Échanges Trump-Poutine: le chef du renseignement dans l’ombre

Échanges Trump-Poutine: le chef du renseignement dans l’ombre
Dan Coats supervise et coordonne le travail des services de renseignement, dont la CIA et la NSA. PHOTO AP

AFP – Washington et Élite Presse

Le directeur du renseignement américain, Dan Coats, a affirmé jeudi qu’il ignorait la teneur des discussions entre le président Trump et son homologue russe Vladimir Poutine, lors du tête-à-tête entre les deux dirigeants à Helsinki lundi.

«Je ne sais pas ce qu’il s’est passé lors de cette rencontre», a dit M. Coats, invité au forum sur la sécurité d’Aspen, au Colorado.

«Je pense qu’avec le temps, et le président a déjà mentionné certaines choses qui ont eu lieu lors cette rencontre, nous en apprendrons plus», a-t-il expliqué.

Dan Coats, qui supervise et coordonne le travail des services de renseignement dont la CIA et la NSA, a souligné que c’était «une prérogative du président» de garder pour lui la teneur de ses discussions avec Vladimir Poutine. Ses services fournissent pourtant chaque matin au président des informations classifiées sur les menaces pesant sur le pays.

Lundi, les deux dirigeants ont annoncé être parvenus à plusieurs points d’accord, notamment sur la Syrie, la sécurité des territoires palestiniens occupés et le désarmement nucléaire, sans entrer dans les détails.

M. Trump a aussi provoqué un tollé aux États-Unis en affirmant n’avoir «aucune raison» de croire à un ingérence russe dans l’élection présidentielle de 2016, prenant à contre-pied l’avis unanime des services américains du renseignement. Il a depuis fait marche arrière.

M. Coats avait rapidement réagi en défendant, dans un communiqué, les évaluations «claires» de ses services sur une ingérence russe dans la présidentielle et sur les «efforts en cours» de Moscou pour «saper» la démocratie américaine.

«Je pense qu’il était nécessaire de faire cette mise au point (…) c’était ma responsabilité», a-t-il expliqué à Aspen.

Il a souligné son désaccord sur le format de la rencontre d’Helsinki où les deux dirigeants ont échangé pendant deux heures avec leurs seuls interprètes.

«S’il m’avait demandé comment cela aurait dû se passer, je lui aurais suggéré une autre façon», a-t-il dit.

Interrogé sur un possible enregistrement de la conversation par les Russes, il a admis qu’il y avait «toujours un risque», tout en écartant avec le sourire la possibilité que le ballon de football du Mondial-2018 offert par M. Poutine soit muni d’un micro.

«Nous avons la capacité de contrôler ce genre de choses pour déterminer si elles présentent un risque (…) donc je suis sûr qu’on a examiné très attentivement ce ballon», a-t-il plaisanté.

Sabrina Lallemand
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