au point d’atteindre une augmentation de 66% des diagnostics en 10 ans.

70% des jeunes sujets se voient administrer un traitement pharmacologique. Nombre de laboratoires en sociologie, psychologie et médecine, à travers le monde, sont préoccupés par cette explosion de diagnostics et de traitements.

Parmi les causes les plus souvent invoquées, nous retrouvons l’éternelle pression économique de l’industrie pharmaceutique, le choix de critères diagnostics plus souples, ainsi que la diffusion croissante de l’information sur la toile (plus le diagnostic est connu des familles, plus il y a d’enfants susceptibles d’être diagnostiqués).

Une question continue d’animer le cercle des spécialistes : le méthylphénidate, molécule administrée aux enfants avec un TDA/H (connu sous le nom de Ritaline®, entre autres) est-il réellement efficace ?

Deux chercheuses du « Centre pour la Santé et le Bien-être » de l’Université de Princeton ont répondu à la première question, dans le cadre d’une étude cocassement baptisée « Sex, drugs, and ADHD ». Celles-ci ont épluché les données de 145 264 enfants diagnostiqués avec un TDA/H, s’étalant sur une période de 10 ans, entre 2003 et 2013.

Elles ont comparé les parcours des enfants traités avec ceux des enfants non traités. Les auteurs se veulent encourageants : selon les résultats, l’administration d’un traitement pharmacologique diminuerait la probabilité de présenter des comportements sexuels à risque, au point de réduire de 3.6% le risque d’attraper une IST (Infection Sexuellement Transmissible). De plus, le traitement réduirait le risque de consommation de drogues de 7.3% et celui de blessures de 2.3%, soit une économie annuelle de 88.4 $ par patient.

Bien que ces résultats soient statistiquement significatifs, il est tout de même prudent de les relativiser, tant ces pourcentages demeurent parfois peu élevés. Rappelons, de plus, que nous ignorons toujours les éventuels effets à long terme de l’administration d’un tel traitement médicamenteux sur la santé des jeunes patients ! Autant d’arguments à prendre en compte dans l’évaluation de la balance des bénéfices-risques liée au méthylphénidate.

Anna Chorniy and Leah Kitashima (2016). Sex, drugs, and ADHD: The effects of ADHD pharmacological treatment on teens’ risky behaviors. Labour Economics. Available online :http://www.princeton.edu/~achorniy/research/papers/ChorniyKitashima_ADHD_health2016.pdf
Héloïse Junier

Source: le-cercle-psy.sicenceshumaines.com

Lamia Siffaoui
ADMINISTRATOR
PROFILE

Voir aussi

Laisser un commentaire

Votre adresse électronique ne sera pas publiée. Les champs Exigés sont marqués avec *

Cancel reply