Méthode Coué : la force de la pensée positive

Méthode Coué : la force de la pensée positive
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Un gadget dépassé, la méthode Coué ? Loin de là ! Coachs, sportifs ou travailleurs stressés l’ont adoptée, parfois sans le savoir, pour réussir et atteindre leurs objectifs. Et ça marche ! Comment fonctionne cette technique « d’autosuggestion » consciente et positive ? Eclairage avec le coach Luc Teyssier d’Orfeuil. 

Qu’est-ce que la méthode Coué

Qu’ont en commun la psychologue Elisabeth Grimaud qui nous pousse à chercher le Beau, le Bien et le Bon dans son ouvrage* et Cus d’Amato, l’entraîneur de Mike Tyson, lorsqu’il répétait en boucle à son poulain qu’il était le meilleur boxeur du monde ? Tous deux se sont inspirés d’un pharmacien français des années 1900, Emile Coué, créateur de la méthode éponyme. « La meilleure définition, c’est « la maîtrise de soi-même par l’autosuggestion consciente » », explique Luc Teyssier d’Orfeuil, coach et spécialiste de la méthode Coué. Souvent raillée dans l’Hexagone, celle-ci est à l’origine de nombreuses techniques de développement personnel aujourd’hui : celles qui sont liées à la psychologie positive, mais aussi d’un certain nombre d’approches thérapeutiques, comme laPNL, la sophrologie, ou encore l’hypnose. Sans le savoir, nous la pratiquons tous… le plus souvent à l’envers ! Quand nous nous disons, « je suis nul », « je ne suis pas prêt pour mon entretien », « je n’y arriverai pas », nous nous suggérons des choses. Seulement, ces insinuations sont négatives et ont plutôt tendance à nous plomber. « Ces petites phrases semblent anodines, pourtant, à force de nous les répéter, elles nous pourrissent l’existence. En nous disant, « je suis maladroit », nous nous programmons à briser un verre… Au point que nous ressentons une sorte de satisfaction lorsque cela arrive ! », déplore Luc Teyssier d’Orfeuil. A l’inverse, Emile Coué souhaitait, par sa méthode, remplacer ces inductions négatives par des autosuggestions positives pour nous aider à nous sentir mieux.

Etre optimiste protège l’organisme

« Je suis bien, tout va bien, je suis gai, tout me plaît ». Lorsqu’on évoque la méthode Coué, ce qui nous vient à l’esprit, c’est le plus souvent cette rengaine du sketch de Dany Boon. L’humoriste y joue un dépressif qui tente de s’autopersuader qu’il se porte comme un charme. Bien évidemment, à la fin, il éclate en sanglots. Effectivement, pour Luc Teyssier d’Orfeuil, la méthode Coué ne fonctionne pas dans ce cas-là : « Le personnage dépressif qui se répète ce mantra se ment à lui-même. Quand on est mal, rien ne sert de se dire que l’on va bien. On renforce alors le sentiment de mal-être. La méthode Coué n’est pas un traitement pour une dépression importante ». Il s’agit plutôt d’un mode de vie, d’une manière d’aborder l’existence, de s’alléger et d’éviter au maximum les pensées et sentiments négatifs. Et les résultats sont bien réels ! Une expérience a été menée à l’université de Lorraine. Les chercheurs envoyaient des SMS positifs tous les matins aux étudiants. Ces derniers devaient se répéter ces phrases trois fois. Au bout de quinze jours, une baisse de l’anxiété et des symptômes dépressifs a été observée sur les participants.

 

Comment ça marche ?

L’un des grands clichés concernant la méthode Coué, c’est de s’imaginer qu’il suffit de souhaiter aller bien pour qu’automatiquement, le quotidien s’éclaire. «  Nous disons toujours aux jeunes, « si tu voulais bien faire, tu aurais de bonnes notes ! » C’est absolument destructeur !, s’agace Luc Teyssier d’Orfeuil. Prenez un enfant qui apprend le vélo, dans une rue large et sans danger, avec seulement un obstacle. En voulant l’éviter, forcément, il va foncer dessus ! Autre exemple, qui nous arrive à tous : nous cherchons le prénom de quelqu’un. Plus nous nous creusons les méninges, moins nous le trouvons. L’autosuggestion, c’est de se dire : « ça va me revenir ». Ainsi, nous mettons notre cerveau dans de bonnes dispositions ». La volonté seule n’est pas un moteur suffisant pour notre action.

