Six ans de conflit en Syrie en dix dates

Six ans de conflit en Syrie en dix dates
photo : lepeuple.be

De la répression sanglante par le régime de Bachar al-Assad de manifestations pro-démocratie, point de départ de la guerre, à l’intervention de puissances internationales, rappel des dix étapes-clés du conflit en Syrie.

En six ans, cette guerre complexe a fait plus de 320.000 morts et forcé plus de la moitié des 22 millions de Syriens à quitter leur foyer.

Révolte et répression

Le 15 mars 2011, dans le sillage du Printemps arabe, un mouvement de protestation éclate en Syrie, pays gouverné d’une main de fer depuis 40 ans par la famille Assad. Bachar, le fils, a succédé en 2000 à son père Hafez.

Après un appel pour « une Syrie sans tyrannie », de petites manifestations ont lieu à Damas avant d’être violemment dispersées.

Damas, mars 2011. Crédit: AFP.

Mais c’est à Deraa (sud) que le mouvement prend de l’ampleur. Des citoyens protestent contre l’arrestation d’élèves soupçonnés d’avoir écrit des slogans antirégime sur les murs, et les actes de torture qu’ils ont subis. Au moins 100 personnes (selon des témoins et militants) sont tuées dans la répression des manifestations.

La contestation se radicalise, avec des appels à la chute du régime.

En juillet, un colonel réfugié en Turquie annonce la création de l’Armée syrienne libre (ASL), composée de civils ayant pris les armes et de déserteurs. Des groupes à tendance islamiste se joignent à la rébellion.

L’aviation, atout du régime

Le 1er mars 2012 à Homs (centre), l’armée reprend le contrôle du quartier rebelle de Baba Amr après un mois de siège. D’autres opérations sanglantes avaient été menées, notamment à Hama (centre), après d’immenses manifestations antirégime.

AFP

Le 17 juillet 2012, l’ASL lance la bataille de Damas. Le gouvernement garde le contrôle de la capitale, mais des zones de sa banlieue passent sous contrôle rebelle.

A partir de 2013, des hélicoptères et des avions du régime larguent régulièrement des barils d’explosifs sur les secteurs rebelles.

Le Hezbollah entre en jeu

Dès avril 2013, le Hezbollah libanais, allié de l’Iran, reconnaît l’engagement de ses combattants aux côtés du régime. L’Iran chiite est lui le principal allié régional de M. Assad, qui appartient à la minorité alaouite, une branche du chiisme.

Attaque chimique en 2013

Le 21 août 2013, attaque contre deux zones rebelles près de Damas. Le régime est accusé d’avoir utilisé du gaz sarin. Bilan: 1.400 morts, selon Washington.

Un homme équipé d’un masque à gaz et un jeune garçon courent dans une rue d’Alep, dans le nord de la Syrie, en mars 2013 [Bulent Kilic / AFP/Archives]

 

En septembre, un accord russo-américain sur le démantèlement de l’arsenal chimique syrien écarte in extremis la menace de frappes américaines.

AFP/Archives / ALEXANDER NEMENOV

Jihadistes

En 2014, le groupe Etat islamique (EI) s’empare de vastes régions du Nord. Raqa devient sa place forte.

 

Frappes anti-EI

En septembre 2014, une coalition internationale dirigée par les Etats-Unis lance des frappes contre l’EI en Syrie.

Les Kurdes de Syrie, qui avaient dès 2013 établi une administration autonome dans des zones du Nord, prennent avec l’appui de la coalition, des régions clés à l’EI, dont Kobané, en 2015.

huffpost

Moscou au secours d’Assad

Le 30 septembre 2015, la Russie entame une campagne de frappes aériennes, affirmant viser des groupes « terroristes ». Ces frappes aident le régime, alors en difficulté, à reprendre du terrain.

 

Intervention turque

Le 24 août 2016, la Turquie lance une opération dans la province d’Alep (nord) contre deux groupes qu’elle considère comme « terroristes »: l’EI et les combattants des Unités de protection du peuple kurde, alliées de Washington dans la lutte anti-EI. Elle annonce sa fin le 30 mars 2017.

Reprise d’Alep

Le 22 décembre 2016, après un siège asphyxiant des quartiers rebelles d’Alep et une offensive dévastatrice, le régime reprend le contrôle total de la deuxième ville du pays.

Le 30 décembre 2016, un cessez-le-feu entre en vigueur, en vertu d’un accord russo-turc, sans les Etats-Unis. Il est constamment violé.

Première frappe américaine

Le 4 avril 2017, au moins 87 civils sont tués, dont 31 enfants dans une attaque chimique présumée sur la ville rebelle de Khan Cheikhoun (province d’Idleb, nord-ouest), imputée au régime.

 

Le 7 avril, les Etats-Unis frappent la base de l’armée d’Al-Chaayrate (centre), la première action militaire américaine contre le régime en six ans de guerre.

Une photographie fournie par la marine américaine montrant un missile envoyé depuis un destroyer, le 7 avril 2017

AFP

Karim Arhab
CONTRIBUTOR
PROFILE

Voir aussi

Laisser un commentaire

Votre adresse électronique ne sera pas publiée. Les champs Exigés sont marqués avec *

Cancel reply