Postvérité : le triomphe du baratin

Postvérité : le triomphe du baratin

Selon les médias américains, très peu de personnes étaient présentes dans les rues lors de la cérémonie d’investiture de Donald Trump. Pourtant, le porte-parole de la Maison Blanche affirme que s’y trouvait « la plus grande foule jamais vue lors d’une investiture ». Une conseillère de D. Trump enfonce le clou : le porte-parole n’a pas menti, il a simplement donné des « faits alternatifs ».

Nier la réalité des faits et proposer à la place des récits fictifs : telle serait la caractéristique de notre époque. L’expression « postvérité », désignée « mot de l’année » par le très sérieux dictionnaire d’Oxford, désigne un contexte dans lequel les faits objectifs auraient désormais moins d’influence pour former l’opinion publique que l’appel à l’émotion et aux croyances personnelles.

Ainsi, le mensonge, même avoué publiquement, est sans conséquences – par exemple, D. Trump a longtemps soutenu que Barack Obama n’était pas américain, puis il s’est tranquillement rétracté une fois élu. Comment en est-on arrivé là ? Le philosophe Harry Frankfurt (De la vérité, 2008) rend responsable les auteurs postmodernes comme Jacques Derrida, qui à trop relativiser la vérité, aurait fini par en ruiner la valeur. Un argument contestable, tant D. Trump semble loin des préoccupations de Derrida…

L’écrivain Ralph Kayes (L’Ère de la postvérité, 2004) rappelle quant à lui que les réseaux sociaux deviennent la première source d’information, au détriment des médias traditionnels, décrédibilisés. Or, sur le Web 2.0, les informations erronées et les sources peu vérifiables abondent.

 

Régis Meyran

Source : scienceshumaines.com

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