Au delà des préjugés

Au delà des préjugés

Manel Drareni – TALK , au delà des préjugés…

Jeudi 31 août 2017 – Siège de la Centrale Coach

Aujourd’hui, j’ai vécu un moment de pur bonheur !

Pour commencer, je tiens à remercier toute l’équipe de la Centrale Coach de travailler si dur pour nous fournir un espace d’échange et de développement personnel.

À l’occasion de l’inauguration de la Journée Nationale du Coaching Professionnel en Algérie (JNCP), Les organisateurs m’ont offert l’opportunité d’intervenir pendant 45 minutes durant l’événement. J’ai profité de cette occasion pour partager une expérience humaine que j’ai vécu à Béjaia lors d’une manifestation artistique et associative dans le quartier eucalyptus, plus connu sous le nom « Houma 27 », dans le cadre de l’événement Festival des Couleurs 2017.

Je m’appelle Manel Drareni, je suis coach en développement personnel et architecte en fin de cycle. J’entreprends également un projet  qui tourne autour de la création artistique et le respect de l’environnement « 5 art« . De plus, je suis aussi amatrice d’arts plastiques et active dans divers événements collectifs qui touchent principalement à la culture.

Mon intérêt à mettre en évidence des sujets poignants qui touchent de près le quotidien des citoyens m’a réellement encouragé à m’exprimer devant une audience. Disons que c’est le genre d’expériences qui, à mon sens, méritent d’être partagées et transmises pour une meilleure sensibilisation.

Avez-vous déjà entendu parlé des préjugés, des stéréotypes et de la discrimination ? A quoi vous font-ils penser ?

Personnellement, et si cela ne tenait qu’à moi, ces mots n’existeraient même pas… et dans un sens, j’ai peut-être tord de penser ainsi !

Tout d’abord, d’un point de vue social , il faut définir ces trois termes !

– Un préjugé (attitude évaluative) est une idée qu’on se fait de quelqu’un ou quelque chose et qu’on prend pour une vérité. Exemple : les vieux pensent que les jeunes sont mal élevés.

– Un Stéréotype est une expérience qui nous porte à généraliser et à attribuer une caractéristique à tout un groupe d’individus. Exemples:  Toutes les personnes qui portent des godasses font de la rando plusieurs fois par an ou bien, tous les jeunes hommes qui restent dehors n’ont pas de travail.

– la Discrimination c’est lorsque des personnes sont mises à l’écart et sont victimes d’injustices. Et cela est le fruit des préjugés et des stéréotypes.

Donc à première vue, tout ça c’est nul !!

Maintenant, il faut savoir que sur le plan cognitif* ça peut s’expliquer :

Le cerveau est une machine à traiter les informations qui nous entourent (odeurs, sons, images..) et pour ne pas être submergé par cette somme d’informations, il a recours à des ‘stratégies’ qui lui simplifie la vie en utilisant le processus de catégorisation.

Exemple : Quand je vois un fruit rouge, je ne le mange pas, car j’y suis allergique (donc le fait de le catégoriser en fruit et rouge, et, en sachant que je suis allergique a tout ce qui peut être fruit de couleur rouge, je peux  dans ce cas m’éviter une allergie) et c’est un peu ça la magie du cerveau !

Eh oui ! les stéréotypes dans ce cas là peuvent nous sauver la vie !

CEPENDANT, ils peuvent être dangereux !

Exemple : « Les africains n’ont jamais d’heure ! Je ne le supporte pas ! Peuvent-ils être efficaces ? »

Donc le plus important ici, c’est de dépasser les stéréotypes et les préjugés en désamorçant la situation et en s’ouvrant vers d’autres perspectives, d’autres possibilités, une autre manière de voir les choses et surtout en repérant  les spécificités de l’individu. On peut le faire en se posant ces questions là : « L’efficacité est-elle seulement liée à l’emploi du temps ? De quelle efficacité parle-t-on ? celle de la production ou de la relation ?…»

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 O N   R E T I E N T

– Les préjugés sont naturels, si on comprend comment notre cerveau fonctionne, on peut avancer et vraiment s’intéresser au cœur de la chose et non s’appuyer sur des futilités. Dans le cas contraire, ils peuvent mener à de la discrimination qui aura un impact sur l’individu ou le groupe exclu :  la dévalorisation  de soiune estime de soi moindre, une croyance plus faible en sa capacité à agir et à réussir (je parle du discriminé).  Et, a mon avis, d’une manière consciente, personne ne veut apporter autant de mal à l’humanité en dissociant des individus, des groupes et des sociétés.

– Il faut savoir que la famille et l’environnement social ont des répercussions importantes sur le développement des préjugés. Plus l’enfant est exposé à la diversité culturelle, moins il entretiendra de préjugés. Cela contribuera aussi à le rendre plus à l’aise avec les gens différents de lui. Donc quand il grandira il s’intégrera et  acceptera les autres qui sont différents de lui et à partir de là on pourra oser parler de tolérance !

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Jusque là, je ne vous ai pas parlé de l’expérience en elle-même mais plutôt du sujet qu’elle m’a incité à traiter. Donc comme mentionné précédemment, l’événement en question s’est passé à Béjaia, sous forme d’une manifestation artistique et associative dans le quartier eucalyptus, plus connu sous le nom « El Houma 27 ». Ce qui était assez spécial cette fois-ci, c’était le lieu où il s’est déroulé !

