15.000 scientifiques tirent la sonnette d’alarme sur l’état de la planète

15.000 scientifiques tirent la sonnette d’alarme sur l’état de la planète
15.000 scientifique tirent de nouveau la sonnette d'alarme quant à l'état de la planète ©OLIVER BERG / DPA / AFP

Quels ont été les progrès de l’humanité en 25 ans en matière d’environnement ? Le bilan n’est pas médiocre, il est tout simplement catastrophique. Tel est le constat fait par 15.000 scientifiques qui viennent, une nouvelle fois, de tirer la sonnette d’alarme dans la revue BioScience. « Nous compromettons notre avenir en ne freinant pas notre consommation effrénée de ressources, et en persistant à ne pas comprendre que la croissance démographique continuelle est le premier facteur de bon nombre de menaces écologiques et sociétales » écrivent ces chercheurs venus de pratiquement tous les pays (184), et exerçant dans des domaines scientifiques variés allant de la biologie, à l’écologie en passant par la physique, les mathématiques, la chimie ou l’agronomie.

« En ne limitant pas adéquatement la croissance démographique, en ne remettant pas en cause une économie reposant uniquement sur la croissance, en ne réduisant pas les gaz à effet de serre, en n’encourageant pas les énergies renouvelables, en ne protégeant pas les habitats, en ne restaurant pas les écosystèmes, en ne freinant pas la pollution, ne ne régulant pas les espèces invasives, l’humanité ne fait pas les efforts urgents et nécessaires pour préserver notre biosphère » résument-ils, données à l’appui.

Les graphiques présentés par les chercheurs montrent : a) La diminution de l’émission des gaz détruisant la couche d’ozone ; c’est une des rares bonne nouvelle de ce tableau. b) La diminution de la quantité d’eau potable accessible par personne. c) Le nombre de tonnes de poissons pêchées chaque année en million de tonnes. d) Le nombre de « zones mortes » dans l’océan. e) La réduction de la surface forestière. f) La diminution de la biodiversité des vertébrés. g) L’augmentation de la quantité de CO2. h) L’augmentation de la température. i) L’augmentation de la population humaine et celle du bétail.

Les 15.000 en appellent aux citoyens et aux « influenceurs »

Les chercheurs en appellent désormais plutôt aux citoyens et aux « influenceurs » pour faire fléchir les gouvernements et les inciter à prendre enfin les mesures qui s’imposent comme un « impératif moral pour les générations présentes et futures des hommes et de la vie. » Les scientifiques appellent également à l’action à l’échelle individuelle, et appellent à limiter la consommation de ressources impliquant l’utilisation de ressources fossiles, ainsi que la consommation de viande.

Ce n’est pas la première fois qu’un tel appel est lancé. Il y a 25 ans, l’Union of Concerned Scientists (UCS), un groupe américain de scientifiques indépendant avait rassemblé plus de 1700 signataires (dont bon nombre de Prix Nobel), pour une tribune appelant déjà à « un changement majeur de notre manière de gérer la Terre est nécessaire, si nous voulons éviter une vaste catastrophe humaine« .

Cet « avertissement international des scientifiques à l’humanité » lancé en 1992 pointait déjà du doigt les dommages à la couche d’ozone, la pollution de l’eau, la surmortalité des espèces marines, la déforestation, les atteintes à la biodiversité, ou encore la croissance inquiétante de la population humaine. Déjà, à l’époque, les scientifiques appelaient à réduire les émissions de gaz à effet de serre et à limiter l’exploitation des ressources fossiles. Force est de constater qu’à part les efficaces mesures visant à réduire le trou dans la couche d’ozone (notamment l’interdiction des produits tels que les CFCs), aucune des autres préoccupations n’a fait l’objet de mesures réellement efficaces. « Pourtant, le déclin rapide des émissions de substances affectant la couche d’ozone montre qu’il est possible d’agir efficacement lorsque l’on prend les bonne décisions » précisent les chercheurs. Et ceux-ci d’en lister quelques-unes :

  • Créer des réserves naturelles terrestres comme marines, bien protégées et bien gérées
  • Maintenir la diversité des habitats naturels en cessant leur transformation en zone d’exploitation ou d’activité.
  • Restaurer les habitats dégradés en permettant à la végétation d’origine d’y retrouver sa place.
  • Remettre à l’état « sauvage » les régions hébergeant les prédateurs supérieurs (grands fauves par exemple) afin de restaurer les processus écologiques naturels.
  • Mettre en place les politiques adéquates pour mettre fin au braconnage et au commerce des espèces menacées.
  • Réduire le gâchis alimentaire par une meilleure éducation et des infrastructures adaptées.
  • Privilégier une alimentation basée sur les plantes.
  • Favoriser l’accès à l’éducation en particulier pour les femmes, ainsi que leur accès à la contraception et au contrôle des naissances.
  • Éduquer les enfants à préserver la nature.
  • Favoriser les investissements qui encouragent une politique de développement durable.
  • Favoriser le développement des énergies renouvelables.
  • Abandonner les énergies fossiles.
  • Réorganiser l’économie pour réduire les inégalités.
  • Réfléchir à une régulation de la population à l’échelle mondiale.

AFP

Lamia Siffaoui
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