Réussir ses examens : un coach professionnel expert en préparation mentale à la performance vous livre ses secrets

Réussir ses examens : un coach professionnel expert en préparation mentale à la performance vous livre ses secrets

À l’approche des examens la tension monte sensiblement chez les personnes concernées et leurs proches qui sont à l’affût de la moindre astuce pour augmenter ses chances de succès. Cela va des nuits blanches de révision en groupe, des cours de soutien scolaires, et jusqu’au ateliers de préparation mentale ou psychologique pour ceux qui veulent mettre toutes les chances de leur côté. 

Même s’il ne sert à rien d’avoir recours à la préparation mentale lorsqu’on n’a pas une bonne maîtrise du programme, elle s’avère indispensable pour les candidats ayant bien préparé leurs examens mais qui ont des difficultés à gérer leurs émotions le jour J. 

Nous avons demandé l’avis d’un coach expert en préparation mentale à la performance pour savoir comment on pourrait faire face à la pression des examens qui très souvent sont la cause des échecs ou d’un résultat largement en dessous des attentes des candidats qui se sont convenablement préparés.

M. Mohamed IDIR est un coach et conférencier professionnel certifié à Montréal et à la Harvard Medical school à Boston. Sa mission principale est d’accompagner les individus pour leur permettre d’atteindre des objectifs personnels et professionnels en accédant à leur plein potentiel. À Alger, c’est à Centrale Coach, son nouveau siège, qu’il partage ses connaissances, entouré par une équipe de coachs professionnels.

Élite Presse : Pourquoi à votre avis les candidats auraient besoin d’une préparation mentale pour réussir leur examens même quand ils maîtrisent convenablement le programme ?

Mohamed IDIR : Pour commencer, qu’ils maîtrisent parfaitement ou partiellement leur programme, les candidats ont besoin d’avoir une bonne préparation mentale pour accéder à leur plein potentiel le jour de l’examen. Pour celui qui n’a rien révisé il ne sert à rien de travailler l’aspect psychologique car l’information ne va pas tomber du ciel. Par contre, le cerveau des candidats qui ont travaillé très dur pendant des années renferment un stock de connaissances auxquelles ils doivent accéder dans la salle d’examen. Pour ce faire le degré de maîtrise des émotions de chaque individu détermine le niveau d’accès à ses ressources. Le cerveau n’aime pas travailler sous pression et le stress réduit son efficacité. On le constate quand on essaie de se rappeler un nom et qu’on sent qu’il est sur le bout de la langue, sans pouvoir s’en rappeler. Le cerveau continue à chercher même quand on n’y pense plus et il peut envoyer l’information demandée quelques jours plus tard. Un candidat qui maîtrise le programme à 100% peut n’avoir accès qu’à 40% des connaissances stockées s’il panique, alors qu’un autre qui n’en maîtrise que 50% peut avoir accès à 100% du peu qu’il a préparé et les résultats vont refléter le taux de maîtrise de soi. C’est pour cette raison qu’on constate que ce ne sont pas toujours les personnes les mieux préparées qui réalisent les meilleures performances. La différence qui fait la différence dans ce cas c’est l’état psychologique.

Élite Presse : Quelles sont les causes de cet état de panique qui empêche les candidats studieux à rater leurs examens ?

Mohamed IDIR : La première source de stress et d’anxiété c’est les attentes personnelles du candidat qui se dit : « J’ai tellement travaillé dur que je dois absolument réussir avec une très bonne moyenne ! ». Cette attitude augmente la pression et déclenche des états de panique dus à la projection dans le futur que fait le cerveau en imaginant divers scénarios catastrophe : « Et si je n’y arrive pas, et si je n’obtiens pas une bonne mention, et si mon voisin obtient une meilleure moyenne que moi ? ».

Il y a ensuite la pression exercée par les proches avec leurs attentes, surtout les parents. Certains n’hésitent pas à amplifier les craintes de leurs enfants avec bien évidemment une intention positive, celle de voir leur progéniture réussir dans la vie. Les parents doivent éviter d’intervenir dans leurs révisions et éviter les questions du genre : « Tu as bien révisé ? », « Est-ce que tu penses que tu vas avoir ton bac ? », ou encore de les culpabiliser s’ils préfèrent à un moment donné regarder la télévision au lieu d’avoir la tête plongée dans leurs livres. Un jeune qui passe le bac est déjà un « petit adulte » qui a besoin de savoir qu’on lui fait confiance et qui sait ce qu’il a à faire. Ce n’est pas en lui disant : « Si tu rates ton bac tu vas finir au chômage » ou « tes amis sont en train de réviser pendant que toi tu es sur Facebook ! » que vous allez l’aider à réussir son examen, au contraire. Les parents doivent éviter de projeter leurs angoisses sur les enfants en orientant leur attention sur autre chose.

Les croyances jouent aussi un rôle fondamental dans le succès aux examens ou pour l’atteinte de n’importe quel objectif d’ailleurs. Celui qui croit profondément en ses capacités ça va augmenter ses chances d’exceller car son cerveau va intégrer la croyance et il va se donner les moyens de la concrétiser. Ceux qui croient qu’ils ne sont pas capables de réussir se répètent sans cesse : « Je ne serais pas à la hauteur », « Je ne pense pas être capable de réussir ».

Élite Presse : Quelles astuces pourriez-vous donner aux candidats particulièrement stressés afin d’en réduire l’impact ?

