Médecins généralistes: formation pour une meilleure prise en charge de la santé mentale

Médecins généralistes: formation pour une meilleure prise en charge de la santé mentale

TIZI-OUZOU – Un séminaire de formation animé par des experts en psychiatrie a réuni mercredi à Tizi Ouzou des médecins généralistes en vue de les préparer à développer leurs aptitudes dans le  traitement des troubles mentaux légers sans recourir à un spécialiste.

Ce séminaire de préparation à la formation des médecins généralistes en santé mentale, premier du genre à l’échelle nationale organisé par la Direction générale de la prévention et de la promotion de la santé au ministère de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière, a réuni des spécialistes de plusieurs wilayas dont Alger, Tizi-Ouzou, Annaba, Blida Sidi Belabes et Tamanrasset, a indiqué à l’APS le Pr. en psychiatrie et directeur local de la santé et de la population, Abes Ziri.

A l’issue de cette rencontre qui s’étalera sur deux jours, le contenu de la formation et un manuel devant accompagner la formation des médecins généralistes en santé mentale seront définis, a indiqué le meme responsable, soulignant que les spécialistes vont aussi décider si cette formation sera élargie à d’autres personnels de la santé tel que les infirmiers.

Le sous-directeur de promotion de la santé mentale au ministère de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière, Mohamed Chakali, a rappelé que ce séminaire rentre dans le cadre de la mise en oeuvre du Plan national de promotion de la santé mentale mis en place par le ministère et qui a été validé en 2017. « La formation de médecins généralistes dans ce domaine vise à lutter contre la stigmatisation des personnes qui présentent des troubles mentaux et qui sont en souffrance mentale ».

Selon ce meme responsable, cette rencontre est un espace de réflexion autour du contenu de la formation « pour définir ce qu’on doit apprendre aux généralistes. Un manuel sera ensuite édité et mis à la disposition des médecins généralistes qui rencontrent des cas de souffrance mentale tous les jours mais qui pensent qu’ils ne sont pas capables de les prendre en charge, ce qui est une erreur ».

Durant la deuxième journée de ce séminaire, les spécialistes auront à définir le contenu général de la formation des généralistes, la durée des thématiques, le calendrier des formations et les responsables par thème.

Ils se pencheront aussi sur le contenu général du manuel qui va accompagner cette formation.

M.Chakali a observé, à ce propos, que les généralistes « peuvent développer, grace à la formation, des aptitudes pour traiter les troubles légers sans avoir à recourir aux médecins spécialistes ». Cette démarche, a-t-il ajouté, « va permettre de réduire le nombre de cas orientés vers les spécialistes qui auront à s’occuper des pathologies mentales lourdes dont le nombre de cas n’est pas très important », a-t-il dit.

Le psychiatre et médecin de santé publique, Dr. Ait Mohand Achour, qui a animé une conférence sur la santé mentale dans le monde et le role des généralistes dans sa prise en charge, a insisté sur l’importance de la formation des personnels non spécialisés et polyvalents comme les généralistes et infirmiers car, a-t-il dit,  » ils sont les premiers à diagnostiquer les problèmes et à effectuer un tri entre troubles légers et sévères ».

« Beaucoup de troubles mentaux peuvent etre pris en charge par les médecins généralistes qui peuvent identifier de facon précoce les troubles chez l’enfant, tout en conseillant et orientant ses parents, diagnostiquer et traiter la majorité des cas de dépression et d’anxiété, ainsi que les  problèmes liés à l’abus de drogue », a expliqué Dr. Ait Mohand Achour.

« La formation des généralistes devant prendre en charge ce genre de cas va augmenter l’accessibilité aux soins et diminuer les recours aux soins spécialisés qui sont couteux ». Aussi, cette formation devient-elle « très importante dans la mesure ou elle améliore l’accès aux soins, tout en mettant à la disposition de la population des possibilités de se soigner près de chez eux », a-t-il dit.

Kahina Sadaoui
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