Visa américain en poche, des Afghanes entrent dans le concours robotique

Visa américain en poche, des Afghanes entrent dans le concours robotique
La présence de ces jeunes Afghanes, venues d'un pays ultra-conservateur, est hautement symbolique. Mais c'est leur difficulté à obtenir un visa qui a attiré l'attention du public. PHOTO AFP

Affairées autour d’une petite table, six adolescentes afghanes bricolent roues et engrenages de leur petit robot radiocommandé, inscrit à un concours pour étudiants dans la capitale Washington auquel elles ont bien failli ne pas pouvoir participer.

Par deux fois, les autorités américaines avaient refusé leur demande de visa dans le sillage des nouvelles mesures anti-immigration du président Donald Trump. Mais, grâce à son intervention, les jeunes filles originaires de la région d’Hérat ont obtenu in extremis le précieux sésame.

Après la polémique, place à la compétition qui se déroule jusqu’à mardi.

«La robotique fait partie de ma vie. Je suis très heureuse d’être ici, en compétition avec les autres équipes», déclare Lida Azizi, vêtue du T-shirt bleu et hijab blanc de son équipe, qui les rend aisément repérables au milieu des centaines d’adolescents réunis au DAR Constitution Hall, tout proche de la Maison-Blanche.

«Je suis fière de représenter l’Afghanistan», glisse sa coéquipière Fatema Qaderyan, 14 ans.

Depuis dimanche, des génies en herbe comme elles font la démonstration de leurs compétences en faisant évoluer leurs inventions sur scène, tandis qu’un commentateur sportif analyse en direct leurs performances techniques.

En coulisses, certains s’échangent conseils et astuces sur la façon d’exploiter au mieux leurs robots.

Et d’Iran, du Soudan

La présence de ces jeunes Afghanes, venues d’un pays ultra-conservateur, est hautement symbolique. Mais c’est leur difficulté à obtenir un visa qui a attiré l’attention du public.

La Cour suprême a autorisé le 30 juin une entrée en vigueur partielle du décret anti-immigration controversé de M. Trump, interdisant l’entrée des ressortissants de six pays à majorité musulmane (Iran, Libye, Somalie, Soudan, Syrie,Yémen), ainsi que de tous les réfugiés, à l’exception de ceux pouvant prouver une «relation valable avec une personne ou une entité aux États-Unis».

L’Afghanistan n’est donc pas directement visé mais les six jeunes filles, qui ont travaillé plusieurs mois à la conception de leur robot, n’avaient pas reçu par le processus officiel le feu vert pour venir sur le sol américain.

Au final, les 163 équipes candidates ont toutes obtenu leurs visas, y compris celles venues d’Iran, du Soudan et l’équipe formée de réfugiés syriens.

La sélection en Afghanistan avait été rude: 150 étudiants s’étaient inscrits pour tenter de décrocher leur billet pour le concours de Washington, explique Alireza Mehraban, entraîneur de l’équipe.

Les adolescentes ont aussi dû surmonter des problèmes uniques de logistique, comme le manque d’équipements de base.

«Nous avons recyclé du matériel et avons utilisé des déchets», souligne M. Mehraban, expliquant qu’un dispositif d’aspiration avait ainsi été conçu avec une bouteille de Coca-Cola.

Plus qu’un simple concours 

«Une fois le robot construit, elles ont dû l’envoyer immédiatement aux États-Unis et n’ont pas eu le temps de bien se familiariser avec leur engin», indique Roya Mahboob, entrepreneuse afghane qui a contribué à l’organisation du voyage.

Cela n’a pas empêché l’équipe de remporter de justesse sa première manche, une épreuve où les robots devaient ramasser des balles et les placer dans des boîtes, tout en évitant des pénalités.

Au-delà de leur résultat final, la simple présence de ces adolescentes dans cette compétition semble déjà être une victoire.

«Il y a quinze ans, les femmes afghanes ne savaient pas lire et écrire et n’avaient aucun droit. Maintenant, grâce à l’aide de la communauté internationale, des femmes vont à l’école ou à l’université et deviennent ministres», se réjouit Mme Mahboob, qui figurait en 2013 sur la liste des personnalités les plus influentes dans le monde du magazine Time.

«Nous sommes comme les garçons, il faut nous donner les mêmes chances qu’eux», poursuit-elle. «Peu importe votre sexe, si vous avez accès à l’éducation et la technologie».

 

AFP

Source : lapresse.ca

Sabrina Lallemand
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