Les conseils que je donne à mes clients sont éprouvés scientifiquement et ont un impact significatif sur leur état émotionnel. Il y a une étude qui a été menée par l’une de mes formatrices qui a un impact direct sur le taux de cortisol dans le corps. C’est l’hormone du stress qui est sécrétée dans le corps en réponse à un stimulus. C’est une hormone utile quand on est face à un danger pour déclencher une action, mais qui est très néfaste quand la peur n’est pas justifiée, comme dans le cas d’un examen. Amy Cuddy qui est une psychologue de la Harvard Medical School a démontré que lorsqu’on adopte une posture de puissance pendant 2 minutes le taux de cortisol baisse significativement dans le sang et le taux de testostérone (hormone de domination) augmente aussi considérablement. Cela veut dire qu’on a la possibilité de contrôler notre niveau de stress en trompant notre cerveau et c’est une très bonne nouvelle.

L’inverse est aussi vrai. Lorsque vous adoptez des postures d’impuissance, l’inverse va se produire. C’est pour cette raison qu’il faut faire attention à sa posture qui peut augmenter le taux de stress de 25% au bout de deux minutes. On ne fait pas attention à ce genre de détails, mais ils ont un impact qui peut chambouler nos hormones et nous mener droit à la catastrophe. La posture adoptée a déjà une influence sur notre niveau de stress au bout de deux minutes, imaginez le résultat quand on est courbé pendant dix minutes en regardant son téléphone !

 

 

Élite Presse : C’est vrai que c’est la première fois qu’on a ce genre d’astuces qui sont faciles à appliquer pour tout le monde. En avez-vous d’autres ?

Le candidat doit aussi travailler ses croyances. Henri Ford a dit quelque chose de très sensé : « Si vous croyez que vous pouvez faire quelque chose, ou que vous croyez que vous ne pouvez pas le faire, vous avez raison dans les deux cas ». Cela veut dire qu’on a le contrôle sur la suite des évènements et rien n’est dû au hasard. Notez vos croyances limitantes dans une case. Celle du genre : « je ne suis pas sûr d’y arriver », « Je ne pense pas être prêt », doivent être remplacées par des affirmations positives : « Je suis capable de le faire »,  « Je suis prêt et je vais réussir », « S’il y a des gens qui l’ont fait, je vais le faire aussi ». En répétant régulièrement ces affirmations avant de se coucher et en se réveillant le matin, votre inconscient va les intégrer et va vous donner les moyens de les réaliser.

Offrez-vous aussi 5 à 10 minutes par jours avant le début des examens et fermez les yeux en vous imaginant dans une salle avec des tables, des chaises, des surveillants et d’autres candidats. Imaginez que vous êtes souriants et en plein contrôle de la situation. Vous allez voir que le jour J, votre cerveau est déjà préparé à cette situation et vous allez gagner en concentration. La peur va disparaître. Si vous voulez avoir plus d’impact, dès que vous visualisez cette image de vous en confiance, pressez le pouce et l’index (voir photo) pour ancrer cet état de confiance. Quand vous serez assis sur votre chaise, vous n’aurez qu’à refaire le même geste et vous allez enclencher le même sentiment de confiance.

Élite Presse : On est dans la dernière ligne droite, que conseillez-vous pour exploiter ces derniers jours de révision ?

On est à environ un mois des examens du baccalauréat et ce n’est pas le meilleur moment pour commencer à réviser. Les candidats doivent se mettre en situation réelle d’examen afin d’habituer le cerveau à ce genre de situations. Comme pour les acteurs ou les conférenciers professionnels, les candidats doivent répéter dans les conditions similaires à celles du bac. Cela peut se faire en groupe sans se parler et avec un temps limité. Le cerveau va s’adapter au contexte et le jour de l’examen il va focaliser sur les questions. Ceux qui n’ont pas commencé à préparer depuis assez longtemps doivent tenter le tout pour le tout et éviter d’essayer de tout retenir.
Les nuits blanches enfermé dans sa chambre épuisent le cerveau qui va se venger le jour de l’examen. Reposez-vous quand vous en ressentez le besoin, mangez convenablement et faites de l’exercice. Une bonne marche quotidienne va vous permettre de vous déconnecter et de relaxer.

Élite Presse : Et pendant l’examen ?

Avant et pendant l’examen les candidats doivent apprendre à respirer profondément. Si vous sentez que la panique prend le dessus offrez-vous deux minutes de respiration avec les yeux fermés. Pensez à un moment agréable que vous avez passé avec vos amis ou votre famille. Commencez surtout par les questions faciles et mettez de côté les plus difficiles. Utilisez votre brouillon et laissez le temps au cerveau de vous donner l’information demandée.

Gardez le même rythme jusqu’au dernier jour. J’ai décroché mon baccalauréat avec un 4/20 en physique, mais si je m’étais arrêté à ça je ne l’aurais jamais obtenu. Quand j’ai annoncé à mon père Allah yerahmou que j’ai obtenu mon bac il m’a répondu : « Ewww ». Si j’ai réussi à le faire et réaliser beaucoup de belles choses dans ma vie, vous pouvez le faire aussi. N’oubliez pas le chocolat, le cerveau a besoin de sucre et d’eau et amusez-vous bien. Le bac n’est pas une finalité, c’est juste une étape de votre vie. Enjoy !

Par S.K

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