Présidentielle au Congo: Félix Tshisekedi proclamé vainqueur

Présidentielle au Congo: Félix Tshisekedi proclamé vainqueur
Le candidat de l'opposition Félix Tshisekedi PHOTO BAZ RATNER, ARCHIVES REUTERS

Associated Press
Kinshasa, République démocratique du Congo

La commission électorale en République démocratique du Congo (RDC) a déclaré que le candidat de l’opposition Félix Tshisekedi avait remporté l’élection présidentielle.

Des partisans du candidat de l'opposition Félix Tshisekedi,... (Photo Jerome Delay, AP) - image 1.0

Des partisans du candidat de l’opposition Félix Tshisekedi, proclamé vainqueur, à Kinshasa, en République démocratique du Congo

PHOTO JEROME DELAY, AP

Après l’annonce au petit matin jeudi, en RDC, bon nombre de Congolais dansaient et exprimaient leur satisfaction devant les bureaux de la commission.

M. Tshisekedi, qui a recueilli plus de 7 millions de voix, n’était pas perçu comme un favori pour l’emporter au scrutin. Certains observateurs ont laissé entendre que le gouvernement du président, Joseph Kabila, cherchait à conclure un accord, alors que les espoirs de victoire du candidat du parti au pouvoir, Emmanuel Ramazani Shadary, s’amenuisaient. M. Shadary a obtenu plus de 4 millions de voix, selon la commission électorale.

On ignore pour l’instant si le candidat de l’opposition Martin Fayulu, qui menait dans les sondages et avait mis en garde contre toute manipulation, contestera les résultats. La cour constitutionnelle a 14 jours pour les valider. M. Fayulu aurait recueilli plus de 6 millions de voix.

Félix Tshisekedi, fils encore méconnu de l’icône de l’opposition, le regretté Étienne Tshisekedi, a réussi ce que son père souhaitait depuis des décennies.

Ces résultats longuement reportés surviennent à la suite de pressions internationales pour un résultat reflétant la volonté de la population. Des observateurs électoraux ont signalé de nombreuses irrégularités.

Kabila régnait depuis 2001 dans le pays troublé, riche en minéraux essentiels aux téléphones intelligents du monde entier. Il pourrait s’agir du premier transfert de pouvoir démocratique et pacifique de la RDC depuis l’indépendance en 1960.

Des policiers antiémeute armés de canons à eau et des véhicules blindés encerclaient mercredi les bureaux de la commission électorale de la RDC, dans l’attente de résultats de l’élection présidentielle.

Des groupes de l’opposition avaient appelé les citoyens à se préparer à « descendre massivement dans la rue » si les résultats ne correspondaient pas à « la vérité des urnes ».

Les résultats préliminaires des élections du 30 décembre étaient attendus dimanche, mais la commission avait retardé indéfiniment l’annonce, ce qui avait alimenté la suspicion de nombreux Congolais. Certains estimaient que ce report laissait croire à une manipulation en faveur du parti au pouvoir.

Le président sortant, Joseph Kabila, soutenait le candidat du parti au pouvoir, Emmanuel Ramazani Shadary, un ancien ministre de l’Intérieur condamné par l’Union européenne pour sa répression contre les manifestants ayant dénoncé le retard dans les élections, qui devaient avoir lieu il y a deux ans.

Le gouvernement a coupé le service internet dans tout le pays au lendemain des élections pour empêcher toute spéculation sur le vainqueur, et a aussi bloqué certaines stations de radio.

Sabrina Lallemand
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