La laïcité n’est pas notre remède

La laïcité n’est pas notre remède

S’il est un slogan, en vogue ces derniers temps, qui sévit et fait fureur dans les sphères politiques arabes et musulmanes, c’est bien « la laïcité » et la séparation du religieux de l’Etat et ce, en partie, en raison des conflits fratricides qui ont pour théâtre le monde musulman.

Les bons élèves auraient vite su qu’il est inutile même d’y songer et encore moins d’essayer de séparer la religion de l’Etat, là où tout est religion et là où on ne respire que son pollen, de la naissance à la mort.

Là enfin, où la religion de l’Etat est l’Islam. Fuir la réalité, ne change en rien… la réalité.

Les Ottomans ont été les premiers à tenter l’expérience laïque après avoir régné et plané auparavant sur une bonne partie de la planète au nom de l’Islam, qui les a propulsés sur le podium de la civilisation mondiale.

L’expérience laïque ottomane est, certes, riche en enseignements, en dépit du recule manifeste qu’a subi la Turquie comparativement à son lustre d’antan.

Les enseignements importants se résument ainsi:

1 – La laïcité a fait chuter la Turquie de son piédestal au lieu de la hisser et de perpétrer son règne, conformément aux buts laïques avoués en 1924.

2 – Le retour aux sources est inéluctable. Pour preuve, cet engouement, toujours présent, pour l’Islam qu’a su garder le peuple Turque en dépit de toutes les tempêtes qui ont, pourtant, soufflé sur son authenticité mais en vain.

3 – La laïcité n’est pas née chez nous et ne peut grandir sur nos terres sauf si on l’impose de force comme fut imposé le socialisme à nos peuples jadis.

Pour ceux qui savent tirer des leçons, l’expérience Turque ne mérite pas d’être reconduite afin de nous éviter les inutiles pertes de temps et d’énergie comme ce fut le cas avec l’expérience socialiste que nous traitons de tous les noms aujourd’hui et à qui nous imputons… nos trois grandes faillites : Agraire, culturelle et industrielle.

En murmurant la séparation du religieux (entendre Islam) de l’Etat, certains croient pouvoir, ainsi, régler le problème (en finir avec l’Islam) une bonne fois pour toute, comme si l’Islam n’ait pas déjà assez souffert de son isolement et de sa mise à l’écart pour lui imputer aujourd’hui l’horrible cauchemar que vit le monde musulman.

La démocratie et la laïcité ne sauront faire bon ménage, en raison de leur incompatibilité. Si la démocratie (chez les démocrates) consacre la souveraineté du peuple en se référant à lui pour choisir son projet de société (Eh! oui, Messieurs les démocrates) ainsi que pour la désignation de ses représentants, la laïcité, par contre, impose un projet vidé de toute essence religieuse et ce, sans avoir à consulter le premier intéressé : Le peuple. Celui à qui revient toujours le dernier mot, là où la démocratie est souveraine.

Certains rétorqueront que là-bas chez nous, la laïcité et la démocratie n’en font qu’un et leur mariage est si bien consommé.

Nous dirons à tout ce beau monde qu’en plus du mariage réussi, l’accouplement a même donné naissance à une grande civilisation et ce, pour diverses raisons :

1 – Ils vivent en parfaite conformité avec leurs us et valeurs, leur histoire et leur religion, contrairement aux musulmans qui vivent tout … sauf leur identité islamique.

2 – Rien ne leur a été imposé et la religion n’a jamais été mêlée, ni de prés ni de loin, à la politique ni à autre chose pour être séparée.

Il y a eu seulement quelques charlatans chrétiens qui ont gouverné par la force et non par la religion comme on a tendance à l’affirmer injustement.

Nous leurs dirons enfin, que ce qui pousse chez eux, ne pousse pas forcément chez nous et ce pour diverses raisons. J’en citerai une et pas des moindres: La différence sociologique.

Pour en revenir à la première préoccupation musulmane du moment, la laïcité, on peut dire qu’il n’y a aucune différence entre une dictature et une laïcité qui séparerait l’Islam (appelons les choses par leurs noms) de l’État dans une société à majorité musulmane, sans consultation ni respect au peuple, ni égards aux convictions auxquelles il y tient dur comme fer.

Pour conclure, disons que la laïcité ne pourrait convenir qu’à un seul type de société : Celle des non croyants (si cela existe car j’en doute fort).

La laïcité ou séparation du religieux de l’État à mon sens est en avance dans le temps et d’époques. Le peuple des non-croyants n’est pas encore né.

En attendant son avènement et sa naissance, nous souhaitons beaucoup de courage et surtout beaucoup de… patience aux laïques et autres… séparatistes.

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