La garde présidentielle turque sera dissoute

La garde présidentielle turque sera dissoute

Les autorités turques vont dissoudre la garde présidentielle après avoir arrêté presque 300 de ses membres depuis le coup d’État raté du 15 juillet.

« Il n’y aura plus de garde présidentielle, elle n’a pas de raison d’être, on n’en a pas besoin », a déclaré le premier ministre Binali Yildirim à une chaîne télévisée turque, samedi.

Au moins 283 membres de la garde présidentielle – un régiment comptant 2500 hommes – ont été arrêtés au cours des huit derniers jours.

Par ailleurs, le président Erdogan a ordonné samedi la fermeture de milliers d’écoles privées, d’organisations caritatives et autres institutions, dans le cadre du premier décret depuis l’instauration de l’état d’urgence consécutive au putsch avorté.

En tout, un millier d’organisations privées ont été dissoutes, dont 1043 établissements d’enseignement, 15 universités, 1229 associations et fondations et 19 syndicats.

Par ailleurs, la durée maximale de détention pour les personnes soupçonnées d’implication dans le putsch a été portée à 30 jours, alors que la durée légale est de quatre jours.

La justice turque a néanmoins remis en liberté quelque 1200 militaires, tous non gradés, qui avaient été arrêtés dans le cadre de l’enquête sur le putsch manqué.

Les écoles et autres institutions qui ont été fermées dans les derniers jours sont soupçonnées par les autorités turques d’avoir des liens avec la mouvance de Fethullah Gülen, qui a de nombreux adeptes en Turquie. Le prédicateur, qui vit aux États-Unis, dément toute implication dans la tentative de putsch, qui a fait quelque 250 morts.

Or, selon le décret présidentiel de samedi, « il a été déterminé que [ces institutions] appartiennent ou sont liées à l’organisation terroriste » de Fethullah Gülen « dont il a été prouvé qu’elle constitue une menace pour la sécurité nationale ».

Le neveu de Fethullah Gülen a été placé en garde à vue samedi, rapporte l’agence de presse progouvernementale Anadolu. Muhammed Sait Gülen a été appréhendé à Erzurum, dans le nord-est de la Turquie. Il doit être transféré à Ankara pour être interrogé. Il pourrait être accusé d’appartenance à une organisation terroriste.

La police a également annoncé avoir arrêté le présumé bras droit du prédicateur, Halis Hanci. Ce dernier serait arrivé en Turquie deux jours avant le coup de force, selon l’administration Erdogan.

De son côté, le ministre des Affaires européennes, Omer Celik, a qualifié samedi Fethullah Gülen d’homme « plus dangereux qu’Oussama Ben Laden » et a soutenu que son mouvement était « plus sauvage que l’État islamique ».

Le président Erdogan a d’ailleurs affirmé que le chef d’état-major de l’armée Hulusi Akar, demeuré loyal au gouvernement et pris en otage lors de la tentative de coup d’État, s’était vu proposer par ses ravisseurs de s’entretenir au téléphone avec Fethullah Gülen.

La Turquie veut l’appui de ses alliés

Par ailleurs, le ministre turc des Affaires européennes a déploré samedi l’attitude des pays alliés d’Ankara, qui n’ont pas envoyé de représentants en Turquie pour témoigner leur soutien au gouvernement après le putsch manqué.

« Nous sommes très étonnés de voir que nos alliés n’ont pas effectué de visite en Turquie une semaine après les événements », a déclaré Omer Celik à la presse.

Les dirigeants des pays occidentaux ont apporté leur soutien au pouvoir de Recep Tayyip Erdogan après la tentative de soulèvement d’une partie de l’armée, mais ont également fait part de leur inquiétude devant l’ampleur des purges menées au sein des institutions du pays.

source   ici.radio-canada

 

Issam Saidi
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