Maria est devenu un ouragan «extrêmement dangereux»

Maria est devenu un ouragan «extrêmement dangereux»
Une militaire de la US Army transporte le drapeau d'une unité médicale, lors d'évacuations à Charlotte-Amélie, capitale des Îles Vierges américaines. PHOTO REUTERS

Les Caraïbes, ravagées par Irma il y a une dizaine de jours, étaient en état d’alerte lundi face à l’arrivée imminente de Maria, qui a encore gagné en puissance et était considéré comme «extrêmement dangereux».

Maria s’est renforcé en catégorie 4, sur une échelle qui en compte 5, ce qui en fait maintenant un «ouragan majeur», a annoncé le Centre national des ouragans (NHC) américain.

«L’oeil et le coeur de l’ouragan devraient passer près de la Dominique dans les toutes prochaines heures», a précisé le NHC dans son bulletin prévisionnel de 17h00.

Avec des vents soufflant jusqu’à 215 km/h, l’ouragan, qui n’était plus qu’à 55 kilomètres au nord-est de l’île française de la Martinique à 17h00, s’est renforcé rapidement : le NHC ne le classait qu’en catégorie 2 quelques heures plus tôt.

Les autorités françaises de la région ont ordonné l’évacuation des zones à risque.

«J’ai des bougies, des lampes et à manger. J’ai des légumes en boîte et du gaz. S’il n’y a plus d’électricité, ça ira. Les fenêtres sont fermées, tout est cloué déjà», a témoigné Anne-Marie, 84 ans, habitante de Rivière-Salée, au sud de la Martinique, prête à l’arrivée du cyclone.

La Martinique est passée lundi en alerte «violette» cyclonique, le plus haut niveau, qui entraîne le confinement de la population.

Outre la Martinique, Maria qui progresse à 17km/h dans la direction ouest-nord-ouest, selon le NHC, menace une autre île française des Antilles, la Guadeloupe, ainsi que Saint Kitts and Nevis, Montserrat (Royaume-Uni), et la Dominique, île anglophone indépendante.

La Guadeloupe a été passée en alerte rouge cyclonique, et des alertes ouragan ont également été déclenchées à Sainte-Lucie et dans les îles Vierges britanniques et américaines.

«Les cyclones, ça fait toujours un peu peur, même si, quand on a connu Hugo (ouragan qui avait fait plus d’une dizaine de morts et 30 000 sinistrés en Guadeloupe en 1989), rien ne peut être pire», a souligné Eric, la quarantaine, habitant de Gosier, en Guadeloupe.

Ce père de famille a «fait des réserves d’eau», parce qu’il a «des enfants en bas âge», et va «contreplaquer» sa maison avant l’ouragan.

Elodie Corté, 37 ans, s’apprêtait elle à «mettre du scotch sur les vitres, ranger la terrasse»

«Couvrir les maisons»

L’oeil du cyclone devait passer à proximité de l’île de la Dominique au cours des prochaines heures, selon le NHC.

Il devrait également passer au sud des côtes de Saint-Martin et Saint-Barthélemy, ravagées le 6 septembre par l’ouragan Irma de catégorie 5, selon le ministère néerlandais de la Défense. Les deux îles devraient passer en vigilance rouge à 19h00, selon les autorités françaises, qui se préparent pour «l’hypothèse la plus pessimiste».

Onze personnes sont mortes à Saint-Martin côté français lors du passage d’Irma, quatre côté néerlandais.

La Croix-Rouge a acheminé dimanche 11 tonnes d’aide, dont des matériaux «pour couvrir les maisons et réparer des toits», à Sint Maarten, la partie néerlandaise de l’île, dont le port a été fermé «jusqu’à vendredi», selon la Marine des Pays-Bas.

Des soldats sont aussi «en route pour les îles de Saba et de Saint-Eustache», qui font partie du royaume des Pays-Bas, a tweeté la Marine néerlandaise lundi.

Saba et Saint-Eustache ont subi moins de dégâts que Saint-Martin. Néanmoins Irma y a arraché de nombreux toits, faisant de nombreux sans-abri.

Renforts

En France, le ministre de l’Intérieur Gérard Collomb a annoncé dimanche l’envoi de 110 militaires de la protection civile en Guadeloupe, et rappelé qu’«environ 3000» renforts se trouvaient déjà sur place. «Jusqu’à 400 à 500 personnes» pourraient être envoyées en renfort si besoin.

«Nous aurons des difficultés importantes», a-t-il reconnu, la Guadeloupe étant «le centre logistique» permettant d’alimenter Saint-Martin et d’organiser les rotations aériennes et les approvisionnements.

Les Britanniques ont également annoncé des renforts pour les îles Vierges : «Nous avons déployé 40 personnels supplémentaires en soutien, 37 personnels humanitaires, et plus de 1300 militaires sont sur les îles et seront prêts à aider pour les tâches prioritaires quand Maria sera passé», a indiqué un porte-parole du ministère de la Défense.

Les gouvernements français, néerlandais et britannique ont été critiqué pour ne pas avoir déployé plus de moyens avant et après le passage de l’ouragan Irma qui a dévasté leurs territoires d’outre-mer.

Ils sont notamment accusés d’avoir tardé à envoyer secours et renforts policiers sur les îles, plongées dans le chaos et parfois livrées aux pillages après le passage de l’ouragan, qui a fait une quarantaine de morts dans les Caraïbes.

AMANDINE ASCENSIOJEAN-PHILIPPE LUDON
AFP

S.K
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