Mais alors, qu’est-ce qui nous permet d’agir ? Pour Emile Coué, c’est notre imagination. C’est à cette dernière que doivent s’adresser nos autosuggestions. Ce n’est qu’en nous adressant à elle que nous parvenons à améliorer notre bien-être et à motiver nos actions. Pour cela, l’autosuggestion ne doit demander aucun effort. La méthode Coué est un savant mélange de conscience et de lâcher-prise. D’où le fait de répéter des phrases très simples, comme un mantra. La plus célèbre : « Tous les jours, à tous points de vue, je vais de mieux en mieux ». Pour Coué, l’idéal, c’était de s’exercer dans un état de détente et de relaxation maximum, plutôt le matin, lorsque notre volonté n’est pas encore optimale et le soir, lorsque nous commençons à nous endormir. « Nous pouvons aussi pratiquer l’autosuggestion consciente lorsque nous faisons autre chose, par exemple en courant, pour les sportifs, lorsque les endomorphines nous plongent dans un état de conscience modifiée et que l’esprit papillonne », précise Luc Teyssier d’Orfeuil.

Les différentes formes d’autosuggestion

La répétition : « On se répète les choses comme une litanie, sous la douche, en promenade, dans la voiture. L’important, c’est de le faire d’un ton monotone en se disant des choses positives et réalistes, sans se mentir ».

La phrase universelle d’Emile Coué : « Tous les jours, à tous points de vue, je vais de mieux en mieux ». Il propose de la répéter 20 fois de suite, deux à trois fois par jour.

La visualisation : « Ce travail nécessite un état de détente complet, appelé par Emile Coué « état de conscience limitée ». Il permet d’annuler les efforts de la volonté. Quand nous voulons quelque chose, il est très difficile d’accéder à l’imagination car nous sommes dans le contrôle. En séance de coaching, on propose aux participants de s’imaginer ce qu’ils vont faire, par exemple, réaliser leur présentation. Ils visualisent alors la salle, les personnes en présence et se projettent en train de s’exprimer en toute sérénité. Ainsi, une fois face à l’épreuve, ils ont l’impression de l’avoir déjà vécue ».

L’autosuggestion par le corps : « Le philosophe Alain, dans Propos sur le bonheur, écrit cette phrase magnifique : « Mimez la force plutôt que la faiblesse, mimez la bonne santé plutôt que la maladie et l’imagination dévastatrice aura du mal à s’installer ». Les comédiens, pour pleurer, se mettent dans un état d’esprit triste. On peut faire la même chose positivement. Imaginons que nous avons gagné au loto par exemple, et jouons, comme des acteurs, l’explosion de joie ! Nous implantons alors du plaisir par une attitude physique. Cette autosuggestion par le corps commence par le sourire, qui est physiologiquement bon pour la santé et fait baisser notre niveau de stress. La tenue est également centrale : marcher droit, le menton haut. Pour les personnes qui sont mal à l’aise lors des prises de parole, en coaching, on leur demande de s’identifier à un grand orateur et de l’imiter. Prenons Barack Obama, par exemple. L’exercice est de s’exprimer comme lui ».

En pratique : Ces autosuggestions se pratiquent quotidiennement. Des coachings existent, mais des exercices très concrets sont proposés notamment dans l’ouvrage La méthode Coué, La maîtrise de soi par l’autosuggestion consciente, d’Emile Coué, préface de Luc Teyssier d’Orfeuil (Leduc. S). Tout le monde peut adopter la méthode Coué !

Les règles de la méthode Coué

Changer ses habitudes pour être plus heureux au quotidien

Les 2 postulats 

1) Toute pensée que nous avons en tête devient réalité (dans la limite du raisonnable). Toute pensée occupant notre esprit devient vraie pour nous et a tendance à se transformer en acte.

2) Contrairement à ce que l’on nous enseigne, ce n’est pas notre volonté qui nous fait agir, mais notre imagination (être inconscient). S’il nous arrive souvent de faire ce que nous voulons, c’est que nous pensons en même temps que nous le pouvons.

Les 5 grandes lois

1) Une pensée, bonne ou mauvaise, que nous avons en tête constitue pour nous la réalité, et a tendance à se réaliser.

2) La première faculté de l’homme est l’imagination.

3) Quand il y a lutte entre l’imagination et la volonté, c’est toujours l’imagination qui l’emporte sans aucune exception.

4) Lorsque la volonté et l’imagination sont en accord, elles font plus que s’ajouter, elles se multiplient.

5) L’imagination peut être conduite.

 

Entre optimisme et pessimisme, où vous situez-vous ?

« Dieu est mort, Marx est mort, et moi-même je ne me sens pas très bien…  » affirma un jour Woody Allen. Vous avez tendance à aborder la vie du bon côté et à ne pas vous laisser entraîner par les petits tracas du quotidien. Mais êtes-vous un réel optimiste ou finalement assez pessimiste sur la vie en général ? Faites ce test pour le savoir.

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