Eh oui ! Contrairement à ce que l’on pourrait penser…  cette manifestation n’a pas eu lieu dans un centre culturel ni dans une galerie d’art, mais plutôt dans le plus vieux et le seul bidonville de la ville de Bejaïa ! « El Houma 27 ».                  

Cette Houma s’étale sur quatre hectares de 71 chalets, abritant plus de 80 familles. Les chalets ont été construit en 1952 par le maire français Jaques Ogar, afin d’y loger des «indigènes» (source: elwatan.com). Depuis, plusieurs générations s’y succèdent avec toujours le même souhait…. quitter El Houma pour s’installer dans une vraie maison ! Il est important de souligner que les conditions d’hygiènes sont déplorables et les jeunes sont victimes de préjugés qui leurs colle à la peau !

Par dessus la misère, certains individus encaissent le dédain social !

Témoignages des habitants de la « El Houma 27 » : 

* «On ne dirait pas qu’on a eu l’indépendance. Ici, il n’y a ni hygiène, ni sécurité, ni confort. Nos maisons menacent ruine. Si seulement nous avions assez d’argent pour louer ou acheter une maison, et quitter ce taudis».

* «Nous partageons moi, ma femme et mes trois enfants cette bicoque de fortune avec mon frère, diabétique, et sa femme qui ont, eux aussi, trois enfants dont une universitaire. Les toilettes aussi sont communes. C’est invivable ce que nous endurons au quotidien ».

* «Nous avons, ici, plusieurs célibataires qui ne peuvent pas se marier, car ils ne possèdent pas de logement».

* «Avec nos maigres revenus et la tonne de dépenses auxquelles on fait face, même un expert-comptable ne saurait s’en sortir. Prétendre à l’achat d’un logement, c’est un gros mot pour nous». (source: elwatan.com)

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Je relis ces témoignages depuis quelques jours déjà et ça m’attriste, en même temps je me dis que les actions de bénévolat qui ont été menées ont vraiment valu le coup d’être vécues et partagées !

Des personnes ont investi leur temps  pour les autres afin de faire évoluer les esprits. A travers un geste, un beau regard, un câlin ou le simple fait d’apprendre à un enfant à colorier et le laisser dessiner son rêve sur une feuille blanche est à mon humble avis une vraie action citoyenne aspirant au positif ! Certes cela a duré 3 jours seulement, mais j’ai foi en nous tous individuellement et collectivement pour agir dans notre société afin d’améliorer notre quotidien et multiplier les actions citoyennes à notre niveau. L’art et la culture sont des moyens d’expression et d’ouverture passionnants. Il y a tellement d’autres moyens que je ne pourrais tous les citer…

De jeunes gens du quartier que nul n’osait approcher jusqu’alors, se sont retrouvés avec des personnes d’une autre classe sociale. Et vous savez ce qu’il s’est passé ?

Ils se sont ouverts avec bonté, ils nous ont accueillis, nous qui n’étions que de simples inconnus pour eux. Ils nous ont fait part de leur gratitude car nous avions embelli leur quartier.

Personnellement quand je suis arrivée à cet endroit, je n’avais qu’une seule envie c’était de trouver des matériaux. Autrement dit, tout ce qui pouvait me servir de table pour exposer mes objets et bijoux recyclés. J’ai ressenti au fond de moi le besoin de partager mon savoir faire et pourquoi pas en inspirer d’autres ! J’étais dans une optique de DÉCOUVERTE, je pensais que j’allais simplement leur faire découvrir mon art et j’ai été étonnée moi-même de tout ce que j’ai découvert à travers leurs regards !

À travers toutes ces actions, nous voulions offrir de la considération à toutes ces belles âmes, car au delà des préjugés l’une des plus belles choses qu’on puisse offrir à une personne c’est notre RECONNAISSANCE. On a beau donner des millions de dollars à un individu exclu et ignoré, ça ne vaudra jamais une valorisation humaine et qui sait … peut-être que cela va contribuer à rehausser son estime de soi !!

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Et pour finir en beauté, je voudrais partager le témoignage d’une personne ayant contribué à l’organisation de cet événement.

Ghania Berki a dit : « Ce que l’on retient et c’est ça le plus formidable … c’est l’échange avec les habitants qui sont issus d’une autre classe sociale que nous tous. Nous ne sommes pas riches, ni pauvres (en argent) mais nous avons essayé d’apporter notre richesse culturelle, nos mots réconfortants et nos câlins pleins d’amour. Nous avons partagé ! Nous avons vu des sourires, du bonheur dans les yeux des habitants, c’est tellement plus essentiel que tout. Je suis persuadée que nous avons donné une nouvelle vision des choses à quelques personnes et on en est fiers ».

Cognitif* : l’ensemble des grandes fonctions de l’esprit liées à la connaissance

Chronique : Manel Drareni

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3 Commentaires

  • Athmane
    2 septembre 2017, 1 h 41 min

    La dernière fois que j’ai lu un article aussi beau remontre à très longtemps. Tanemirt-nwen.

    REPLY
  • Athmane
    2 septembre 2017, 1 h 41 min

    La dernière fois que j’ai lu un article aussi beau remontre à très longtemps. Tanemirt-nwen.

    REPLY
  • Amina Bendada
    13 septembre 2017, 2 h 17 min

    dommage je ne suis pas venue participer
    merci manel

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