Le Yémen menacé de famine, l’ONU appelle à préserver le port d’Hodeida

 

Les Nations unies ont demandé mercredi aux différentes parties du conflit yéménite de préserver le port d’Hodeidah après les frappes aériennes menées par la coalition arabe, sur la mer Rouge ayant fait 13 morts, et ce afin qu’il continue de permettre d’approvisionner une population menacée par la famine.

La coalition arabe anti-terroriste a lancé mercredi des frappes aériennes sur des positions rebelles dans les localités de Taef et Nakhlia, à environ 10 km au sud de Hodeida, le principal port du Yémen contrôlé par les insurgés, sur la mer Rouge faisant la mort de 13 rebelles, ont rapporté des sources militaires et médicales, suscitant l’inquiétude de l’ONU quant à « l’escalade militaire » sur la côte occidentale du Yémen.

Par ce fait, l’équipe humanitaire sur place a appelé « toutes les parties » à assurer « la poursuite du fonctionnement du port de Hodeidah » par où transite près de 80% des importations dont la population a grandement besoin, a indiqué un communiqué.

L’ONU estime à sept millions le nombre de personnes faisant face à un grave risque de famine et a appelé à des dons de 2,1 milliards de dollars pour l’aide humanitaire.

Le gouvernement du président Abd Rabbo Mansour Hadi n’a cessé de répéter que Hodeidah est le principal objectif des opérations militaires à venir, affirmant qu’une reconquête de cette ville portuaire permettrait de mettre fin à l’approvisionnement des rebelles en armes.

Mais les organisations humanitaires s’inquiètent d’une opération militaire d’envergure dans cette ville, qui perturberait l’arrivée de l’aide humanitaire.

« L’escalade militaire au Yémen notamment la militarisation de vastes territoires sur la côte occidentale et les obstacles de plus en plus nombreux à l’accès humanitaire qui en découlent constituent de graves préoccupations pour la communauté humanitaire », ont déclaré dans un communiqué les services du coordinateur humanitaire au Yémen.

« Nous assistons à des pénuries de nourriture, à des augmentations de prix et à des perturbations de la production agricole », a rappelé le bureau du coordinateur humanitaire de l’ONU au Yémen, mettant en garde contre une  quelconque obstruction des importations commerciales et humanitaires via le port de Hodeidah aurait de « graves conséquences » pour l’ensemble du pays.

Selon un bilan établi par l’ONU, les deux ans de combats au Yémen ont fait plus de 7.700 morts, majoritairement des civils, 42.500 blessés et près de 3.3 millions de personnes dont 2.1 millions d’enfants, souffrent de malnutrition.

 

Intensification des raids aériens américains contre al-Qaïda

 

Considérée comme une priorité, la reprise du Port d’Hodeidah sur la mer rouge permettrait non seulement de couper les rebelles Houthis de leurs principaux flux logistiques, mais surtout d’accueillir, dans un second temps, l’envoi d’une flotte humanitaire destinée à endiguer les risques croissants de famine susceptible de toucher à très court terme près de 60% de la population yémenite.

Selon le porte-parole des opérations de la coalition au Yémen, le général Ahmed Asiri, à la faveur d’une intensification de la coopération militaire américaine, les pourparlers auraient débuté en termes de renseignement, de livraison de matériels et d’entraînement de pilotes.

L’aide militaire américaine en termes de renseignement serait massive depuis le début du conflit, car il s’agissait d’une opportunité sans précédent pour tenter d’écraser les sanctuaires du réseau terroriste al-Qaïda.

En effet, les troupes américaines ont intensifié ces derniers jours leurs raids contre les terroristes dans ce pays, tuant plusieurs éléments armés dont deux responsables locaux présumés d’Al-Qaïda, ont indiqué jeudi des sources sécuritaires.

Le Pentagone a confirmé plus de 70 raids aériens au Yémen depuis le 28 février. Le mois dernier, le New York Times a affirmé que l’administration de Donald Trump avait donné au Pentagone son feu vert pour mener des frappes aériennes ou des opérations commando au Yémen sans avoir à demander l’autorisation préalable de la Maison Blanche.

Le conflit au Yémen oppose les troupes loyales au président Hadi aux rebelles Houthis et à leurs alliés -des militaires restés fidèles à l’ex-président Ali Abdallah Saleh-, qui contrôlent la capitale Sanaa et d’autres parties du pays, notamment dans le Nord et l’Ouest.

 

APS

Karim Arhab
CONTRIBUTOR
PROFILE

Voir aussi

Laisser un commentaire

Votre adresse électronique ne sera pas publiée. Les champs Exigés sont marqués avec *

Cancel reply