Le gouvernement algérien n’a pas à donner de bourses, ni aux enfants de généraux, ni à Kenza Oussallah

Le gouvernement algérien n’a pas à donner de bourses, ni aux enfants de généraux, ni à Kenza Oussallah

J’ai eu le plaisir de faire connaissance avec Kenza Oussallah, hier, dans un article de presse qui rapportait l’histoire de cette jeune algérienne qui a battu tous les records depuis l’indépendance de l’Algérie en obtenant une moyenne de 19.70 selon certains médias et 19.14 selon d’autres. L’exploit reste en tous cas inchangé et je la félicite. 

Ce qui me pousse à écrire sur ce sujet c’est cette polémique qui a suivi la remise des prix organisée par le gouvernement en l’honneur de ces jeunes prodiges. Il semblerait que Kenza Oussallah voudrait poursuivre ses études en biomécanique, au Canada, une spécialité qui n’est pas offerte en Algérie, grâce à une bourse d’Etat. La jeune bachelière n’a pas eu de suite favorable à sa requête formulée auprès de Mme Benghebrit et de M. Haddjar, chose qui me semble tout à fait normale.

Il faut d’abord souligner qu’il est difficile de donner un avis fondé sur un cheminement de pensée logique, alors qu’il y a peu de choses qui reposent sur ce type de raisonnement dans notre cher pays. On va certainement me confronter à un fait bien connu de tous, celui d’offrir les bourses d’Etat à une minorité de gens proches du système. C’est une triste réalité dont j’ai été témoin pendant mes études en France, au Canada, et même aux États-Unis. Les enfants de certains hauts responsables jouaient au Roller et au tennis, avec des bourses d’Etat, pendant que moi je faisais l’agent de sécurité pour payer mes études. Ils ne l’emporteront pas au paradis.

Le rôle de l’Etat n’est pas de payer les frais d’immigration de ses citoyens

Les bourses d’Etat devraient être définitivement abandonnées, ou du moins gelées, et ce ne sont pas les griefs qui manquent pour justifier cette demande.

Le gouvernement n’a déjà « aucun » contrôle sur le processus d’octroi de ces bourses qui peuvent s’étaler sur quatre ans, tous frais payés par le contribuable algérien, sachant qu’un boursier algérien perçois 2300$ par mois au Canada (2016), ou 900 euros en France (2002). Ajoutez à cela tous les billets d’avion et les diverses assurances.

Hormis le coût de ces bourses pour le contribuable, il y a aussi les conditions d’octroi qui restent obscurs. Il y a certainement de jeunes algériens méritants qui en bénéficient, mais ces « bourses d’excellence » sont très souvent offertes à des gens qui n’ont rien fait d’excellent, à part un réseau de relations bien tissé.

Je n’oublierai jamais le neveu de cet ancien général de la gendarmerie nationale qui se promenait avec un dictionnaire à la main dans les couloirs de l’université de Bourgogne. Il avait obtenu une bourse d’Etat de quatre ans en France, alors qu’il ne savait même pas aligner trois mots dans la langue de ce pays. Il y’avait aussi ce jeune cadre, boursier d’Etat, qui nous a fait vivre « la hchouma » de notre vie après avoir été surpris en train de tricher pendant un examen, alors qu’il se présentait comme étant l’un des meilleurs étudiants algériens, récompensé par l’Etat pour l’excellence de ses résultats, alors qu’il n’en était rien !

Après avoir dépensé des sommes faramineuses pour former ceux qui sont supposés contribuer au développement du pays, la majorité d’entre eux décident de s’installer à l’étranger. C’est une perte sèche sur tous les plans pour l’Algérie et le gouvernement n’a pas pour vocation de financer les études, ni des proches du système, ni de ceux qui veulent quitter le pays pour faire le bonheur d’autres nations, surtout que le Canada a mis en place un plan de recrutement de tous les étudiants étrangers à la fin de leur formation.

Si cette jeune fille venait à arriver au Canada par ses propres moyens, on se fera un plaisir de l’aider, on le fait déjà pour tous les jeunes qui viennent chaque année, mais on ne peut pas exiger au gouvernement algérien de prendre en charge le financement de ses études.

Les bourses d’Etat doivent être gelées, ou définitivement abandonnées, et les budgets alloués doivent être consacrés à l’amélioration des conditions de formation des étudiants algériens. L’Algérie a plus que jamais besoin de tous ses enfants.

Ceux qui n’ont pas respecté leurs engagements envers le pays devraient être interdits de territoire.

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3 comments
Karim Arhab
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3 Commentaires

  • Saad
    21 juillet 2016, 14 h 42 min

    Je ne suis pas d’accord avec vous monsieur. J’ai moi même fait mes études à l’étranger (par mes propres moyens et grâce à l’aide de mes parents) et je suis revenu pour mon pays en me disant que je vais essayer de contribuer à son développement. Malheureusement, dans notre pays, la compétence est vu comme un handicap. Vous n’êtes pas reconnu et vous répète tout le temps qu’ici c’est l’Algérie pas l’Europe du coup ce que vous avez appris n’est pas applicable. De plus, je connais une personne qui a bénéficié d’une bourse d’état et qu’à la fin de ses études, elle est revenue au pays pour y travailler. Devinez quel salaire l’état lui a proposé ! 15 000 DA / mois. Bref, tout ça pour dire que le vrai problème ne concerne pas les bourses mais plutôt notre gouvernement. Pour finir, sachez que si on veut vraiment changer les choses en Algérie, on doit le faire de l’intérieur et surtout d’agir vite car le peuple s’abrutit de plus en plus.

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  • Votre nom *tedjani ramzi
    21 juillet 2016, 20 h 00 min

    Je ne suis pas entiierement
    D’accord avec votre analyse le gouvernement peut maintenir les bourses tout en mettant des règles objectif d’octroi
    2eme point le lauréat de bourse peut soit faire ses 3 ans de service dans son pays soit rembourser ce que le contribuable a mis a sa disposition

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  • Votre nom *oudjit
    21 juillet 2016, 20 h 53 min

    Je ne suis pas d’accord avec vous , le pays a besoin de s’ouvrir sur le monde par des echanges d’etudiants et non de l’enfermer davantage dans une mediocrite qui dure . Le cas de kenza n’est pas isole , il en existe des milliers qui peuvent apporter une bouffee d’oxygene pour le pays . La formation a l’etranger est une necessite quand on a une vision strategique sur le moyen et long terme , pas celle qui ne depasse pas le bout du nez ! Regardez ce qu’ont fait certains pays emergents , ils n’ont pas investi dans les containers mais dans les ressources humaines . Quel est le secret de reussite de la chine ? Ce pays , monsieur a fin 2013 avait 2 800 000 etudiants a l’etranger a la charge de l’etat chinois , et le taux de retour au pays est estime a plus de 85% ! Je vous laisse expliquer le pourquoi !!!

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