Le destin n’existe pas – Part III : la croisée des chemins

Le destin n’existe pas – Part III : la croisée des chemins

Pour ceux qui n’ont pas suivi les deux premières parties de l’article :

Tony s’est arrêté pour lui demander le chemin, et il lui a proposé de le déposer. On étais dans une rue à une seule voie, et Tony a été obligé de se ranger sur une rue perpendiculaire pour ne pas bloquer la circulation.

Le vieil homme a accepté de venir avec nous, mais il nous a demandé de rejoindre la route principale parce qu’il n’avait pas l’habitude de se déplacer en voiture. Il devait retrouver ses repères disait-il.

On s’est dirigé donc droit devant, et quelques mètres plus loin, on s’est retrouvé encerclé par des hommes armés, qui criaient de toutes leurs forces, pour nous intimer l’ordre d’arrêter le moteur, et de ne plus bouger.

Arrêtez d’imaginer le pire. On est juste tombé sur un barrage de police, sauf qu’on arrivaient par l’arrière, dans un sens interdit. Les policiers ne s’attendaient pas à voir arriver un véhicule de ce côté-là, et considérant l’état d’urgence dans lequel été plongé le pays à l’époque, ils auraient juste pu faire le choix de tirer d’abord, et de crier après.

On a eu beaucoup de chance de croiser des agents qui ont su garder leur sang-froid. Ils ont compris assez rapidement qu’on était des touristes inoffensifs, mais un contrôle de routine était tout de même inévitable.

Le problème qui se posait, c’est qu’on n’avait plus aucun document à leur présenter, ni concernant le véhicule, ni concernant l’identité de Tony qui était le conducteur au moment de leur intervention.

Une déclaration de perte signée par la gendarmerie aurait pu faciliter les choses, mais vous savez déjà ce qui s’est passé.

L’agent a été compréhensif. Il nous a expliqué qu’on avait l’air d’être des gens bien, mais qu’il ne pouvait pas nous laisser repartir sans savoir qui on était, et à qui appartenait le véhicule.

Il nous a proposé de passer la nuit au poste de police pour faire les vérifications nécessaires le lendemain matin. Il n’avait aucune possibilité de le faire pendant la nuit, et on a donc pas pu refuser son invitation.

On a été escortés par deux véhicules de police jusqu’au commissariat. En arrivant, l’officier de garde est venu à notre rencontre à la réception pour entendre notre histoire. Il a été très agréable avec nous, mais il avait beaucoup de mal à nous croire.

Un autre agent qui avait l’air de sortir de son lit pour aller aux toilettes, est resté en retrait pour écouter la conversation. Il a fini par se rapprocher, et il nous a interrompu, en s’adressant à Tony :

L’agent : Ta voiture c’est une Renault Kangoo immatriculée à Marseille ?

Tony : Oui c’est bien ça.

L’agent : Revient demain matin avec une tenue respectable, et je vais te donner tes documents. Ils sont dans mon bureau. Un citoyen les a retrouvés sur la plage et il nous les a remis.

On revenait de la plage, donc nous avions mis nos costumes au placard ce jour-là. Le policier trouvait que c’était un manque de respect à l’institution gouvernementale.

L’officier est allé avec lui pour vérifier s’il s’agissait bien des documents volés et Il est revenu avec les papiers au complet, dans une pochette grise.

Pour ne pas froisser son collègue, il nous a demandé de revenir le lendemain matin, avec une tenue présentable, comme convenu.

Les documents volés se sont retrouvés à 90Km du lieu du vol, et il a fallu toute une série de « coïncidences » pour qu’on les retrouve.

Tout a commencé avec le gendarme qui a refusé d’enregistrer la déclaration de perte, car s’il l’avait fait, on aurait continué notre voyage, et on aurait quitté la ville le jour même, laissant nos documents derrière nous.

On a aussi choisi de passer la journée au bord d’une plage, de la localité, où se trouvait le poste de police, et où les papiers avaient été déposés. Un autre hasard.

Il y a aussi ce vieil homme qu’on a croisé sur notre chemin. On aurait pu le laisser se débrouiller avec ses sacs, mais Tony avait choisi de s’arrêter. C’est précisément à ce moment-là que l’histoire prend une nouvelle tournure. C’est ce que j’appelle « la croisée des chemins ». C’est à ce moment-là qu’on ouvre la porte qui mène vers un destin, ou un autre.

Après nous avoir conduit à la croisée des chemins, Dieu nous redonne le contrôle sur les évènements et ce sont nos choix qui qui écrivent la suite du scénario.

Quand Tony a fait le choix de soulager cet homme de sa souffrance, cette décision nous a obligée à changer de chemin. On a pris à gauche, au lieu de continuer tout droit, et c’est là que notre escorte nous attendait.

Pour couronner tout ça, l’agent de police qui allait au toilette au bon moment, aurait pu boire juste un peu moins d’eau, et il n’aurait jamais su qu’on était là. Après avoir ouvert la bonne porte, Dieu reprend la main pour pour nous offrir le destin qu’on mérite.

Le hasard ? Vous pouvez croire ce que vous voulez. Chacun est libre d’interpréter les choses comme il le souhaite.

C’est le genre d’histoires qu’il est difficile à expliquer, et surtout à raconter, mais avons-nous besoin de tout comprendre pour y croire ? Tous ce qu’on a besoin de savoir c’est que ça marche.

L’équation est simple. Vous faites une bonne action et la vie s’occupe d’aligner les événements pour vous récompenser. C’est aussi simple que ça. La vie n’aime pas avoir de dettes envers qui que ce soit, et elle rembourse généreusement ceux qui lui font confiance.

Vu que vous me prenez déjà pour un fou, je vais vous en raconter une autre tout aussi troublante que les autres. Je vais m’arrêter juste après celle-là. Si je continue, ce qui devait être un simple article, va se transformer en roman.

On est cette fois en 2011, à Verdun (Montréal), et Tony venait d’y ouvrir un restaurant. Un ami, qu’on a rencontré chez un fournisseur lui a appris qu’une famille du quartier n’arrivait plus à payer son loyer, et qu’ils allaient selon lui se retrouver à la rue s’ils n’arrivent pas à trouver la somme nécessaire.

On était sorti pour faire des achats pour le restaurant, et il n’avait que 1000 dollars en poche -toute sa fortune à l’époque-. Il n’a pas hésité une seconde à la remettre à la famille en question et il est retourné au restaurant, sans marchandise. Il comptait néanmoins sur les recettes de la fin de semaine pour se ravitailler, et il s’en est plutôt bien sorti.

Ce qu’il ne savait pas, c’est que la vie avait commencé à comploter pour le sortir de cette situation inconfortable, grâce à une graine qu’il avait semée.

L’histoire ne s’arrête pas là, le meilleur est à venir, demain nchallah…

 

Par Mohamed IDIR
Expert en développement humain & communication

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