Je me fais mal en déformant la réalité

Je me fais mal en déformant la réalité

Sans s’en rendre compte, l’être humain commet des erreurs en enregistrant des informations négatives, de mauvaises interprétations de ce qui se passe dans son environnement, résultant ainsi de nombreuses conséquences négatives. Nous allons parler dans cet article des sept distorsions cognitives les plus importantes selon Stéphanie Hahusseau, auteur du livre Tristesse, peur, colère : agir sur ses émotions.

Nous interprétons et déformons la réalité objective et cela nous conduit à être davantage tristes, en colère ou apeurés. Nos émotions nous font penser automatiquement dans le sens de ce que nous ressentons et nos pensées négatives amplifient nos émotions.

Inférence arbitraire : Il s’agit d’arriver à des conclusions sans preuve.

Exemple : « Le directeur ne m’a pas dit Bonjour, donc il me déteste. »

Abstraction sélective : C’est retenir que l’expérience négative en oubliant de prendre en compte le reste de la journée qui s’est bien passée. Nous filtrons le négatif et oublions tout le positif.

Exemple : « Je prépare un gâteau au chocolat, toute la famille adore sauf un membre. Je me sens mal en pensant que mon gâteau est un désastre. »

Surgénéralisation : C’est la tendance à croire qu’un événement isolé qui est arrivé une fois va forcément se répéter de nombreuses fois en utilisant des mots comme « toujours », « jamais », « personne », « tout le monde », « les gens », « chaque fois que… ».

Exemple : « Après une relation de 2 ans, Mohamed quitte Nawel. Nawel pense alors « Personne ne m’aimera plus ».

Minimalisation des réussites : C’est attribuer la raison d’un succès à une cause externe (les autres n’étaient pas en forme, il y avait peu de concurrents…), c’est penser qu’une réussite ne peut pas durer ou qu’elle est une exception non reproductible.

 Exemple : « Tout le succès que j’ai pu avoir n’est pas important, vu le niveau bas des autres ».

Maximalisation des échecs : C’est transformer la déception en découragement et en impuissance (« c’est ma faute », « ça ne changera jamais », « je suis nul. »)

Personnalisation : C’est croire que tout ce qui se passe autour nous est adressé personnellement contre nous.

Pensée dichotomique : C’est raisonner sans nuance : tout ou rien, noir ou blanc.

Notre façon de voir ce que nous vivons est une source d’une telle détresse et angoisse que cela peut nous faire perdre nos ressources. S’entrainer à voir les choses autrement, remettre en question nos pensées sera utile pour apaiser nos souffrances. – Stéphanie Hahusseau

  • On doit s’exercer à penser autrement

Le travail sur nos pensées automatiques n’est pas une baguette magique qui va faire baisser notre souffrance, elles sont quand même nécessaires car ce sont les émotions qui nous poussent à agir face une situation qui nous dérange/met en danger qui porte atteinte à notre intégrité.

Remettre en question nos pensées automatiques est utiles quand nous sommes prisonniers d’une situation :

  • Je clarifie mes scénarios catastrophes

Tenir un tableau peut aider à y parvenir en identifiant vos émotions ressenties, ensuite vos pensées, réactions physiologiques et comportement. Stéphanie Hahusseau conseille d’y consigner les faits comme si nous devions donner des consignes de tournage à un metteur en scène.

  • Je chiffre et j’évalue le degré de croyance (pensée) et l’intensité de l’émotion

A quel point suis-je persuadé dans mes tripes que ma pensée automatique est fondée ?

  • Je fais des statistiques

Il s’agit de compter le nombre de fois où j’ai eu cette pensée dans ce genre de situations et le nombre de fois où le scénario catastrophe que j’avais en tête s’est produit.

  • Je cherche à avoir d’autres hypothèses et je fais preuve d’empathie envers l’autre

Plus j’émets d’hypothèses même fausses que notre scénario catastrophe, moins je serai attristé ou angoissé par le scénario catastrophe et plus je serai capable de changer de point de vue.

Peut-être que la personne qui m’a ignorée était pressée, qu’elle a passé une mauvaise journée.

  • Je revis une situation passée qui s’est bien déroulée en utilisant la visualisation positive

Cela demande un gros effort car ça nécessite de contourner les pensées négatives automatiques.

  • Je repère laquelle (ou lesquelles) des 7 distorsions cognitives est (sont) à l’œuvre

Est-ce que je personnalise en croyant que tel comportement m’est adressé ? Est-ce que je maximalise le problème ? Est-ce que je généralise à partir d’une seule expérience ?

  • Je réévalue

La dernière étape consiste à refaire une estimation de notre degré de croyance et de l’intensité de l’émotion.

 

 

Source : http://apprendreaeduquer.fr

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