Juger les autres, c’est se juger soi-même

Juger les autres, c’est se juger soi-même

Dire du mal et critiquer autrui, c’est souvent lui donner nos défauts ou les qualités que nous n’osons pas reconnaître en nous, explique le psychanalyste Norbert Chatillon.

Selon Norbert Chatillon, juger, c’est identifier qui je suis et qui est l’autre, nos ressemblances et nos différences. Le jugement est essentiel et naturel, mais quand on arrive à dégrader et salir l’image de l’autre, nous modifions le véritable sens du jugement.

Beaucoup abusent de cette fonction, dès que la différence avec l’autre ou ma ressemblance à lui me gêne, me dérange, et perturbe mon identité, je me défends. Et la meilleure défense, pour beaucoup, reste l’attaque !

Nous avons tous une part d’ombre en nous. Il s’agit des faiblesses, blessures, lâcheté que nous refusons de considérer comme nôtres. Pas facile d’assumer que l’on n’a pas le même statut social qu’untel ou la même amabilité, le même comportement.

Je juge qui, quand je juge ?

Juger l’autre, c’est porter un jugement sur soi ? Voir un défaut chez autrui et en parler nous permet d’éviter de considérer nos propres défauts, de masquer notre part d’ombre et se pencher sur l’autre, par exemple : l’autre fait ou pense « mal », il est différent de moi, donc je fais ou pense « bien ».

Certains, parce qu’ils ont un manque de confiance en eux, vont conduire, pour exister, un véritable acharnement contre cet autre. Tout ça pour prouver une identité qu’ils ont du mal à bien connaitre.

Ceux qui ne jugent pas seraient donc plus confiants que les autres ?

Tout le monde juge, il y en a certains, en revanche que ne jugent pas autrui, par peur de se tromper, d’être jugés à leur tour, d’être « désaimés », ou plus simplement par fidélité.

Ce qu’il est possible de faire est de rester vigilant quand le jugement cesse d’être une simple différenciation. Alors là, on peut se dire que l’on s’égare.

Comprendre rend indulgent

Dans une expérience menée par Mario Gollwitzer, psychologue à l’université de Coblence-Landau, en Allemagne, desscénarios d’actes transgressifs ont été proposés à trois cents personnes où ils devaient s’imaginer commettre des délits : comme voler un vêtement dans un magasin, faire travailler une personne au noir… Il leur a été demandé de décrire leur ressenti face à la possibilité de commettre ces délits. Ensuite, il fallait qu’ils portent un jugement sur les individus qui sont déjà passé à l’acte.

Alors au lieu d’être sévères avec ceux qui avaient commis de tels délits, même ceux sujets à l’auto jugement négatif, ont à l’inverse été moins sévère avec eux : se reconnaissant et étant plus empathiques avec ces « coupables ».

Comprendre nous aiderait donc à être moins durs. Mais il faut être prêt à le faire. Précisons que les participants avaient été préparés psychologiquement à se montrer indulgents dans leurs jugements.

 

Source : http://www.psychologies.com

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